Fonctionnement de l’algorithme Instagram en 2026 : les derniers conseils d’Adam Mosseri

Adam Mosseri a publié sur son compte Instagram une série de vidéos pour mieux expliquer le fonctionnement de l’algorithme de la plateforme. Il y explique pourquoi les contenus sont classés, sur quels critères, et ce que les créateurs peuvent en tirer. Ces précisions changent-elles réellement la manière de gérer un compte de marque ? Et quelles recommandations peuvent concrètement être appliquées à une stratégie social media ?
Adam Mosseri, patron d’Instagram
Adam Mosseri, patron d’Instagram

L’essentiel en bref

  • Selon Adam Mosseri, sans classement algorithmique, le fil d’Instagram serait envahi par les comptes qui publient le plus, à commencer par les entreprises et les marques.
  • Le classement repose sur des prédictions de réaction : la probabilité qu’un utilisateur regarde un contenu, le partage à un ami, etc.
  • Quatre principes guident l’algorithme : originalité, date de publication, diffusion des contenus des petits créateurs auprès des non-abonnés et modèles d’IA élargis.
  • Pour gagner en portée, Mosseri conseille de suivre le taux d’engagement plutôt que le volume brut de vues ou de likes.

Pourquoi Instagram trie les contenus de votre fil d’actualité ?

L’argument avancé par Adam Mosseri est simple : sans algorithme, le fil d’actualité serait rapidement dominé par les comptes qui publient le plus, notamment les entreprises et les marques. Il souligne d’ailleurs que ces comptes publient bien davantage que les créateurs de contenus et les utilisateurs occasionnels, au risque de dégrader l’expérience globale sur la plateforme.

Le point important ? Sans classement algorithmique, les utilisateurs seraient davantage limités aux contenus publiés par les comptes qu’ils suivent et découvriraient moins de publications susceptibles de les intéresser. Selon Mosseri, cela aurait également pour effet de réduire la portée moyenne des créateurs.

Pour les marques, le constat est donc clair : l’algorithme ne récompense pas mécaniquement la fréquence de publication. Publier davantage ne garantit pas davantage de visibilité si les contenus ne suscitent ni intérêt ni interaction. Un rappel utile pour ceux qui évaluent encore la performance social media principalement au nombre de publications mises en ligne chaque mois.

Quels signaux Instagram utilise pour classer les publications ?

Pour classer les publications, Instagram cherche à anticiper les réactions de chaque utilisateur face au contenu publié : va-t-il le regarder, le partager avec un ami, interagir avec la publication, quelle durée va-t-il passer à le visionner ? Le positionnement d’un post dans le fil dépend en partie de ces prédictions.

Mais l’algorithme ne repose pas uniquement sur ces signaux. La date de publication reste un critère important : Adam Mosseri précise que le fil Instagram est « globalement chronologique », les publications les plus récentes sont généralement davantage mises en avant.

Pour mesurer les performances de leurs contenus, Mosseri recommande par ailleurs aux influenceurs et créateurs de s’intéresser au taux d’engagement plutôt qu’au nombre de vues ou de likes. Autrement dit, accumuler les impressions ne suffit pas à déterminer si une publication envoie de bons signaux à l’algorithme.

Par conséquent, dans vos reportings, mieux vaut donc mettre en avant les interactions avec la portée obtenue par chaque publication. Cela permet notamment d’identifier les formats qui génèrent proportionnellement le plus d’intérêt et de réactions auprès des utilisateurs, une logique que l’on retrouve également dans notre étude sur les critères qui font performer une vidéo courte.

Quatre critères qui orientent l’algorithme d’Instagram

Au-delà des prédictions d’engagement utilisées pour classer les publications, Adam Mosseri a également présenté sur Instagram quatre critères qui orientent le fonctionnement et l’évolution de l’algorithme :

