
L’essentiel en bref
- Anthropic a publié le 8 octobre une nouvelle politique d’usage pour Claude, applicable à partir du 12 novembre 2026.
- Une section inédite interdit les campagnes trompeuses : faux personas, faux médias, faux avis, parrainage dissimulé et réseaux de sites faussement indépendants.
- Elle proscrit la manipulation des sources des moteurs de recherche et des IA par des contenus qui travestissent leur origine, leur auteur ou leur indépendance.
- La règle encadre ce que les clients font avec Claude ; elle ne change pas la façon dont Claude sélectionne ses sources.
Ce que dit la nouvelle politique d’usage d’Anthropic
La section s’intitule « Do Not Engage in Deceptive Campaigns or Artificial Activity ». Selon l’annonce d’Anthropic, elle regroupe des règles jusque-là dispersées entre les chapitres sur les élections, la fraude, la vie privée et la désinformation, et elle couvre désormais toute activité trompeuse, qu’elle soit politique ou commerciale.
Et plus concrètement ? La nouvelle politique d’usage d’Anthropic interdit désormais de créer ou d’exploiter de faux profils, comptes, médias ou organisations, de dissimuler le parrainage d’un contenu destiné à influencer l’opinion, et de diffuser des contenus via des réseaux de sites ou de comptes présentés comme indépendants pour masquer leur source commune.
Un exemple concret ? Pour illustrer ces propos, Anthropic cite les sockpuppets (faux comptes pilotés par une même personne), l’astroturfing, les faux avis et les bots qui se font passer pour des humains.
La ligne qui va intéresser directement les équipes SEO et GEO et celle qui interdit de « manipulate the sources from which search engines or AI systems draw answers », c’est-à-dire de nourrir ces sources avec des contenus qui mentent sur leur origine, leur auteur ou leur indépendance.
Si vous dirigez une agence, une autre ligne vous concerne tout autant. La politique interdit aussi de construire des outils facilitant ces campagnes et de vendre ou commercialiser de tels services : proposer un « pack de visibilité IA » fondé sur de faux médias tombe donc dans ce registre, même si le client final ne touche jamais à Claude.
Le réseau relié à une agence française, et ce qu’il ne prouve pas
La clause a un cas concret derrière elle. Dans son rapport de menaces de septembre, Anthropic décrit une opération qu’il relie à LKM Company, présentée comme une agence de publicité digitale basée en France : environ 70 faux sites d’information locale, au moins 8 913 articles dans une vingtaine de langues, 70 comptes X chargés de les relayer et plus de 250 comptes de commentaires inauthentiques, dotés de photos de profil générées par IA.
Anthropic qualifie l’ensemble d’« influence-as-a-service » commerciale, dont le positionnement politique changeait selon le client, avec des cibles aux États-Unis, au Brésil, en France et en République démocratique du Congo.
L’entreprise précise ne pas pouvoir confirmer quels clients ont commandé ces contenus, et indique que l’opération a été interrompue tôt, avec peu d’engagement réel. Elle a banni le compte et l’organisation associée.
Une nuance compte pour votre lecture. Selon le rapport, ces articles visaient à renforcer l’autorité des faux sites dans les classements des moteurs de recherche ; il ne décrit pas de tentative d’influencer directement les modèles d’IA.
Ce cas ressemble donc davantage à un réseau de sites satellites relativement classique qu’à une opération de GEO, bien que les deux soient très liés.
GEO avec Claude : ce qui reste permis, ce qui devient interdit
Optimiser vos contenus pour être cité par les IA génératives n’a rien d’interdit. La clause vise le mensonge sur l’origine. Anthropic ne publie pas de critères pour juger l’indépendance d’une source, et le tableau ci-dessous reflète donc notre lecture du texte, pas une grille officielle :
La zone grise la plus fréquente ? Les listicles auto-référencés, où une marque se classe première de son propre « top 10 ».
Hébergés sur son site et signés par elle, ils relèvent de la communication. Déclinés sur un réseau de blogs aux noms neutres mais pilotés par cette même entité, sans transparence, on bascule alors dans la zone grise que la clause décrit et souhaite cibler.
Pour Google, ce type de pratique est déjà ciblé depuis longtemps. Le moteur a d’ailleurs ajouté à son guide sur le contenu « people-first » une mise en garde contre les informations d’auteur trompeuses (faux noms, photos générées par IA, faux diplômes). Pour vos auteurs maison, la consigne devient la même des deux côtés : une vraie personne, une vraie biographie et des moyens de le prouver idéalement (email de contact, profil LinkedIn actif, …).
Une clause qui n’empechera pas la pratique de perdurer
Une agence peut-elle simplement changer de modèle ? Oui, et c’est la limite de l’exercice. La politique engage les utilisateurs de Claude, pas l’index des moteurs ni les autres LLM, et son application repose sur la détection d’Anthropic, dont le rapport ne décrit que des « signatures comportementales » sans mécanisme public détaillé. La sanction prévue reste la suspension ou la résiliation de l’accès.
Reste que le risque change de forme pour les marques. Si votre prestataire produit avec Claude et alimente des sites satellites, un bannissement peut couper sa production en pleine campagne.
Concrètement, avant le 12 novembre, demandez à vos agences quels modèles elles utilisent, où leurs contenus sont publiés et sous quelle signature, puis inscrivez la réponse dans vos contrats.
Au passage, Anthropic desserre la vis ailleurs : la publication automatisée de contenus ne figure plus dans la liste des usages à haut risque de la nouvelle version.
Ce que l’on en retient : Anthropic tolère davantage l’automatisation et durcit le ton sur la tromperie. Les mises à jour anti-spam de Google suivaient déjà cette logique.
Notre verdict :
Optimiser pour les IA reste permis ; mentir sur l’origine d’un contenu ne l’est plus avec Claude. Sa portée technique reste limitée à un seul modèle, mais elle fixe une norme que Google applique déjà à ses auteurs. Avant le 12 novembre, posez trois questions à votre agence : qui signe, qui paie et est-ce transparent pour les lecteurs ?

Fondateur de LEPTIDIGITAL et SUPASST, je suis également consultant spécialisé en acquisition de leads B2B (SaaS). Passionné par le marketing digital, l’intelligence artificielle et le SEO. Avant de devenir indépendant, j’ai occupé des postes clés en tant que SEO Manager et responsable e-commerce pour plusieurs grandes entreprises (Altice Media, Infopro Digital, Voyage Privé et le Groupe ERAM). Sur le plan perso, je suis un curieux insatiable, également passionné par la photographie, le badminton et les voyages. Pour toute demande de partenariat, privilégiez LinkedIn ou email ([email protected]).