Produire des vidéos en interne bute souvent sur le même obstacle : les personnes qui ont un message à faire passer (communication, RH, formation) ne savent pas monter, et l’agence coûte trop cher pour une vidéo par semaine. Pitchy répond à ce problème avec un éditeur en ligne bâti sur des modèles animés, une application de tournage pour smartphone et une agence pour les projets qui dépassent l’autonomie des équipes. Cet article explique comment l’outil s’utilise, pour quels profils il a du sens, ce qui le distingue de ses concurrents et comment aborder la négociation commerciale.
Quel problème Pitchy règle, et pour qui
L’éditeur, Pitchy Bros Prod, est une société parisienne créée en 2013 par Lionel et Benjamin Chouraqui. Sa page « À propos » raconte un point de départ simple : une vidéo commandée à l’extérieur coûte cher et prend du temps, et la produire en interne demande des compétences rares. L’idée a donc été de proposer du « prêt-à-porter » vidéo : des séquences animées conçues par des motion designers, que n’importe quel collaborateur remplit avec ses textes, ses images et ses rushs. L’entreprise a levé 40 millions d’euros en septembre 2023 et revendique plus de 1 000 clients et plus d’un million de projets vidéo créés.
La cible est clairement l’entreprise de taille moyenne ou grande. Les témoignages mis en avant viennent d’EDF, Carrefour, Accor, Mazars, du Groupement Les Mousquetaires ou de France Travail, qui annonce 975 vidéos créées pour former ses 54 000 agents. Les cas d’usage décrits par l’éditeur couvrent la communication interne, la formation, la marque employeur, la communication externe et le marketing. Pour un créateur indépendant, mieux vaut regarder notre sélection des logiciels de montage vidéo gratuits.
Comment fonctionne Pitchy, de la captation à l’export
Le travail se répartit entre deux supports. Sur ordinateur, la plateforme web décrit un parcours en cinq temps :
- choisir l’un des 150 thèmes graphiques, ou partir d’une page blanche ;
- paramétrer la charte (couleurs, logo, polices), qui s’applique ensuite à toute la vidéo ;
- importer les rushs dans les séquences et ajouter images, textes, pictogrammes et transitions ;
- passer à la post-production : sous-titres, voix off importée ou générée, effets sonores et musique ;
- générer la vidéo en haute définition, puis la télécharger en MP4, en SCORM 2004 ou 1.2, ou l’intégrer par iFrame.
Sur smartphone, l’application iOS et Android sert à filmer et à pré-monter : silhouette de cadrage pour placer la personne filmée, prompteur pour lire son texte face caméra, découpe des rushs, réduction du bruit de fond par IA, puis transfert des médias vers la plateforme. Point à connaître avant de la promettre à vos équipes : l’application ne fonctionne qu’avec un compte rattaché à une licence payante.
La brique la plus singulière reste le guide de tournage. Vous le préparez sur ordinateur à partir d’un projet, en définissant les séquences que le collaborateur pourra remplacer (vidéo, photo, texte) et celles qui restent figées. La personne reçoit le guide dans l’application, même sans compte Pitchy, filme en suivant les consignes, et le projet revient complet sur votre poste, prêt à être généré. C’est la réponse de Pitchy au problème classique des vidéos tournées par des équipes dispersées : des cadrages et des messages hétérogènes.
Côté IA, la boîte à outils couvre la génération et la traduction de sous-titres à partir de la voix off, la reformulation, le raccourcissement et la correction des textes affichés, et la traduction d’une vidéo entière dans l’une des 48 langues proposées. Si vous comparez ces fonctions avec celles d’outils spécialisés, notre dossier sur les outils de sous-titrage vidéo gratuits donne un point de repère.
Cas d’usage concrets selon votre métier
- Responsable de la communication interne : monter chaque mois une interview de dirigeant ou un bilan chiffré, sous-titré par défaut pour un visionnage sans le son sur l’intranet.
- Équipe formation : enregistrer l’écran, la caméra et l’audio pour un tutoriel logiciel, puis livrer le module en SCORM à la plateforme e-learning.
