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Cybersécurité : ce qu’il faut savoir sur le puissant pentester IA open source nommé « Shannon »

Shannon, un pentester open source, pousse l’audit de sécurité bien plus loin que les outils classiques : il ne se contente pas de scanner les failles d’une application web, il est capable de les exploiter pour en prouver la dangerosité. Une révolution, ou un danger ? Voici ce qu’il faut savoir sur ce projet controversé.

Cyberattaque - Sharonn illustré par un agent de sécurité attentif devant ses écrans de contrôle.

Un pentester autonome qui analyse le code et attaque l’application

Shannon est un projet open source conçu pour réaliser des tests d’intrusion automatisés sur des applications web et des API.

Demo

Contrairement à de nombreux scanners de sécurité qui se contentent de signaler des vulnérabilités potentielles, Shannon adopte une approche beaucoup plus directe : il tente réellement d’exploiter les failles détectées pour vérifier qu’elles sont exploitables.

Concrètement, le projet fonctionne en deux temps :

  1. il analyse le code source de l’application pour identifier des vecteurs d’attaque potentiels ;
  2. il exécute des attaques réelles contre l’application afin de confirmer les vulnérabilités.

Une logique simple : pas d’exploit, pas de rapport

Le principe fondamental de Shannon repose sur une règle stricte : une vulnérabilité n’est signalée que si elle peut être exploitée.

Cette approche vise à réduire un problème fréquent dans les audits de sécurité : les faux positifs.

De nombreux outils signalent des risques théoriques qui ne sont pas réellement exploitables dans la pratique.

Avec Shannon, chaque faille doit être démontrée par une attaque fonctionnelle avant d’être incluse dans le rapport final.

L’ère du DevSecOps : la réponse à un problème croissant ?

Le contexte actuel du développement logiciel explique largement l’émergence de ce type de projet.

Les équipes publient aujourd’hui du code beaucoup plus rapidement qu’il y a quelques années. Dans de nombreuses entreprises, les déploiements peuvent être quotidiens, voire multiples dans la même journée.

Or, les tests d’intrusion traditionnels restent souvent ponctuels. Ils sont réalisés une ou deux fois par an par des experts en sécurité.

Ce décalage crée un problème évident :

  • du code est déployé en continu,
  • mais la sécurité est vérifiée beaucoup plus rarement.

Dans cet intervalle, des failles peuvent apparaître et rester invisibles pendant des mois.

Les types de vulnérabilités que Shannon cherche à exploiter

Logo Keygraph Shannon, outil d'intelligence artificielle pour les tests d'intrusion (AI Pentester) pour applications web et API

La version open source de Shannon se concentre sur plusieurs catégories de vulnérabilités bien connues dans la sécurité des applications web.

Ces failles sont notamment documentées dans les référentiels de sécurité comme l’OWASP.

Type de vulnérabilitéDescription simplifiée
InjectionInsertion de commandes malveillantes dans des requêtes (ex : SQL).
XSSInjection de scripts malveillants dans les pages web.
SSRFManipulation d’un serveur pour qu’il envoie des requêtes vers des ressources internes.
Authentification défaillanteContournement des systèmes d’authentification.
Autorisation incorrecteAccès à des ressources normalement réservées à d’autres utilisateurs.

Une architecture basée sur plusieurs agents spécialisés

Pour fonctionner, Shannon utilise une architecture composée de plusieurs agents spécialisés qui collaborent entre eux.

Le processus se déroule généralement en quatre grandes étapes.

1. Cartographie de l’application

La première phase consiste à comprendre l’application :

  • analyse du code source,
  • identification des endpoints API,
  • cartographie des mécanismes d’authentification.

Des outils comme Nmap ou Subfinder peuvent être utilisés pour identifier l’infrastructure et les points d’entrée potentiels.

2. Recherche de vulnérabilités

Une fois la surface d’attaque identifiée, plusieurs agents analysent les différentes catégories de failles en parallèle.

Chaque agent tente de repérer des chemins exploitables entre des entrées utilisateur et des opérations sensibles dans l’application.

3. Exploitation réelle des failles

Les vulnérabilités suspectées sont ensuite testées par des agents d’exploitation. Leur mission est simple : transformer une hypothèse en attaque fonctionnelle.

Si l’attaque fonctionne, la faille est validée.

4. Génération d’un rapport exploitable

La dernière étape consiste à produire un rapport complet contenant :

  • les vulnérabilités confirmées,
  • les preuves d’exploitation,
  • les étapes exactes pour reproduire l’attaque.

Ce type de rapport est directement utilisable par les développeurs pour corriger les failles identifiées.

Ce que permettent les versions disponibles

Le projet se décline aujourd’hui en deux versions distinctes.

VersionPositionnementUsage principal
Shannon LiteOpen sourceTests de sécurité sur ses propres applications
Shannon ProPlateforme commercialeAnalyse complète de sécurité avec intégration aux pipelines de développement

La version open source permet déjà de réaliser un pentest autonome complet, cependant, elle reste limitée sur certains aspects, notamment l’analyse statique approfondie du code.

La version professionnelle ajoute notamment :

  • une analyse avancée des dépendances logicielles,
  • la détection de secrets exposés,
  • l’analyse des flux de données dans le code,
  • l’intégration directe dans les pipelines CI/CD.

Les risques majeurs des outils comme Shannon

Malgré ses promesses, ce type d’outil soulève plusieurs questions importantes.

D’abord, il nécessite un accès complet au code source de l’application. Pour certaines entreprises, cela peut poser des problèmes de confidentialité ou de sécurité.

Ensuite, les attaques exécutées par l’outil ne sont pas sans conséquence : elles peuvent modifier des données, créer des comptes ou provoquer des comportements inattendus dans l’application testée.

Un autre point de débat concerne la démocratisation de ces technologies, certains observateurs soulignent que des outils capables d’automatiser des attaques pourraient aussi être détournés à des fins malveillantes.

D’autres estiment au contraire que rendre ces technologies accessibles permet aux équipes de sécurité de mieux se préparer face à des attaquants de plus en plus automatisés.

Le dilemme est le suivant : faut-il généraliser ces outils pour mieux se défendre… ou les restreindre pour éviter les abus ?

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Un avis ? post
Benjamin Beinard

L’auteur

Benjamin Beinard

Principalement passionné par les nouvelles technologies, l'IA, la cybersécurité, je suis un professionnel de nature discrète qui n'aime pas trop les réseaux sociaux (je n'ai pas de comptes publics). Rédacteur indépendant pour LEPTIDIGITAL, j'interviens en priorité sur des sujets d'actualité mais aussi sur des articles de fond. Pour me contacter : <strong>[email protected]</strong>