Depuis que la CNIL contrôle la manière dont les sites recueillent l’accord des internautes, poser un bandeau cookies ne suffit plus : il faut bloquer les traceurs avant le choix du visiteur, proposer un refus aussi visible que l’acceptation et garder une preuve de chaque consentement. Cookiebot automatise ce travail pour les sites de petite et moyenne taille. Lancée en 2012 par la société danoise Cybot, la solution appartient depuis la fusion de 2021 au groupe Usercentrics, qui la présente comme sa gamme destinée aux indépendants et aux entreprises en croissance.
Le problème que Cookiebot règle, et pour qui
Un site ordinaire dépose des cookies sans que son propriétaire le sache vraiment : outil de mesure d’audience, pixel publicitaire, vidéo intégrée, module de chat. Chaque extension ajoutée sur un CMS peut en introduire de nouveaux. Pour rester en règle, il faut donc savoir en permanence quels cookies tiers tournent sur ses pages, les classer par finalité et ne les activer qu’après accord.
Cookiebot s’adresse en priorité à trois profils : le gérant d’un site vitrine qui veut un bandeau conforme sans faire appel à un développeur, l’équipe marketing qui achète de la publicité sur Google ou Microsoft et doit leur transmettre le statut de consentement, et l’agence web qui équipe les sites de ses clients. Les organisations qui gèrent des dizaines de marques et de marchés sont renvoyées vers l’offre Usercentrics Advanced, vendue sur devis.
Comment fonctionne Cookiebot au quotidien
La mise en route tient en trois étapes décrites par l’éditeur : vous créez un compte et déclarez votre domaine, vous choisissez un modèle de bandeau, puis vous collez un script dans l’en-tête de vos pages. Le scanner analyse alors le site, détecte les cookies et traceurs, puis les range dans quatre catégories : nécessaires, préférences, statistiques et marketing. Il repasse chaque mois et vous envoie un rapport par e-mail sur ce qui a changé.
- Le script se place en tout premier dans la balise head. En mode de blocage automatique, il retient les cookies non essentiels tant que le visiteur n’a pas fait son choix ; en mode manuel, c’est à vous de marquer chaque script avec un attribut dédié.
- Le bandeau s’affiche dans la langue du navigateur parmi plus de 47 langues, et peut changer de texte ou de règles selon le pays du visiteur sur les plans Premium.
- Chaque choix est enregistré, puis transmis aux balises Google, Microsoft UET ou Amazon qui ajustent leur comportement.
- Une déclaration des cookies, générée à partir du dernier scan, s’intègre à votre page de politique de confidentialité.
L’installation passe aussi par un plugin WordPress gratuit, une application Wix ou Google Tag Manager. Pour les développeurs, la documentation publique décrit l’objet JavaScript exposé par le script : propriétés de consentement, méthodes pour rouvrir le bandeau et événements à écouter pour déclencher un traitement après acceptation. L’interface d’administration, elle, est entièrement traduite en français, tout comme en allemand, en espagnol et en italien.
Trois cas d’usage concrets
Le site vitrine d’un artisan. Avec moins de 50 pages et un seul domaine, il entre dans le plan gratuit. Le bandeau reste aux couleurs de Cookiebot et dans une seule langue, et le consentement expire au bout d’un mois, mais l’essentiel est couvert : scan, catégorisation et mode Consentement de Google.
La PME qui investit dans Google Ads. Sans signal de consentement, les campagnes perdent une partie de leur mesure en Europe. Cookiebot active la v2 du mode Consentement par défaut, et l’éditeur revendique le statut de partenaire CMP certifié par Google. Si vous diffusez aussi des annonces sur votre propre site, notre article sur l’obligation d’une CMP certifiée pour AdSense détaille les règles à respecter.
L’agence qui gère plusieurs clients. Les plans Premium regroupent plusieurs domaines sur un même compte, avec des groupes de domaines qui partagent un bandeau et un cadre juridique, et un nombre d’utilisateurs illimité. Le diagnostic de configuration, en version bêta, vérifie onze règles du RGPD (cases précochées, poids du bouton de refus, consentement implicite) et attribue un score de risque à chaque site.
Cookiebot face à Axeptio, Didomi et OneTrust
Axeptio, solution française, mise sur un bandeau au ton plus léger et très travaillé visuellement, apprécié des marques qui veulent soigner leur taux d’acceptation. Didomi, autre acteur français, vise davantage les grands éditeurs et les groupes qui pilotent le consentement de nombreux sites et marques. OneTrust couvre un périmètre bien plus large de gouvernance des données et de conformité, avec une complexité et un budget de grand compte.
Cookiebot se place entre ces pôles : un outil autonome, installé en quelques minutes, dont le scanner fait l’essentiel du travail de classement. Sa grille tarifaire publique, fondée sur le nombre de pages et non sur le trafic, le rend lisible pour un petit site. Pour situer l’outil parmi les autres familles de logiciels de protection, parcourez notre rubrique logiciels de sécurité informatique.
Les limites à connaître avant de vous lancer
- Le palier n’est pas choisi par vous : il s’ajuste au nombre de sous-pages détecté par le scanner, et le montant retient le plus grand nombre de pages jamais relevé. Un filtre qui génère des milliers d’URL peut donc faire grimper la facture, un reproche qui revient souvent dans les avis d’utilisateurs.
- Le tarif Premium Small exige au moins quatre domaines sur le compte ; un site seul de plus de 50 pages bascule en pratique vers un palier supérieur.
- Les sous-domaines sont facturés comme des domaines distincts, de même que les variantes avec et sans « www » si vous les déclarez toutes les deux.
- Le support répond par e-mail ou par ticket, en un jour ouvré pour les clients Premium et en quatre jours ouvrés pour le plan gratuit, et ne prend en charge ni l’intégration ni les bandeaux codés sur mesure.
- À la fin de l’essai, sans passage à un plan payant ni éligibilité au plan gratuit, le bandeau cesse de s’afficher : votre site ne recueille alors plus aucun consentement.
La réglementation continue d’évoluer, comme le montre le débat européen sur la fin des pop-ups cookies : un outil dont les modèles juridiques sont mis à jour par l’éditeur vous évite de suivre seul chaque changement.
Comment choisir votre plan
Commencez par compter vos pages réelles, en excluant les URL générées par les filtres et les paramètres de recherche, car c’est ce chiffre qui fixe le prix. Sous 50 sous-pages, le plan gratuit suffit si une seule langue et un bandeau standard vous conviennent ; Premium Lite ajoute personnalisation, multilingue et rapports pour un coût modeste.
Au-delà, le palier dépend de la taille du catalogue : une boutique en ligne de plusieurs milliers de fiches produits se retrouve rapidement en Large ou en XLarge, à multiplier par le nombre de domaines et de sous-domaines. Profitez des 14 jours d’essai, qui donnent accès à toutes les fonctions Premium sans carte bancaire, pour vérifier le nombre de pages relevé par le scanner avant de vous engager. Si vous gérez plusieurs marques et plusieurs pays, demandez plutôt un devis pour Usercentrics Advanced, facturé selon le nombre de sessions.








