Lancée en 2005, Dailymotion est l’une des plus anciennes plateformes de vidéo en ligne. Elle appartient aujourd’hui au groupe Canal+ et mène deux activités qui partagent la même technologie : un site grand public où chacun peut publier et monétiser ses vidéos, et une offre baptisée Edge, destinée aux médias et aux éditeurs qui veulent héberger, diffuser et rentabiliser leurs contenus sur leurs propres sites. L’éditeur revendique plus de 400 millions d’utilisateurs actifs par mois et plus de 10 000 éditeurs partenaires.
Quel problème Dailymotion règle, et pour qui
Publier une vidéo ne suffit pas : il faut la stocker, la diffuser vite sur tous les écrans, la rendre trouvable et, souvent, en tirer un revenu publicitaire. Dailymotion regroupe ces étapes dans un même espace de travail, le Dailymotion Studio, avec des droits qui varient selon votre statut.
Trois publics sont visés. Les créateurs, d’abord, qui publient régulièrement et veulent toucher une part des revenus publicitaires sans passer par une régie. Les éditeurs de sites et les rédactions, ensuite, qui veulent ajouter de la vidéo à leurs articles avec un player intégrable et une monétisation déjà branchée. Les groupes médias et diffuseurs, enfin, qui gèrent plusieurs marques, des lives et des catalogues volumineux sous un seul contrat. Si votre besoin se limite à monter vos vidéos, notre comparatif des logiciels de montage vidéo sera plus utile : Dailymotion intervient après le montage.
Comment s’organise le travail dans le Dailymotion Studio
Le Studio se divise en cinq sections : médias, statistiques, intégrations, paiements et paramètres de publicités. Un simple utilisateur n’accède qu’aux médias et aux réglages du compte ; les statistiques et les paiements s’ouvrent aux créateurs, les intégrations et la publicité aux clients Edge. Le parcours type, tel que le décrit le centre d’aide, suit quatre étapes :
- Vous mettez en ligne vos vidéos depuis le Studio, l’application mobile, l’API ou un flux MRSS pour les catalogues entiers, avec reprise automatique des envois interrompus côté API.
- Vous définissez titre, description, catégorie, langue et visibilité : publique, privée, protégée par mot de passe, géobloquée ou programmée entre deux dates. Des réglages par défaut évitent de tout ressaisir à chaque envoi.
- Les sous-titres sont générés par IA dans la langue de la vidéo ; les comptes premium et Edge peuvent en demander jusqu’à quatre langues à la fois et activer les chapitres automatiques.
- Vous suivez vues, taux de complétion, heures de visionnage et revenus estimés dans des tableaux de bord actualisés toutes les quatre heures, avec une vue en temps réel pour les clients Edge.
Côté technique, l’API v2 couvre l’upload, la gestion des métadonnées, les lives, la création de players et l’analytics, avec des SDK web, iOS et Android. Les lives passent par RTMP ou SRT et acceptent des coupures publicitaires manuelles ou insérées côté serveur.
Trois cas d’usage concrets
- Un créateur francophone ouvre un compte créateur standard, gratuit, et active la monétisation dès que son profil atteint 1 000 vues. Il est payé via Tipalti au-delà de 100 € de solde. S’il publie beaucoup, il postule au statut premium pour lever les quotas et accéder au support premium. Les mécanismes diffèrent de ceux décrits dans notre guide pour gagner de l’argent sur YouTube, mais la logique de partage des revenus publicitaires est comparable.
- Un site d’information passe sur Edge pour intégrer un player à ses couleurs dans ses articles, ajouter automatiquement une vidéo liée sur les pages qui n’en ont pas et vendre son inventaire avec sa propre régie, celle de Dailymotion, ou les deux.
- Une chaîne de télévision diffuse ses directs avec DVR, insère des publicités pendant l’émission puis retrouve l’enregistrement en replay, tout en gérant plusieurs marques depuis une seule console.
Dailymotion face à YouTube, Vimeo et Brightcove
Face à YouTube, Dailymotion joue la même carte d’une plateforme gratuite financée par la publicité, avec un accompagnement dédié aux la France, la Belgique, la Suisse et le Luxembourg pour les créateurs premium. YouTube reste le choix logique si la portée prime sur tout le reste.
Vimeo suit le modèle inverse : un abonnement payé par l’entreprise pour diffuser ses vidéos sans publicité, ce que Dailymotion ne propose plus depuis le remplacement de son offre Pro. Pour une vidéo de marque, une formation ou un intranet, Vimeo est donc mieux placé. Brightcove s’adresse lui aussi aux médias et aux grandes entreprises ; la différence tient au modèle, Edge étant entièrement pensé autour de la monétisation publicitaire.
Les limites à connaître avant de vous lancer
- Toute l’offre repose sur la publicité : Edge est réservé aux clients dont le contenu est monétisé par la pub, et les formules sans publicité ont disparu avec Dailymotion Pro.
- Le statut créateur standard plafonne à 15 vidéos et 10 heures de contenu par 24 heures, avec 4 Go et 2 heures par fichier, et n’accepte que la vidéo.
- Le live est une option payante à activer auprès du support ou d’un account manager.
- Aucun tarif Edge n’est publié : tout passe par l’équipe commerciale.
- Le site Dailymotion Business et la documentation développeurs sont en anglais, même si le Studio et le centre d’aide existent en français.
Pensez aussi à l’accessibilité : les sous-titres IA dépendent de la qualité du son, et un compte standard n’en profite qu’après 100 vues cumulées sur sa chaîne. Pour d’autres options, notre sélection d’outils de sous-titrage gratuits peut compléter le dispositif.
Quel statut choisir
Si vous débutez, le compte créateur standard suffit : il ne coûte rien, ouvre la monétisation à partir de 1 000 vues et donne accès aux statistiques. Passez au statut premium, sur candidature, dès que les quotas quotidiens vous freinent ou que vous publiez des formats longs et des podcasts. Edge ne se justifie que pour un média, un diffuseur ou un e-commerçant qui veut un player intégré à son site, une régie et des lives : prévoyez alors une phase de discussion commerciale, puisque rien n’est affiché en libre-service.







