Un recrutement mal outillé se reconnaît vite : des CV qui arrivent par e-mail, Indeed et LinkedIn sans jamais se croiser, des managers qui découvrent les candidats la veille de l’entretien, des refus jamais envoyés. Softy est un ATS (applicant tracking system) français pensé pour ramener ces flux dans un même espace. Cet article explique ce qu’il règle, comment il se met en place d’après la documentation de l’éditeur, à qui il rend service, ce qui le distingue de ses concurrents et comment aborder la négociation de votre contrat.
Quel problème Softy règle, et pour qui
Softy est développé par Altagile, une SAS basée à Dijon créée en 2015 par Marion Pageot, venue des ressources humaines. La société a d’abord lancé Place des talents, un site d’emploi fondé sur le matching sans CV, avant de transformer le concept en logiciel pour les entreprises en 2018. Cette origine explique l’insistance de l’outil sur les compétences comportementales : les tests de personnalité et de potentiel ne sont pas un module ajouté après coup, ils font partie du parcours de sélection depuis le départ. Altagile édite aussi Skeely, un logiciel d’entretiens annuels et de GPEC, et compte seize collaborateurs répartis entre technique, acquisition et expertise RH.
Le problème visé est celui des organisations où le recrutement est partagé : un service RH qui pilote, des managers qui valident, parfois plusieurs filiales ou établissements. Selon Softy, environ 300 entreprises utilisent l’outil, parmi lesquelles des groupes de distribution, des acteurs du tourisme, des CHU et des concessions automobiles. Si vous réfléchissez plus largement à la transformation de vos process RH, notre analyse sur la digitalisation de la fonction RH pose le cadre.
Comment Softy fonctionne au quotidien
Softy s’utilise depuis un navigateur web, sans installation. Le parcours suit l’ordre naturel d’un recrutement :
- un manager exprime un besoin ou prérédige une offre, que son N+1 valide avant publication grâce au workflow de validation ;
- l’offre part sur votre site carrière (hébergé à une adresse du type nomduclient.softy.pro et compatible Google for Jobs) et sur les jobboards choisis, avec affichage du coût des annonces payantes avant diffusion ;
- les candidatures remontent avec leur provenance, se trient en liste ou en Kanban par statut (à traiter, entretien, recruté) et reçoivent des réponses par modèles d’e-mails ;
- les profils retenus passent un test, un entretien vidéo différé ou une visio dans l’outil, où le recruteur consulte le CV et prend ses notes en direct ;
- la recrue entre enfin dans un parcours d’onboarding : documents administratifs, to-do list, questionnaires et baromètre de bien-être.
La mise en route ne se fait pas seul. Le pack déploiement, facturé à la souscription, couvre l’ouverture du compte, le paramétrage du site carrière, la formation des administrateurs puis des recruteurs, à distance en visioconférence, et une phase de tests avant livraison. C’est un choix assumé par l’éditeur : moins de liberté pour essayer, mais un outil configuré pour votre organisation dès le premier jour.
Côté IA, Softy a développé son propre assistant, baptisé Steve. Il résume un profil face à l’offre en faisant ressortir forces et points de vigilance, présélectionne les CV, rédige des annonces dans le ton voulu et génère des trames d’entretien. Une CVthèque interrogeable en langage naturel est en bêta. L’éditeur précise que les données sont hébergées en France, sur des serveurs dédiés Scaleway d’après ses CGV.
Cas d’usage concrets par profil
Le groupe multisite
Pour un réseau de magasins ou de concessions, l’intérêt tient aux utilisateurs illimités, filiales comprises, et aux droits d’accès par dossier. Chaque directeur de site voit ses candidats, le siège garde la vue d’ensemble. Le module de mobilité interne publie les postes ouverts aux salariés du groupe, et la cooptation permet de suivre qui a recommandé qui.
L’établissement de santé ou public
Softy est distribué auprès des hôpitaux publics par son partenaire Cpage. Un éditeur français, un hébergement en France et des engagements de service écrits (temps de réponse de 4 heures ouvrées sur un incident bloquant) pèsent dans ce type d’achat, souvent encadré par un cahier des charges.
La PME qui recrute en volume
Pour des postes répétitifs, les modèles d’annonces, les réponses automatiques et le reporting par jobboard servent surtout à savoir où dépenser votre budget d’annonces. Les connecteurs avec Indeed, HelloWork, Meteojob ou LinkedIn rapatrient les candidatures et leur statut sans double saisie. Les candidats qui postulent via un profil LinkedIn arrivent aussi par le plugin LinkedIn Apply ; si vos recruteurs récupèrent encore des profils à la main, notre guide pour télécharger un CV LinkedIn montre ce qu’un ATS évite.
Softy face à Teamtailor, Flatchr et Welcome to the Jungle
Sur le marché français, Softy se compare surtout à Teamtailor, Flatchr et aux offres recruteurs de Welcome to the Jungle. Trois critères aident à trancher. Le premier est l’évaluation : Softy embarque des tests psychométriques édités par l’IRP, institut basé à Montréal (personnalité IPLC selon le modèle Big Five, test cognitif QIRP), alors que beaucoup d’ATS renvoient vers un outil d’évaluation tiers. Le deuxième est la marque employeur : si votre priorité est un site carrière très éditorialisé, vérifiez ce que chaque concurrent inclut, car chez Softy la personnalisation complète passe par une option payante. Le troisième est le modèle contractuel : Softy fonctionne sur devis avec un engagement annuel, ce qui le rapproche d’un achat de logiciel métier plutôt que d’un abonnement en libre-service.
Softy se branche aussi sur votre SIRH : l’éditeur annonce des intégrations avec Lucca, Skello, Outlook et M-target pour les SMS. Si vous êtes en train de choisir votre socle RH, la fiche Eurecia et notre sélection de logiciels de paie complètent le tableau. Pour un recrutement à l’international avec portage des contrats, une plateforme comme Deel répond à un autre besoin.
Les limites à connaître avant de signer
- Pas d’essai autonome : l’accès passe par une démonstration avec l’équipe commerciale, impossible de juger l’interface seul avant le devis.
- Un contrat engageant : abonnement de 12 ou 24 mois, renouvelé tacitement, résiliable par lettre recommandée trois mois avant l’échéance. Passé ce délai, l’éditeur peut reconduire pour un an.
- Pas de retour en arrière : vous pouvez monter temporairement vers une version supérieure (trois mois minimum), mais pas descendre vers une version plus restreinte en cours de contrat.
- Ni API publique ni application mobile : les intégrations se construisent avec l’équipe Softy, et l’usage mobile passe par le navigateur.
Comment aborder le devis
Softy publie un prix d’entrée de 350 € HT par mois et précise que toutes ses offres donnent accès à l’ensemble des fonctionnalités ; le nombre de certains services (emplacements d’annonces, tests de recrutement par an) varie en revanche selon l’abonnement. Avant la démo, chiffrez donc votre volume d’offres actives et de tests annuels : ce sont eux qui feront varier le devis. Demandez ensuite le montant du pack déploiement, qui dépend de l’abonnement, et le prix des options marque employeur, mobilité interne et cooptation, facturées une seule fois.
Sur la durée, comparez le coût du contrat de 12 mois et celui de 24 mois, et notez dans votre agenda la date limite de résiliation. Enfin, rappelez-vous que la multidiffusion est illimitée côté logiciel, mais que les annonces sur les jobboards payants restent à votre charge : prévoyez ce budget à part.