- Réseau d’agences ou de magasins : envoyer un guide de tournage aux directeurs de site pour qu’ils filment leur équipe selon la même trame.
- Marketing ou relation client : faire produire par Pitchy un modèle de vidéo personnalisée, décliné en masse à partir d’un fichier de données et livré sous forme de fichier Excel de liens.
Ce dernier usage relève d’un service : la page « vidéo à grande échelle » précise que l’équipe Pitchy crée le modèle avec vous, définit les champs personnalisés et génère les vidéos. Ce n’est pas une fonction que vous pilotez seul depuis l’éditeur, et aucune API publique n’est documentée pour l’automatiser.
Pitchy face à PlayPlay, Canva et Premiere Pro
Le marché de la vidéo d’entreprise se divise entre éditeurs à modèles pensés pour les non-monteurs, studios graphiques généralistes et logiciels de montage professionnels.
| Outil | Logique | Point fort | À privilégier si |
|---|---|---|---|
| Pitchy | Modèles animés, app de captation, agence intégrée | Production terrain encadrée et export SCORM | Plusieurs services produisent des vidéos chartées chaque mois |
| PlayPlay | Éditeur en ligne à base de modèles pour entreprises | Positionnement très proche, éditeur français lui aussi | Vous voulez mettre deux offres sur devis en concurrence |
| Canva | Studio graphique généraliste avec module vidéo | Prix public et plan gratuit | La vidéo reste un format parmi d’autres dans votre production |
| Adobe Premiere Pro | Logiciel de montage professionnel sur poste | Contrôle complet de la timeline et des effets | Un monteur expérimenté produit les vidéos |
Face à PlayPlay, la différence se joue sur la captation encadrée (guides de tournage, prompteur) et sur l’agence intégrée, que Pitchy combine avec le logiciel dans son offre Pitchy Max. Face à Canva, Pitchy gagne sur l’animation et les formats de formation, mais perd la transparence tarifaire. Pour un panorama plus large, consultez notre comparatif des logiciels de montage vidéo ou celui des logiciels vidéo IA, qui misent davantage sur la génération automatique.
Les limites à connaître avant de signer
- Un budget impossible à estimer seul : aucune grille n’est publiée, les trois offres passent par une démo ou un rendez-vous commercial.
- Un essai qui ne montre pas tout : les 7 jours gratuits, sans carte bancaire, autorisent 10 vidéos mais excluent l’assistant IA, le sous-titrage, la voix off et une partie du catalogue de modèles.
- Une créativité encadrée : la logique de séquences préconçues accélère la production, mais des utilisateurs reprochent une personnalisation limitée dès que l’on sort des modèles.
- Un usage en ligne : l’éditeur web demande une connexion, et le montage complet se fait sur ordinateur, l’application mobile restant surtout un outil de tournage et de pré-montage.
Sur la sécurité, en revanche, la documentation est précise : hébergement chez AWS à Dublin, centres de données certifiés ISO 27001, sauvegardes quotidiennes chiffrées, SSO, double authentification et gestion des rôles, y compris pour verrouiller la modification des chartes graphiques.
Quelle offre choisir et comment préparer la démo
Pitchy Solutions suffit si vos équipes ont le temps de produire elles-mêmes et que vos besoins tiennent dans les modèles. Pitchy Max, mise en avant par l’éditeur, se justifie quand vous confiez déjà une partie de vos vidéos à une agence : les productions du studio arrivent sur la plateforme, où vos équipes peuvent les décliner. Pitchy Studio seul s’adresse aux projets ponctuels sans volonté d’internaliser.
Avant la démo, préparez trois chiffres : le nombre de personnes qui monteront des vidéos, le volume mensuel visé et les langues à couvrir. Demandez ensuite ce qui est inclus dans l’accompagnement (expert dédié, ateliers), si les fonctions IA font partie de la licence de base et si les tournages ou voix off de l’agence sont facturés à part. Enfin, prévoyez votre stock de médias : la bibliothèque intégrée annonce plus de 4 millions de photos et vidéos, et notre liste de banques de vidéos libres de droits complète l’offre si besoin.









