
L’essentiel en bref
- ChatGPT perd 23,7 points de part de trafic en douze mois, de 76,4 % à 52,7 % (Similarweb, juin 2026).
- Gemini triple sa part, de 9,1 % à 27,8 %. Claude la multiplie par 5,7, de 1,6 % à 9,2 %.
- Claude a réalisé l’essentiel de sa progression sur un seul trimestre, de 2,2 % à 8,0 % entre janvier et avril 2026.
- DeepSeek, Grok et Perplexity reculent tous les trois. Le marché ne s’est pas fragmenté, il s’est redistribué entre trois acteurs.
Ce que montre le tracker Similarweb sur douze mois

Le relevé porte sur le trafic web mondial des sites de chatbots, tous appareils confondus.
En juin 2025, ChatGPT captait 76,4 % de ce trafic, un an plus tard, il n’est plus qu’à 52,7 %.
La bascule ne s’est pas faite en douceur, le décrochage le plus net a eu lieu entre janvier et avril 2026 : 63,2 % puis 53,7 %, soit 9,5 points en un trimestre (sur le graphique, c’est la marche d’escalier visible entre les barres 2026-02 et 2026-03).
Depuis, la chute ralentit nettement : 53,7 % puis 52,7 % sur les trois derniers mois.
Gemini suit la trajectoire inverse, de 9,1 % à 27,8 % en douze mois, soit 18,7 points gagnés. Là aussi, la courbe s’aplatit depuis avril, autour de 27 %.
Les autres plateformes ne profitent pas du mouvement.
DeepSeek passe de 4,6 % à 3,6 %, Grok de 3,3 % à 2,5 %, Perplexity de 1,8 % à 1,1 %, Copilot fait du surplace à 2,0 %.
Claude, la vraie surprise du graphique
Le duel ChatGPT contre Gemini occupe toute la couverture médiatique mainstream mais cela masque le mouvement le plus brutal de l’évolution réelle :
Claude était à 1,6 % il y a un an, et encore à 2,2 % en janvier 2026, trois mois plus tard, il est à 8,0 %. Aujourd’hui, à 9,2 %, il dépasse DeepSeek, Grok, Perplexity et Copilot réunis.
Ce décalage a une explication géographique, l’usage de Claude est le plus américano-centré du panel.
Sa part aux États-Unis atteignait 13,4 % en mai 2026 contre 9,2 % au niveau mondial, toujours selon les données Similarweb.
Pour une équipe marketing française : Claude pèse déjà lourd sur vos audiences B2B et tech anglophones mais beaucoup moins sur une cible grand public francophone.
Si vos prospects sont des développeurs, des consultants ou des acheteurs SaaS, le sujet vous concerne maintenant, et pas dans six mois.
C’est aussi ce qui explique la vague de contenus sur la bascule d’un assistant vers l’autre observée depuis le printemps.
Ce que ces chiffres ne disent pas
Trois limites à garder en tête :
1- Une part qui baisse n’est pas un volume qui baisse.
Le marché de l’IA générative a fortement grossi sur la période.
ChatGPT peut perdre 23 points de part tout en conservant un volume de visites à peu près stable, ce que suggèrent les relevés Similarweb sur un an.
Le titre « ChatGPT s’effondre » est faux. Le bon titre est « ChatGPT ne capte plus la croissance ».
2- La mesure ne couvre que le web.
Pas les applications mobiles, pas les appels API, pas les AI Overviews de Google.
Gemini bénéficie d’un avantage structurel : la préinstallation sur Android et l’intégration dans Workspace génèrent des sessions que l’utilisateur n’a pas toujours choisies.
Sa part « web » est donc mécaniquement flattée par rapport à un usage réellement intentionnel.
3- Part d’audience et part de trafic référent sont deux choses différentes.
Une plateforme peut peser 28 % de l’audience et envoyer très peu de clics vers les sites externes.
C’est précisément l’écart qu’il faut mesurer dans vos propres analytics, et non déduire de ce graphique.
Ce que ça change concrètement pour vos stratégies GEO
Quatre décisions découlent directement de ces chiffres :
- Sortez du suivi mono-plateforme. Un monitoring calé sur ChatGPT seul ignore 47 % du marché. Le socle minimum aujourd’hui, c’est ChatGPT, Gemini et Claude, qui pèsent ensemble 89,7 %.
- Arbitrez vos efforts sur Perplexity. À 1,1 % et en recul continu, la plateforme reste utile pour la veille, beaucoup moins comme canal d’acquisition. Le temps que vous y passez est probablement mieux investi sur Gemini.
- Traitez Gemini comme un sujet Google, pas comme un sujet IA. Sa croissance vient de la distribution. Vos chantiers de citation par les IA génératives et vos chantiers SEO classiques se rejoignent sur les mêmes contenus.
- Ne négligez pas le suivi Claude si votre cible est B2B, surtout si votre audience cible est très « tech ». Sa part US et son profil d’usage en font un canal à surveiller pour les éditeurs de logiciels et les prestataires tech.
Sur le plan de la mesure et de l’attribution du trafic référent, une large part du trafic référent issu des IA arrive sans en-tête de provenance, ce qui fausse ainsi les données des plateformes d’analyse de trafic web comme GA4, Plausible et Matomo. Il atterrit souvent en « direct » dans GA4 et disparaît de vos rapports de canaux.
Notre verdict :
Trois acteurs concentrent aujourd’hui 90 % du trafic, exactement comme il y a un an. Ce qui a changé, ce sont leurs noms. Pour une équipe marketing, l’urgence n’est pas de couvrir dix plateformes, mais d’en couvrir trois correctement, et de vérifier que ses outils de mesure distinguent bien Claude de Gemini de ChatGPT.
PS : si vous n’avez encore rien mis en place sur tout ce qui est prompt tracking, n’hésitez pas à consulter notre article sur les outils dédiés au suivi GEO.
Et vous, quelle part de votre trafic référent IA vient déjà d’autre chose que ChatGPT ?

Fondateur de LEPTIDIGITAL et SUPASST, je suis également consultant spécialisé en acquisition de leads B2B (SaaS). Passionné par le marketing digital, l’intelligence artificielle et le SEO. Avant de devenir indépendant, j’ai occupé des postes clés en tant que SEO Manager et responsable e-commerce pour plusieurs grandes entreprises (Altice Media, Infopro Digital, Voyage Privé et le Groupe ERAM). Sur le plan perso, je suis un curieux insatiable, également passionné par la photographie, le badminton et les voyages. Pour toute demande de partenariat, privilégiez LinkedIn ou email ([email protected]).