Un fichier vidéo de 8 Go, une série de photos RAW ou une maquette Photoshop ne passent pas par un e-mail classique. WeTransfer s’est imposé sur ce besoin précis : déposer des fichiers lourds dans une page web et transmettre un lien que le destinataire ouvre sans rien installer. Le service a beaucoup changé ces deux dernières années (compte obligatoire, nouveaux plans, retrait de certaines fonctions). Voici ce qu’il faut savoir pour l’utiliser aujourd’hui et choisir le bon plan.
Quel problème WeTransfer règle, et pour qui
Les messageries plafonnent les pièces jointes autour de quelques dizaines de mégaoctets, et partager un dossier depuis un espace de stockage en ligne oblige souvent le destinataire à se connecter ou à naviguer dans une arborescence. WeTransfer prend le problème à l’envers : chaque envoi est un objet autonome, avec une date d’expiration, un lien unique et un suivi des téléchargements. Pour comprendre les autres façons de procéder, notre guide pour envoyer des fichiers volumineux passe en revue les méthodes possibles.
Le public historique reste celui des métiers de l’image : graphistes, photographes, vidéastes, agences, studios de son. La société néerlandaise a d’ailleurs construit son identité autour de la création, avec des fonds d’écran confiés à des artistes sur les pages de téléchargement des comptes gratuits. Les plans payants s’adressent à ceux pour qui l’envoi de fichiers fait partie du quotidien professionnel, seuls ou en équipe.
Comment fonctionne WeTransfer aujourd’hui
Depuis novembre 2024, tout envoi exige un compte. Si vous n’en avez pas, le site en crée un à partir de l’adresse saisie, après la validation d’un code reçu par e-mail. La connexion peut ensuite se faire sans mot de passe, par code. Le parcours d’envoi tient en quelques gestes :
- Ajoutez vos fichiers ou dossiers depuis le navigateur, l’application mobile ou l’application Mac.
- Choisissez un envoi par e-mail (les destinataires reçoivent un message) ou par lien (vous copiez l’adresse et la diffusez où vous voulez).
- Réglez les options selon votre plan : titre, date d’expiration, mot de passe, contrôle d’accès, prix éventuel.
- Suivez ensuite l’activité depuis l’onglet Transferts : téléchargements, destinataires, modification de l’expiration ou ajout de fichiers après coup.
Deux options changent l’usage en contexte professionnel. Le contrôle d’accès propose un téléchargement suivi (toute personne disposant du lien vérifie son identité avant de télécharger) ou restreint (seules les adresses de la liste y accèdent), réglable même après l’envoi. Les aperçus, eux, affichent images, fichiers RAW, PSD, vidéos, sons et documents bureautiques sans téléchargement, avec un filigrane si l’expéditeur l’active. Ils remplacent les fonctions Reviews et Portals, retirées en décembre 2025.
Sur Mac, l’application se loge dans la barre des menus : un glisser-déposer sur l’icône lance l’envoi en mode lien, et une extension ajoute « Créer un transfert » au clic droit du Finder. Les applications iOS et Android reprennent les mêmes fonctions d’envoi et de réception.
Cas d’usage concrets par profil
- Photographe ou retoucheur : envoi d’une sélection en aperçu filigrané, commentaires du client sur les images, puis livraison des fichiers définitifs via un transfert à accès restreint.
- Vidéaste ou motion designer : livraison de rushes ou d’exports de plusieurs dizaines de gigaoctets, avec une expiration prolongée tant que le client n’a pas validé.
- Agence qui reçoit des fichiers de ses clients : une demande de fichiers avec consignes (formats, nommage, date limite) évite les échanges d’e-mails, et chaque dépôt est rattaché à une adresse vérifiée.
- Créateur qui vend un pack de presets ou une banque de sons : prix fixé sur le transfert, paiement encaissé via Stripe, sans monter de boutique.
- Signature d’un devis : la brique WeTransfer Sign envoie un document à signer, avec une signature électronique simple au sens du règlement européen eIDAS.
WeTransfer face à SwissTransfer, Smash et Dropbox
Sur le transfert ponctuel et gratuit, WeTransfer n’est plus le plus généreux. SwissTransfer, le service d’Infomaniak hébergé en Suisse, et Smash, service français, laissent tous deux envoyer des fichiers sans créer de compte, avec des durées de conservation plus longues que les 3 jours du plan Free de WeTransfer. Si vos envois restent occasionnels et personnels, l’un de ces deux services vous évitera de buter sur le plafond de 3 Go et 10 envois sur 30 jours glissants.
WeTransfer reprend la main sur les plans payants et les usages professionnels : aperçus de formats métier (RAW, PSD, AI), contrôle d’accès modifiable après envoi, page personnelle à votre marque pour recevoir des fichiers, vente de transferts et, en Enterprise, SSO, SCIM et journaux d’activité exportables vers un SIEM. Si votre besoin relève plutôt d’un espace de travail synchronisé entre plusieurs postes, une solution comme Dropbox ou l’un des outils de stockage de fichiers en ligne conviendra mieux, et notre sélection de services de stockage cloud européens aide à trier les offres hébergées en Europe.
Les limites à connaître avant de vous abonner
- Le plan Free est réservé à un usage individuel et non commercial : un professionnel qui envoie des fichiers à ses clients est censé passer sur un plan payant.
- Le stockage plafonne à 2 To par compte par défaut. Une fois la limite atteinte, vous ne pouvez plus ni envoyer ni recevoir tant que vous n’avez pas supprimé d’anciens transferts.
- Si vous résiliez ou rétrogradez un plan payant, vos transferts actifs sont supprimés 28 jours plus tard, sans récupération possible.
- Le support passe uniquement par le chat, d’abord avec l’assistant IA Jim, puis par un humain si besoin. Aucune ligne téléphonique.
- L’API publique n’est plus proposée : pour automatiser des envois depuis vos propres outils, il faut regarder ailleurs.
- La TVA néerlandaise ou italienne s’applique si vous ne renseignez pas votre numéro de TVA intracommunautaire à l’inscription, et ce choix n’est plus modifiable sur la facture déjà émise.
Quel plan WeTransfer choisir
Starter n’a d’intérêt que pour un besoin ponctuel de volume : il relève le plafond à 300 Go par mois mais garde la limite de 10 transferts et l’expiration à 3 jours. Dès que vous envoyez plusieurs fichiers par semaine à des clients, Ultimate devient le plan logique : transferts illimités, expiration libre, récupération des envois expirés, page à votre marque. Le paiement annuel fait baisser la facture de 23 à 19 € par mois.
Teams se justifie à partir de deux personnes qui partagent une identité de marque et un espace de stockage, avec facturation centralisée, jusqu’à 50 membres. Au-delà, ou si votre service informatique exige SSO, provisionnement SCIM, règles de transfert imposées et journaux d’audit, il faut passer par l’équipe commerciale pour Enterprise. Dans tous les cas, souscrivez sur le site plutôt que dans l’application mobile : les abonnements pris via l’App Store ou le Play Store se gèrent uniquement depuis le store, et le plan Teams ne s’y achète pas.






