Une application installée puis oubliée, un lecteur qui ne revient sur votre site que par hasard, un panier rempli puis abandonné : le problème est le même, vous perdez le contact au moment où l’utilisateur part. OneSignal a été conçu par des développeurs d’applications qui cherchaient un moyen simple de rappeler leurs utilisateurs. La société, qui a ses bureaux à San Mateo et San Francisco, est d’abord connue pour la notification push, puis a ajouté l’e-mail, le SMS, le RCS et les messages in-app.
Quel problème OneSignal règle, et pour qui
OneSignal sert à garder le lien avec une audience qui ne vous a laissé qu’un abonnement : un appareil autorisé à recevoir des notifications, une adresse e-mail ou un numéro de téléphone. La plateforme relie ces abonnements à un même profil grâce à un identifiant externe, ce qui évite d’envoyer deux fois le même message à une personne qui utilise votre application et votre site.
L’éditeur cible quatre familles d’utilisateurs : les applications mobiles grand public, les studios de jeux, les sites médias et les e-commerçants, avec une offre spécifique pour la finance. Sa documentation propose pour chacune un guide de mise en œuvre : tags de cycle de vie pour un jeu, centres d’intérêt par rubrique pour un média, relance de panier pour une boutique, messages de conformité pour une fintech.
Comment se passe la mise en route
Tout commence par l’intégration technique. Pour une application, un développeur ajoute le SDK (Android, iOS, Flutter, React Native, Expo ou Unity) et l’initialise avec l’identifiant de l’application ; OneSignal fournit même des consignes prêtes à coller dans un assistant de code. Pour un site, le SDK web et un service worker suffisent. Sous WordPress, le plugin officiel en version 3 renvoie tous les réglages d’invite vers le tableau de bord OneSignal et ajoute dans l’éditeur d’article une case qui envoie la notification à la publication. Côté Shopify, l’intégration passe par l’application partenaire Vendo, qui installe le SDK sans toucher au thème.
Une fois les canaux branchés, le travail se fait dans le tableau de bord : création des segments, rédaction des messages avec aperçu, programmation, puis lecture des rapports. Le tableau de bord reste en anglais, mais la documentation, y compris les guides de démarrage et les pages sur les Journeys ou la segmentation, existe en français. Les messages, eux, peuvent partir en plusieurs langues : OneSignal relève la langue de l’appareil et vous ajoutez une version par langue dans le même envoi.
Cas d’usage concrets selon votre profil
- Site média : une notification web à chaque article publié, envoyée à un segment par rubrique, avec une invite d’abonnement affichée après quelques pages vues plutôt qu’à l’arrivée. Ce canal a ses partisans, comme le montre notre analyse sur l’intérêt du web push pour les marques.
- E-commerce : un Journey de panier abandonné qui envoie un push, attend, puis bascule sur l’e-mail ou le SMS si le premier message n’a pas été ouvert.
- Application mobile : une séquence d’onboarding qui guide l’utilisateur vers sa première action utile, et des Live Activities pour suivre une livraison ou un score sur l’écran verrouillé de l’iPhone.
- Fintech : codes à usage unique et alertes de compte par SMS, avec un expéditeur dédié pour que la désinscription d’une campagne promotionnelle ne coupe pas les messages de sécurité.
Si votre projet en est encore au stade de l’application, notre guide pour créer une application mobile vous aidera à poser les bases avant de penser aux notifications. Et pour une stratégie de rétention plus large, les outils de fidélisation complètent bien un outil de messagerie.
OneSignal face à Batch, Airship et Brevo
Batch, éditeur français, et Airship visent surtout les applications mobiles de grandes marques, avec un accompagnement commercial et des contrats négociés. Brevo part de l’autre côté : c’est d’abord un outil d’e-mail et de SMS, pensé pour des équipes marketing francophones, qui a élargi son offre vers d’autres canaux.
OneSignal se place entre les deux : un point d’entrée gratuit et un plan Growth au mois, sans passer par un commercial, et une couverture du push, des Live Activities et du in-app plus poussée que chez un outil d’e-mailing. Si votre besoin principal est le SMS, comparez aussi les plateformes de SMS marketing et les solutions SMS et RCS, souvent mieux placées sur les tarifs d’envoi en France.
Les limites à connaître avant de vous engager
Le premier point concerne le plan Free. Depuis le 1er septembre 2026 pour les nouveaux comptes et le 1er octobre 2026 pour les comptes existants, l’envoi de push mobile et de messages in-app s’arrête au-delà de 1 000 utilisateurs actifs mensuels. Ce plafond compte tous les utilisateurs qui ont ouvert l’application dans les 30 derniers jours, qu’ils aient accepté les notifications ou non. Une application qui décolle passe donc vite au payant.
Le second tient à la facturation. OneSignal facture en dollars, uniquement, et le plan Growth additionne des frais fixes et un coût par utilisateur actif, par abonné web et par tranche d’e-mails. Le montant varie d’un mois à l’autre avec votre audience, ce qui complique la prévision budgétaire. Enfin, plusieurs fonctions attendues par une équipe CRM, comme les métriques de conversion, l’export CSV des notifications ou les analyses avancées, ne sont pas disponibles sur les formules au mois.
Quel plan choisir
Le plan Free suffit pour un site qui veut tester le push web ou une application qui reste sous les 1 000 utilisateurs actifs mensuels : tous les canaux sont ouverts, avec trois Journeys et six segments. Growth convient dès que l’audience mobile dépasse ce seuil ou que vous avez besoin de plus de parcours, de l’envoi au meilleur moment pour chaque utilisateur et des intégrations Mixpanel, Amplitude, Segment ou HubSpot. Servez-vous du simulateur de la page tarifs pour estimer la facture avec vos volumes réels avant de vous abonner.
Professional et Enterprise passent par un contrat annuel. Ils se justifient quand vous menez des tests à plus de deux variantes, que vous voulez mesurer les conversions après un message, que vous envoyez assez d’e-mails pour une IP dédiée ou que votre service juridique exige un SLA et un pack de sécurité. À ce niveau, demandez un devis en même temps qu’à Batch ou Airship pour comparer à périmètre égal.








