Faire appel à un freelance paraît simple jusqu’au moment de signer : il faut vérifier son immatriculation et ses cotisations, rédiger un contrat, suivre les factures, payer dans les délais et, pour une grande entreprise, faire passer chaque prestataire dans le référencement fournisseurs. Malt s’est construit pour traiter ce problème. La plateforme parisienne sert à la fois de place de marché pour trouver un indépendant et d’outil de gestion des freelances déjà en poste.
Quel problème Malt règle, et pour qui
Malt s’adresse à deux publics qui se rencontrent sur la même plateforme. Côté entreprise, il vise autant la PME qui cherche un développeur pour trois semaines que la direction des achats d’un grand groupe qui gère des centaines d’indépendants. Côté freelance, il s’adresse surtout aux métiers de la tech, de la data, du marketing, du design et du conseil, qui y trouvent des missions et délèguent la partie administrative.
Le cœur de l’offre est l’intermédiation : Malt devient le fournisseur unique de l’entreprise. Au lieu de recevoir un devis et une facture par indépendant, le client reçoit des documents homogènes, et la plateforme se charge de contrôler les documents légaux des freelances pour limiter les risques de prêt illicite de main-d’œuvre. Pour qui hésite encore entre plusieurs places de marché, notre comparatif des plateformes pour trouver un freelance donne une vue d’ensemble.
Comment se déroule une mission sur Malt
Le parcours décrit dans le centre d’aide suit cinq étapes, du besoin au paiement :
- Le brief : vous tapez un besoin en langage courant ou importez une fiche de poste en PDF. L’IA en tire un intitulé, un niveau d’expérience, au moins dix compétences, un tarif journalier, une durée, un lieu et une date de début, que vous ajustez.
- La sélection : la plateforme propose des profils correspondants ; vous en retenez jusqu’à six et leur envoyez le brief. Selon l’éditeur, les freelances répondent en général sous 24 heures.
- Le devis : le freelance envoie un devis depuis Malt, que vous acceptez en ligne. Les conditions générales (préavis, confidentialité, RGPD) sont intégrées au contrat.
- Le paiement : soit vous prépayez la mission sur un compte séquestre, soit vous réglez sur facture en fin de mission ou de mois (à partir de l’offre Advanced).
- La clôture : vous validez la fin de mission, Malt verse le freelance et vous recevez deux factures, l’une pour la prestation, l’autre pour les frais de service.
Pour les profils de direction, Malt Strategy fonctionne autrement : les consultants en management et managers de transition n’apparaissent pas dans la recherche. Vous déposez un projet et l’équipe Malt vous propose des candidats, sélectionnés sur leur parcours (au moins deux ans dans un cabinet de conseil de premier plan, ou dix ans de direction pour les managers de transition). Une formule de micro-consulting, encore en bêta, permet aussi de réserver un appel d’une heure avec un expert, payé à la réservation.
Ce que la plateforme apporte côté freelance
L’indépendant crée un profil, fixe son tarif et gère sa disponibilité, qu’il doit reconfirmer régulièrement pour rester visible. Les devis et factures sont générés automatiquement, une assurance responsabilité civile couvre chaque mission et le paiement intervient sous dix jours pour les projets éligibles, quel que soit le délai de règlement du client. Un programme de statut, Super Malter, récompense l’activité et les avis clients. L’application mobile, réservée aux freelances, reprend l’essentiel : messages, devis, disponibilité, suivi des projets et rapports d’activité.
Le point à intégrer dès le départ est le coût : les frais de service freelance sont déduits du montant facturé, ce qui oblige à ajuster son tarif journalier. Le sujet du TJM des freelances face aux agents IA montre à quel point cette marge compte dans les métiers du contenu et du développement.
Cas d’usage par profil
La start-up qui recrute ponctuellement. Sans abonnement, l’offre Starter suffit pour trouver un designer ou un développeur sur une mission courte : brief rédigé par l’IA, devis accepté en ligne, paiement anticipé sur compte séquestre. Le coût se limite aux frais de service de la mission.
L’entreprise qui travaille déjà avec ses freelances. Malt Open permet d’inviter les indépendants connus pour faire passer leurs contrats et factures par la plateforme. L’intérêt est administratif : un seul fournisseur, des documents légaux vérifiés et des tableaux de bord de dépenses par équipe et par famille de métiers.
Le grand compte doté d’un outil d’achats. L’intégration Punchout fait remonter chaque devis dans l’ERP ou l’outil P2P : une fois la demande d’achat approuvée, le bon de commande est envoyé à Malt et le devis s’accepte automatiquement. Une API couvre aussi les factures, les paiements et la gestion des utilisateurs via SCIM.
Face à Upwork, Fiverr et Crème de la Crème
Upwork et Fiverr jouent sur un vivier mondial et des missions souvent plus courtes, avec une forte présence anglophone. Fiverr se distingue par ses prestations packagées à prix fixe, là où Malt fonctionne au devis et au tarif journalier. Malt se place sur le marché européen, avec des contrats et une conformité pensés pour le droit du travail français et des intégrations destinées aux services achats.
Crème de la Crème mise sur une communauté sélectionnée et un accompagnement plus encadré. Malt reste ouvert à tous les freelances sur sa marketplace et réserve la sélection à Malt Strategy. Pour les entreprises qui comparent plus largement les outils de gestion des talents, notre sélection de logiciels RH complète ce tour d’horizon.
Les limites à connaître
- Les frais se cumulent : le client paie ses frais de service et le freelance les siens, ce qui pèse sur le prix final d’une mission longue.
- L’avance de trésorerie dépend d’une analyse financière du client par des partenaires de Malt ; les factures sous 2 000 € ont peu de chances d’être financées selon le centre d’aide.
- Les cartes American Express et PayPal ne sont pas acceptées pour régler une mission.
- Malt ne remplace pas le portage salarial : il met en relation avec des indépendants immatriculés. Si votre besoin relève du salariat porté, lisez notre article sur le portage salarial.
Quelle offre choisir
Pour une ou deux missions par an, Starter suffit : vous payez la mission d’avance et les frais les plus bas. Dès que vous travaillez avec plusieurs freelances en parallèle ou avec vos propres indépendants, Advanced devient plus logique, car il débloque le paiement sur facture, Malt Open, le reporting et un Account Manager. Enterprise s’adresse aux organisations qui doivent brancher Malt sur leur outil d’achats, valider des budgets ou négocier des contrats sur mesure.
Avant de choisir, calculez le volume de missions prévu sur douze mois et comparez l’écart de frais entre Starter et Advanced à la valeur du paiement différé. Côté freelance, vérifiez votre statut avant de vous lancer : les frais Malt sont soumis à la TVA, récupérable seulement si vous la collectez, un point détaillé dans notre guide sur le statut à choisir pour une activité freelance.







