Depuis que la CNIL contrôle la façon dont les sites recueillent le consentement aux cookies, un bandeau mal paramétré n’est plus un simple détail technique : il expose à une sanction et, côté marketing, il prive Google Ads et Analytics des signaux dont ils ont besoin. Axeptio est une plateforme de gestion du consentement (CMP) française, née à Montpellier, qui traite ce sujet en partant de l’expérience du visiteur. Cet article explique ce qu’elle fait concrètement, comment on l’installe, à qui elle convient, ce qui la sépare de Cookiebot et de tarteaucitron.js, et comment choisir votre formule.
Quel problème Axeptio règle, et pour qui
Une CMP a trois missions : afficher un bandeau qui informe le visiteur, bloquer les traceurs tant qu’il n’a pas répondu, puis conserver une preuve horodatée de son choix. Axeptio ajoute une quatrième préoccupation, plus commerciale : obtenir un taux d’acceptation correct sans recourir à des interfaces trompeuses. Son bandeau se distingue visuellement des fenêtres grises habituelles (illustrations, ton plus léger, design aux couleurs du site), avec l’idée qu’un visiteur qui comprend la demande accepte plus volontiers. Si le cadre légal vous semble flou, notre point sur l’évolution de la réglementation RGPD permet de reprendre les bases.
L’éditeur, la société montpelliéraine Agilitation, situe la naissance du produit en 2018, lors d’une conférence sur le RGPD. Il a levé 3,5 millions d’euros auprès d’ISAI, OVNI Capital et Evolem, puis s’est développé hors de France : filiale à Montréal pour la Loi 25 québécoise, rachat du brésilien AdOpt en février 2025 et du néerlandais CookieCode à l’été 2025. Selon Axeptio, sa CMP équipe plus de 200 000 sites et a enregistré plus de 20 milliards de preuves de consentement.
Trois publics sont visés : les marques (de la TPE au grand compte, avec une forte présence dans l’e-commerce), les éditeurs financés par la publicité, qui ont besoin du cadre TCF de l’IAB pour continuer à monétiser leur audience, et les agences web, qui revendent la conformité cookies à leurs clients.
Comment fonctionne Axeptio, de l’installation au suivi
Le centre d’aide propose un parcours « Toute première fois » qui sert de liste de contrôle. Dans les grandes lignes, la mise en place suit quatre étapes :
- repérer les cookies et services présents sur le site, à la main ou avec le scanneur Shake ;
- créer le bandeau dans le back-office, classer les services par finalité et l’habiller aux couleurs de la marque ;
- vérifier que chaque traceur ne se déclenche qu’après le consentement, en particulier les balises Google ;
- intégrer le bandeau sur le site, par plugin CMS, par Google Tag Manager ou par script.
Côté intégration, Axeptio maintient des plugins pour WordPress, Shopify, PrestaShop, Webflow, Wix, Drupal, Adobe Commerce et Bubble, ainsi que des modèles publiés dans la galerie communautaire de Google Tag Manager, en version web et server-side. Les connecteurs analytics couvrent notamment Google Analytics, Matomo, Piano Analytics et Amplitude, et des partenaires server-side comme Stape. Pour les applications, des SDK natifs Swift et Kotlin, un SDK Flutter et un client React Native permettent d’afficher le même type d’écran de consentement dans une app iOS ou Android.
Le Google Consent Mode v2 s’active depuis les paramètres du projet : le mode basique est disponible sur tous les plans, le mode avancé dépend de votre configuration Tag Manager. À chaque choix du visiteur, la plateforme transmet les quatre signaux attendus par Google. C’est le point que les annonceurs surveillent le plus depuis que Google conditionne une partie de ses mesures en Europe à ces signaux, un sujet que nous détaillons aussi à propos de la conformité CMP exigée par Google AdSense.
Les modules au-delà du bandeau cookies
Axeptio ne se limite pas aux cookies. Terms gère l’acceptation des CGV et CGU sous forme de widget, avec historique des versions et preuves horodatées, pour que l’équipe juridique modifie les textes sans passer par les développeurs. Shake audite gratuitement un site à partir de son URL et produit un rapport PDF en quelques minutes, puis génère une configuration de bandeau prête à importer. Enfin, la fonction d’A/B testing compare deux bandeaux sur une durée choisie (une semaine, deux semaines, un mois ou une période libre) et désigne celui qui obtient le meilleur taux de consentement.
