Trouver des créateurs pertinents reste la partie la plus longue d’une campagne d’influence : il faut fouiller plusieurs réseaux, écarter les audiences gonflées, retrouver une adresse de contact, puis relancer. Favikon s’est fait connaître par ses classements publics de créateurs LinkedIn, avant d’élargir son moteur à neuf réseaux et d’y ajouter la prospection, la gestion de campagne et le suivi des publications.
Quel problème Favikon règle, et pour qui
L’outil répond d’abord à une question de sélection : qui parle vraiment à votre cible, et avec quelle audience réelle. L’éditeur, la société parisienne Moojito qui exploite la marque depuis 2020, indique analyser et noter plus de 10 millions de créateurs sur Instagram, TikTok, YouTube, X, LinkedIn, Twitch, Snapchat, Pinterest et Substack. La présence de LinkedIn et de Substack le distingue des plateformes pensées pour la mode ou la beauté sur Instagram.
Trois publics se dégagent des offres. Les équipes marketing B2B et tech, qui cherchent des experts LinkedIn pour porter leur message, comme le cas Noota mis en avant par l’éditeur (plus de 100 ambassadeurs en six mois). Les agences, qui gèrent plusieurs clients et campagnes en parallèle. Et les créateurs eux-mêmes, qui paient un abonnement pour suivre leur rang et présenter leurs statistiques aux marques. Si vous débutez sur le sujet, notre sélection d’outils pour trouver des influenceurs donne une vue d’ensemble du marché.
Comment fonctionne la plateforme
Tout part d’une requête en langage naturel du type « coachs business anglophones qui publient des vidéos de motivation sur YouTube ». L’agent Favy, l’IA maison, traduit cette phrase en filtres (réseau, langue, pays, taille, croissance, taux d’engagement) que vous pouvez ensuite affiner. Chaque lot de 25 résultats coûte un crédit, un profil complet en coûte davantage et reste ouvert 30 jours. Les classements, eux, sont gratuits.
La fiche d’un créateur rassemble ses comptes, l’évolution de ses abonnés, ses meilleurs posts, les marques qu’il mentionne et, pour Instagram, YouTube et TikTok, l’analyse de son audience : part d’abonnés crédibles, âge, pays, langues, centres d’intérêt. Sur LinkedIn et X, un score d’authenticité cherche les signes de croissance artificielle, de pods d’engagement ou de contenus générés par IA, un sujet que LEPTIDIGITAL a traité à propos de la lutte de LinkedIn contre les pods.
La campagne se monte ensuite dans un assistant en cinq étapes : description et marque, choix des créateurs, séquence de prospection, suivi des publications par mention, hashtag ou mot-clé, puis visibilité. Une campagne publique laisse les créateurs qui remplissent vos critères candidater d’eux-mêmes. Le suivi calcule l’EMV et peut remonter les conversions si vous connectez Google Analytics 4.
Cas d’usage concrets par profil
- Marque B2B ou SaaS : repérer des experts LinkedIn par niche et par pays, vérifier leur score d’authenticité, puis les contacter par e-mail ou message privé pour un programme d’ambassadeurs.
- Responsable influence en marque grand public : comparer l’audience réelle de profils Instagram ou TikTok avant un envoi de produits, en complément d’une méthode pour détecter les faux abonnés.
- Agence : regarder avec quels créateurs travaillent les concurrents d’un client grâce à Radar, puis bâtir des listes partagées et suivre plusieurs campagnes à la fois.
- Programme d’employee advocacy : suivre sur plusieurs mois la portée des publications des collaborateurs avec le suivi avancé, sur l’offre Entreprise.
- Créateur : connaître sa position dans les classements de son secteur et partager une page Spotlight avec ses tarifs et ses collaborations.
Favikon face à Kolsquare, Upfluence et HypeAuditor
Kolsquare, éditeur français lui aussi, cible surtout les marques grand public et les agences, avec un accent sur la mesure des campagnes. Upfluence s’adresse en priorité aux marques e-commerce, avec des intégrations boutiques et la gestion des codes promo et de l’affiliation. HypeAuditor s’est construit sur l’audit d’audience Instagram et la détection de fraude.
Favikon se démarque sur trois points : la couverture de LinkedIn et Substack, utile pour l’influence B2B, des tarifs publiés avec une formule gratuite permanente, et une ouverture aux assistants IA via MCP. En contrepartie, la plateforme ne gère pas encore le paiement des créateurs, que l’éditeur présente comme une fonction à venir, et elle reste moins tournée vers le commerce en ligne qu’Upfluence.
Les limites à connaître
Le modèle à crédits demande de la discipline. Recherches, profils similaires, profils complets et extraction d’e-mails puisent dans le même solde, et l’aide de Favikon précise qu’à l’expiration d’un abonnement payant, le compte repasse en gratuit et que les listes, créateurs enregistrés et classements suivis sont effacés. Si vous comptez arrêter, exportez vos données avant la date d’échéance.
La prospection par message privé passe par vos propres comptes LinkedIn et Instagram, avec leurs plafonds. L’éditeur conseille par exemple de rester autour de 30 à 60 e-mails par jour et par adresse d’envoi, et de 10 à 15 demandes de connexion par jour sur un compte LinkedIn gratuit. Enfin, l’application est disponible en français, anglais, espagnol et portugais, mais une partie du centre d’aide n’existe qu’en anglais.
Quel plan choisir
Commencez par l’offre gratuite pour juger la pertinence des résultats sur votre niche : 15 crédits suffisent pour quelques recherches et profils. Core convient à une seule campagne active pilotée par e-mail. Passez à Pro dès que vous voulez contacter des créateurs par message privé LinkedIn ou Instagram, analyser les partenariats de vos concurrents ou utiliser Favy depuis Claude ou ChatGPT : c’est le plan que l’éditeur recommande.
Pour une agence ou un programme d’ambassadeurs internes, l’offre Entreprise lève les plafonds de contacts et de campagnes et ajoute un interlocuteur dédié. Côté budget, pensez aux sièges : un seul accès complet est inclus, chaque collaborateur supplémentaire en édition s’ajoute au prix mensuel. Pour fixer la rémunération des profils retenus, notre article sur le prix d’un micro-influenceur donne des repères.







