Dépanner l’ordinateur d’un client, récupérer un fichier resté sur le poste du bureau ou administrer un parc de machines sans se déplacer : c’est le terrain de AnyDesk, logiciel de bureau à distance édité par AnyDesk Software GmbH, une société fondée à Stuttgart en 2014. Cet article explique comment se déroule une connexion, à quels profils chaque licence correspond, comment l’outil se situe face à ses concurrents et les points de vigilance avant de signer un engagement annuel.
Quel problème AnyDesk règle, et pour qui
Le besoin de départ est simple : voir et piloter l’écran d’une autre machine comme si vous étiez assis devant. AnyDesk y répond avec un client natif pour Windows, macOS, Linux, Android, iOS, Raspberry Pi, ChromeOS et Apple TV, ce qui permet de passer d’un système à l’autre sans changer d’outil. Selon l’éditeur, plus de 200 000 entreprises dans 190 pays l’utilisent, et le logiciel dépasse le milliard de téléchargements.
Deux publics se partagent l’outil. Les particuliers peuvent l’utiliser gratuitement pour un usage personnel, par exemple pour aider un proche. Les professionnels, eux, ont besoin d’une licence dès qu’ils lancent des sessions dans un cadre commercial : techniciens support, prestataires informatiques, services IT internes, mais aussi indépendants qui accèdent à leur poste fixe en déplacement. Si vous découvrez le sujet, notre guide pour prendre le contrôle d’un PC à distance pose les bases avant de choisir un logiciel.
Comment se déroule une session AnyDesk
Le client se télécharge en un petit fichier d’environ 8 Mo et peut tourner sans installation ni droits d’administrateur, ce qui suffit pour un dépannage ponctuel. Chaque poste reçoit une adresse AnyDesk numérique, que vous pouvez remplacer par un alias lisible du type Nom@AD, ou par un espace de nom propre à votre entreprise avec le module complémentaire dédié.
- Accès interactif : vous saisissez l’adresse du poste distant, la personne en face accepte ou refuse la demande, puis vous décidez ensemble des autorisations accordées pendant la session (clavier, souris, fichiers, presse-papiers).
- Accès sans surveillance : un mot de passe défini sur la machine distante autorise la connexion sans personne devant l’écran, utile pour un serveur ou un poste de bureau éteint le soir. Le nombre d’appareils gérés de cette façon dépend de la licence, de 100 sur Solo à 2 000 sur Ultimate.
- Pendant la session : transfert de fichiers, impression à distance, redémarrage du poste, enregistrement de la session, tableau blanc et chat restent accessibles depuis la barre d’outils.
Côté réseau, l’éditeur annonce 60 images par seconde et une latence inférieure à 16 ms sur un réseau local, grâce à son codec maison DeskRT, et un fonctionnement possible avec une bande passante de 100 ko/s. Les échanges sont chiffrés en TLS 1.3 avec un chiffrement de transport AES 256 bits, et chaque connexion est vérifiée par un échange de clés RSA 2048. Un point de licence évite bien des surcoûts : seul l’initiateur de la session doit être licencié, la personne que vous dépannez n’a rien à payer.
Cas d’usage concrets selon votre profil
- Indépendant qui travaille entre deux machines : un consultant ou un architecte se connecte depuis son portable à l’ordinateur resté au bureau pour ouvrir un fichier lourd. La licence Solo couvre un utilisateur, trois appareils de départ et une connexion à la fois.
- Équipe support d’une PME ou d’un prestataire : plusieurs techniciens dépannent des clients en parallèle. Le centre d’aide prend l’exemple de 20 techniciens dont 5 travaillent en même temps : Standard avec 4 connexions simultanées en plus.
- Service informatique de 40 à 100 personnes : il faut ajouter et retirer des utilisateurs, attribuer des rôles et suivre l’usage depuis la console my.anydesk, puis déployer le client en masse via un paquet MSI ou les politiques de groupe Windows. C’est le périmètre d’Advanced.