Cas d’usage concrets par profil
Une boutique en ligne sous Shopify ou PrestaShop
Le marchand installe le plugin, laisse Shake détecter les pixels publicitaires et les outils de mesure, puis active le Consent Mode v2 pour que ses campagnes Google Ads continuent de remonter des conversions modélisées. Avec un trafic modeste, les formules Small ou Medium suffisent ; le passage à Large devient utile si la boutique gère plusieurs sous-domaines, par exemple un blog et un espace client séparés.
Un éditeur de presse financé par la publicité
Pour un site qui vit de la publicité programmatique, la priorité est le TCF de l’IAB Europe (et de l’IAB Canada pour le Québec), dont Axeptio est certifié. L’offre Publishers ajoute un mur de consentement, utile pour proposer une alternative payante au refus des cookies. Le débat européen sur la fin annoncée des pop-ups cookies concerne directement ce type d’acteur.
Une agence web qui gère plusieurs clients
L’offre agences centralise tous les projets dans un seul back-office, permet des audits en masse et laisse l’agence fixer librement son prix de revente. C’est le profil pour lequel la logique « un domaine par abonnement » des plans publics devient la moins pratique, d’où l’intérêt de passer par ce programme plutôt que d’empiler des formules Small.
Axeptio face à Cookiebot et tarteaucitron.js
Les trois solutions répondent au même besoin mais avec des logiques de prix très différentes, ce qui en fait souvent le critère de choix.
| Critère | Axeptio | Cookiebot | tarteaucitron.js |
|---|---|---|---|
| Version gratuite | Jusqu’à 200 visiteurs par mois | Jusqu’à 50 sous-pages | Script open source gratuit |
| Base de facturation | Pages vues, un domaine par plan | Nombre de sous-pages, par domaine | Licence Pro forfaitaire, sites illimités |
| Premier prix payant | 7,50 € par mois, paiement annuel | 7 € par mois (Premium Lite) | 25 € HT par mois ou 190 € HT par an |
| Point fort | Bandeau personnalisable, A/B testing, Terms | Pas de plafond de trafic, essai de 14 jours | Coût maîtrisé, aucun abonnement obligatoire |
Cookiebot facture selon le nombre de sous-pages et non le trafic, ce qui avantage les sites très visités mais peu profonds ; il propose aussi un essai de 14 jours de ses fonctions Premium. tarteaucitron.js reste l’option la plus économique pour un développeur à l’aise avec l’intégration manuelle : le script est gratuit, et la licence Pro ajoute sites illimités et statistiques. Axeptio se paie plus cher dès que le trafic grimpe, mais il est le seul des trois à miser autant sur le design du bandeau et sur la mesure du taux d’acceptation, avec un module CGV en complément.
Les limites à connaître avant de vous engager
Le modèle tarifaire est le premier point à examiner. Chaque formule publique couvre un seul domaine, et elle est plafonnée en pages vues, une notion large puisque le simple rechargement d’une page ou une redirection est compté. Un site de contenu qui progresse vite peut donc changer de palier plus tôt que prévu ; vérifiez votre volume réel dans votre outil de mesure, ou dans l’une des alternatives à Google Analytics si vous en utilisez une.
Deuxième point : plusieurs fonctions avancées ne figurent dans aucune formule à prix public. L’accès aux API, l’A/B testing, les statistiques avancées et le responsable de compte relèvent de l’offre Enterprise, sur devis, et le SDK pour applications mobiles est tarifé selon le nombre d’utilisateurs actifs mensuels, là encore sur demande. Enfin, le support par ticket n’apparaît qu’à partir du plan Small : les formules Free et Extra Small n’en mentionnent aucun.
Quel plan choisir selon votre trafic
- Free : pour tester l’outil ou équiper un site vitrine confidentiel, puisque le plafond est fixé à 200 visiteurs par mois.
- Extra Small : pour un petit site jusqu’à 2 500 pages vues par mois, à condition d’accepter le paiement annuel de 90 € et l’absence de TCF et de scanneur.
- Small : le premier palier complet, avec TCF, statistiques et cinq scans de cookies par mois, jusqu’à 5 000 pages vues.
- Medium : le plan mis en avant par l’éditeur, adapté à un site jusqu’à 100 000 pages vues avec connecteurs analytics et mur de consentement contextuel.
- Large ou Enterprise : dès que vous avez des sous-domaines, plusieurs sites ou un besoin d’API, mieux vaut demander un devis que cumuler les abonnements.
Dans tous les cas, lancez d’abord un audit Shake gratuit sur votre site : il vous donnera la liste des traceurs à déclarer et une première configuration de bandeau, ce qui permet de mesurer le travail restant avant de payer. Le paiement annuel réduit la facture de 10 % sur les plans Small, Medium et Large.





