
300 organisations françaises publient un manifeste pour la souveraineté numérique européenne
L’Innovation Makers Alliance (IMA), soutenue par 300 entités françaises dont Airbus, Mistral AI ou France Digitale, a publié un manifeste inédit.
L’objectif ?
Proposer 33 recommandations concrètes pour renforcer l’indépendance technologique de la France et de l’Union européenne.
Une réponse directe à des tensions géopolitiques croissantes
L’initiative s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis, la Chine et l’Europe.
Le retour de Donald Trump à la présidence américaine et les restrictions sur les exportations de GPU ont mis en lumière la vulnérabilité du Vieux Continent.
L’accès aux technologies critiques, notamment en IA et en cloud, est aujourd’hui clairement dépendant de puissances extérieures.
Un plan de 33 recommandations pratiques
Contrairement à un simple manifeste d’intention, ce document se veut opérationnel.
Il propose une véritable « boîte à outils » pour les décideurs publics comme privés. Parmi les recommandations clés :
- Créer une plateforme centralisée des besoins technologiques des grandes entreprises, accessible aux startups
- Lancer un « Small Business Act européen » pour réserver une part des marchés publics aux solutions souveraines
- Fédérer les initiatives de cloud nationaux en une offre européenne cohérente
- Financer des infrastructures d’IA et de calcul haute performance localisées en Europe
- Créer un « data space » pour une gouvernance européenne des données
Le message est clair : la souveraineté ne peut pas attendre une décision commune des 27 pays de l’UE. Il faut agir maintenant, territoire par territoire, entreprise par entreprise.
Ce que cela change ?
Pour les professionnels — dirigeants, DSI, responsables innovation, responsables achats tech — ce manifeste est un signal fort.
Il ne s’agit plus seulement de débattre de souveraineté numérique : il est temps de prendre position, voire de passer à l’action.
Concrètement, une entreprise pourrait :
- Référencer systématiquement au moins une solution souveraine pour chaque appel d’offre cloud ou IA
- Donner la priorité aux fournisseurs européens lors des achats IT stratégiques
- Participer à la co-construction de standards souverains via des alliances industrielles
- Contribuer activement à des programmes comme Gaia-X ou les data spaces européens sectoriels
À l’inverse, continuer à dépendre d’outils extra-européens, souvent opaques sur le plan des données, entraîne des risques juridiques, de souveraineté et de conformité (notamment avec le RGPD et la législation sur l’IA).
Mon avis ? Entre opportunité et obligation stratégique, mon coeur balance…
Ce manifeste arrive à un moment charnière.
Les acteurs français de la tech, comme Mistral ou Hugging Face, montent en puissance, mais peinent encore à rivaliser avec OpenAI ou Microsoft.
Pourtant, l’écosystème existe.
Les outils aussi.
Ce qu’il manque, c’est une volonté collective — et un soutien affirmé des grands donneurs d’ordre.
Il est temps de repenser la chaîne de valeur du numérique : financement, accès aux marchés, normalisation, mutualisation de ressources techniques.
Dans un monde fragmenté, l’indépendance numérique n’est plus une option… mais une condition de résilience.

Fondateur de LEPTIDIGITAL et SUPASST, je suis également consultant spécialisé en acquisition de leads B2B (SaaS). Passionné par le marketing digital, l’intelligence artificielle et le SEO. Avant de devenir indépendant, j’ai occupé des postes clés en tant que SEO Manager et responsable e-commerce pour plusieurs grandes entreprises (Altice Media, Infopro Digital, Voyage Privé et le Groupe ERAM). Sur le plan perso, je suis un curieux insatiable, également passionné par la photographie, le badminton et les voyages. Pour toute demande de partenariat, privilégiez LinkedIn ou email ([email protected]).