- Grand compte, administration ou établissement sensible : authentification unique, intégrations CRM et ITSM et surtout hébergement sur vos propres serveurs avec l’option On-Premises de la licence Ultimate, qui permet de travailler hors ligne sur votre réseau.
Pour les équipes qui automatisent leur reporting, l’API REST de my.anydesk, ouverte à partir de Standard, sait lister les postes enregistrés, extraire l’historique des sessions sur une période ou fermer une session active. Les identifiants s’obtiennent auprès du support, avec votre numéro de client.
AnyDesk face à TeamViewer et aux outils gratuits
Dans un appel d’offres, AnyDesk se retrouve le plus souvent face à TeamViewer, l’autre nom attendu du bureau à distance professionnel. Notre fiche TeamViewer détaille l’offre concurrente pour comparer périmètre et conditions. Les arguments d’AnyDesk tiennent au client très léger qui démarre sans installation, à la règle de licence centrée sur l’initiateur de session et à l’option On-Premises proposée aux grands comptes.
Si votre besoin se limite à aider un proche ou à reprendre la main sur votre propre ordinateur de temps en temps, une licence payante n’a pas de sens : la version gratuite d’AnyDesk suffit pour un usage personnel, et notre sélection de logiciels de prise en main à distance gratuits présente d’autres options sans frais. Dès qu’un usage professionnel régulier apparaît, la question devient celle de la licence adaptée au nombre de connexions simultanées.
Les limites à connaître avant de vous engager
| Situation | Ce que prévoit AnyDesk |
|---|---|
| Dépanner un iPhone ou un iPad | Affichage de l’écran seulement, la prise de contrôle est bloquée par les restrictions d’Apple |
| Poste sous ChromeOS | Visualisation possible, pas de contrôle à distance |
| Linux sous Wayland | Sessions sortantes uniquement, Xorg reste nécessaire pour être contrôlé |
| Mac à piloter | Autorisations système à accorder sur macOS avant la première prise en main |
| Version gratuite | Sessions limitées dans le temps, à relancer, et usage commercial exclu |
Le contrat appelle aussi votre attention. Toutes les licences sont facturées à l’année, sans formule mensuelle, et le contrat se renouvelle automatiquement pour douze mois sauf résiliation écrite au moins 30 jours avant l’échéance. Pendant la période en cours, aucune résiliation ordinaire n’est prévue : notez la date limite dans votre agenda dès l’achat, et vérifiez le tarif applicable avant chaque reconduction.
Enfin, un outil d’accès à distance est une porte d’entrée sur vos machines. Activez la double authentification, limitez les postes autorisés avec la liste de contrôle d’accès et rangez les mots de passe d’accès sans surveillance dans un gestionnaire de mots de passe plutôt que dans un tableur partagé.
Quelle licence choisir selon votre organisation
Raisonnez d’abord en connexions simultanées, pas en nombre de salariés. Solo ne gère qu’une session à la fois et ne peut pas évoluer : il convient à un indépendant, mais son support se limite au centre d’aide, sans ticket ni chat. Standard accepte jusqu’à 20 utilisateurs et 20 connexions, avec le support par ticket et chat en direct. Advanced monte à 100 utilisateurs et 50 connexions, ajoute l’assistance téléphonique, la gestion des rôles et le déploiement en masse.
Chaque connexion simultanée supplémentaire coûte 44,90 € HT par mois, facturée à l’année : au-delà de quelques connexions en plus sur Standard, comparez avec Advanced, qui en inclut deux d’office. La remise de 20 % affichée ne s’applique qu’à la première année, prévoyez donc le prix plein dans votre budget de renouvellement. Avant d’acheter, l’éditeur propose un essai gratuit de la licence Advanced pour valider la qualité des connexions sur votre réseau. Pour situer l’outil dans un dispositif plus large, l’annuaire recense aussi les logiciels de sécurité informatique du marché.