Principes Ce qu’en dit Adam Mosseri Ce que ça implique pour une marque
Originalité Instagram cherche à privilégier les contenus originaux et leurs créateurs plutôt que les comptes qui se contentent de les republier. Miser principalement sur le repost risque donc de limiter la capacité d’un compte à gagner en visibilité. La création de contenus propres à la marque devient d’autant plus importante.
Date de publication Le moment où un contenu est publié joue un rôle important dans son classement : les publications récentes ont généralement davantage de chances d’être mises en avant. Le calendrier éditorial doit conserver une certaine souplesse. Publier un contenu au bon moment peut compter autant que de chercher à le perfectionner pendant plusieurs jours.
Découverte de nouveaux créateurs Instagram peut présenter les publications publiques de petits créateurs à des personnes qui ne les suivent pas afin d’observer leur réaction et, éventuellement, d’élargir ensuite leur diffusion. Une audience réduite ne condamne donc pas automatiquement la portée d’une publication : un contenu capable de susciter de l’intérêt peut être diffusé au-delà des abonnés existants.
Modèles d’IA plus larges Instagram a élargi ses modèles d’IA afin de prendre en compte davantage de facteurs et d’analyser un éventail plus large de publications pour améliorer son classement. Il devient plus difficile de résumer la visibilité à une seule « recette ». Les marques ont intérêt à tester différents formats et approches plutôt qu’à reproduire systématiquement les mêmes mécaniques.

Selon nous, le critère le plus intéressant pour un compte B2B en construction reste celui des contenus émergents. Il reprend une logique proche de l’algorithme de TikTok : l’audience ne se gagne plus seulement abonné par abonné, elle se teste post par post auprès d’inconnus.

Reste que Mosseri ne donne aucun seuil. Ni taille de compte, ni pondération chiffrée : ces quatre critères décrivent une direction, pas une formule que vous pourriez appliquer.

Selon nous, un compte B2B qui cherche encore à développer son audience, le principe de découverte de nouveaux créateurs est probablement l’un des plus intéressants. Instagram peut en effet montrer les publications de petits comptes publics à des utilisateurs qui ne les suivent pas afin d’évaluer leurs réactions, avant d’éventuellement élargir leur diffusion.

Cette mécanique rappelle celle de l’algorithme de TikTok : la visibilité d’un compte ne dépend plus uniquement de la taille de sa communauté existante. Chaque publication peut aussi être testée auprès de personnes qui ne connaissent pas encore le compte, à condition que celui-ci soit public.

Ces principes ne doivent toutefois pas être considérés comme une méthode à appliquer telle quelle sur votre compte. Mosseri n’a communiqué aucune donnée précise, ni la pondération accordée à chacun de ces critères. Ils permettent donc de comprendre la logique générale du classement, mais pas de reconstituer la formule de l’algorithme utilisée par Instagram.

Les utilisateurs d’Instagram peuvent aussi agir sur leur fil d’actualité

L’utilisateur conserve également une part de contrôle sur ce que l’algorithme lui recommande. Adam Mosseri rappelle qu’il peut orienter le contenu affiché dans son fil grâce à plusieurs outils :

  • la liste de favoris
  • l’option « Pas intéressé » disponible sur les publications
  • Your Algorithm, qui permet d’ajouter ou de supprimer certains centres d’intérêt associés à son profil.

Pour les marques, cette possibilité renforce l’importance de la pertinence des contenus publiés. Une publication qui ne correspond pas aux attentes de l’audience peut non seulement générer moins d’engagement, mais aussi inciter certains utilisateurs à indiquer explicitement qu’ils ne souhaitent plus voir ce type de contenu.

Tester, publier, ajuster : la stratégie recommandée par Mosseri

Adam Mosseri encourage les créateurs à tester régulièrement de nouveaux formats et de nouvelles approches.

Pourquoi ? Les tendances évoluent rapidement et un contenu qui fonctionne aujourd’hui peut susciter beaucoup moins d’intérêt quelques semaines plus tard. Il évoque notamment les Reels d’essai comme un moyen d’expérimenter de nouveaux formats.

De plus, il recommande également de publier autant que possible, afin de multiplier les occasions de produire un contenu qui rencontre son audience, tout en veillant à ne pas tomber dans une cadence difficile à tenir sur la durée.

Le message n’est donc pas de publier davantage à tout prix. La fréquence augmente le nombre d’opportunités de tester ce qui fonctionne, mais elle ne remplace ni la pertinence du contenu ni les réactions qu’il génère.

Notre verdict :

Peu de révélations, mais plusieurs confirmations utiles.
Ces explications sont intéressantes, mais elles ne bouleversent pas vraiment ce que l’on savait déjà de l’algorithme Instagram.

Ce qu’il faut retenir est qu’il faut arrêter de chercher la performance dans le volume : publier plus n’a que peu d’intérêt si les contenus ne sont ni originaux ni pertinents pour l’audience.

Les marques ont donc davantage à gagner en travaillant la qualité et le ciblage de leurs contenus tout en expérimentant de nouveaux formats plutôt qu’à tenir une fréquence élevé de publication.

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