Un bandeau cookies mal réglé coûte de deux façons : une sanction possible de la CNIL d’un côté, des données de mesure et des revenus publicitaires perdus de l’autre. Didomi, éditeur parisien créé en 2017, s’est spécialisé sur ce double enjeu. Sa plateforme collecte le consentement sur le web, dans les applications et sur les TV connectées, puis transmet ces choix aux outils publicitaires et analytiques. Elle s’adresse d’abord aux organisations qui gèrent beaucoup de domaines, de marchés ou d’écrans.
Quel problème Didomi règle, et pour qui
Depuis les lignes directrices de la CNIL sur les traceurs, refuser doit être aussi simple qu’accepter, et chaque choix doit pouvoir être prouvé. Pour un site isolé, un bandeau simple suffit. Pour un groupe média, une banque ou un e-commerçant présent dans plusieurs pays, la difficulté change d’échelle : règles différentes selon le pays (RGPD, CCPA en Californie, Loi 25 au Québec), dizaines de partenaires publicitaires à déclarer, application mobile et application TV à aligner sur le site. Le sujet bouge encore, comme le montrent les discussions européennes sur la fin des pop-ups cookies.
Didomi répond à ce besoin avec une console unique où marketing, juridique et technique travaillent sur les mêmes bannières. Le juriste vérifie les finalités et les partenaires déclarés, le marketing suit le taux d’acceptation et l’équipe technique intègre le SDK. L’éditeur revendique plus de 2 500 clients, avec des références publiées comme Orange, Europcar ou Yahoo.
Comment se passe la mise en place
La création d’une bannière suit un parcours en trois étapes dans la console : réglementations, personnalisation, publication. Vous choisissez d’abord la plateforme visée (site web, site AMP, application mobile ou application TV), puis les réglementations à couvrir et les pays ou régions concernés. Pour chaque réglementation, vous rattachez les partenaires (vendors) et les finalités de traitement.
- Site web : une balise JavaScript, à poser directement ou via Google Tag Manager, Tealium, Adobe Launch ou Eulerian, avec un modèle GTM fourni par l’éditeur.
- Applications : des SDK pour Android, iOS, Unity, React Native et Flutter, avec un guide dédié à l’App Tracking Transparency d’Apple.
- TV connectées : tvOS, Android TV, Amazon Fire TV, Roku, Vizio SmartCast, LG webOS et Samsung Tizen sont cités par l’éditeur.
- Signaux publicitaires : IAB TCF, GPP, Google Consent Mode v2 et les modes de consentement de Microsoft et d’Amazon sont transmis aux partenaires.
Pour un éditeur de site financé par la publicité, ce dernier point compte autant que la conformité : Google exige une CMP certifiée pour diffuser des annonces AdSense en Europe, et Didomi figure parmi les partenaires certifiés. La documentation développeurs, en anglais, couvre aussi Prebid, Piano Analytics et Kameleoon.
Si vous quittez une autre CMP, l’éditeur propose une migration en quatre étapes qui reprend les consentements déjà collectés et fait tourner Didomi en parallèle de la configuration existante, avec un architecte solutions jusqu’à la mise en production. Le centre d’aide est disponible en français.
Cas d’usage selon votre profil
- Éditeur de presse ou de médias : maximiser le taux d’acceptation par des A/B tests de bannières tout en restant dans les clous du TCF, et évaluer un modèle pay or consent sur des données fiables.
- Groupe multimarque : piloter des dizaines de domaines et sous-domaines, avec des bannières distinctes et un consentement partagé entre sites.
- Marque présente sur plusieurs écrans : synchroniser le choix d’un client entre le site, l’appli et la TV, pour qu’il ne réponde qu’une fois.
- DPO : retrouver la bannière exacte acceptée par une personne à une date donnée et lancer des scans pour repérer les traceurs déposés malgré un refus.
- Équipe CRM : avec l’offre Premium, recueillir des préférences de communication (canal, fréquence, centres d’intérêt) et les pousser vers Salesforce, HubSpot, Mailchimp ou Actito.
Didomi face à Axeptio, OneTrust et Usercentrics
Axeptio, autre éditeur français, vise un public plus large, PME comprises, avec une approche très tournée vers le design du bandeau et une souscription plus simple. Didomi se place un cran au-dessus en complexité : multi-réglementations, TV connectées, audits de conformité et tagging côté serveur, pour des structures qui ont une équipe dédiée.
OneTrust couvre un périmètre plus vaste que le consentement (gouvernance des données, gestion des risques fournisseurs, conformité au sens large) et parle surtout aux directions juridiques des très grands groupes. Usercentrics, qui détient aussi Cookiebot, propose une gamme allant de l’offre en libre-service aux grands comptes. Si votre besoin se résume à un bandeau conforme sur un seul site, ces alternatives plus légères suffisent. Si vous devez faire tenir consentement, préférences et mesure dans un même dispositif sur plusieurs écrans, Didomi est mieux armé.
Le tagging côté serveur, l’autre moitié de l’offre
Didomi a racheté Addingwell en avril 2025. Ce service héberge votre conteneur Google Tag Manager côté serveur, sert les scripts depuis votre propre domaine et contrôle que chaque partenaire ne reçoit des données qu’avec le consentement correspondant. L’intérêt est de récupérer une partie des conversions perdues à cause des bloqueurs et des restrictions des navigateurs, un sujet qui prend de l’importance depuis que Google a fusionné Google Tag et Tag Manager. C’est aussi la seule brique avec des prix publics : un plan gratuit jusqu’à 100 000 requêtes, puis une formule Pay as you go facturée selon le volume de requêtes.
Les limites à connaître avant de signer
- Aucun tarif n’est publié pour la CMP : il faut passer par une démo et un devis calculé sur vos visiteurs uniques mensuels.
- Le module de demandes d’exercice de droits est encore présenté comme à venir, avec une liste d’accès anticipé, alors qu’il apparaît dans la grille Premium.
- Certaines fonctions se négocient à part : TV connectées, consentement entre appareils et tagging côté serveur sont indiqués « sur demande ».
- La documentation technique est rédigée en anglais, ce qui peut ralentir une petite équipe de développement francophone.
Quelle offre choisir
La formule groupée existe en trois niveaux, tous sur devis, avec un nombre de domaines illimité :
- Essential pour une conformité multi-réglementations bien tenue : bannières personnalisées, preuves, analytics et 10 scans d’audit mensuels.
- Advanced, mis en avant par l’éditeur, dès que vous voulez surveiller vos traceurs avec des scans multi-scénarios, l’Admin API, le SSO et la marque blanche.
- Premium si la collecte de préférences marketing fait partie du projet : centre de préférences, intégrations CRM illimitées, API de consentement et support prioritaire.
Chaque brique se vend aussi seule (CMP web, mobile, TV, suivi de conformité, préférences). Avant la démo, listez vos domaines, vos applications et vos volumes de visiteurs : ce sont les paramètres qui fixent le prix.









