Traduire un site ne se limite pas à passer ses textes dans un traducteur : il faut afficher chaque langue sous sa propre adresse, déclarer ces versions à Google, suivre les nouvelles pages et corriger les tournures maladroites. Weglot, start-up parisienne fondée en 2016 par Rémy et Augustin, vend ce travail sous forme de service : vous branchez votre site, choisissez vos langues, et la plateforme se charge de traduire, publier et maintenir les versions étrangères.
Quel problème Weglot règle, et pour qui
Un traducteur de page web classique traduit à la volée pour le visiteur, sans créer de pages indexables. À l’inverse, une extension comme WPML demande de construire chaque traduction dans WordPress. Weglot se place entre les deux : les pages traduites existent sous des URL dédiées (/fr/, /it/ ou it.monsite.com), mais vous n’avez rien à dupliquer dans votre CMS. Les traductions sont stockées dans la base de Weglot, hébergée chez AWS à Francfort, et injectées dans la page au moment où elle est servie.
Le public visé est large : boutiques en ligne qui ouvrent un marché, équipes marketing sans traducteur interne, agences qui livrent des sites multilingues, sites publics et établissements d’enseignement. Le point commun : un site déjà en ligne, souvent hors WordPress, que l’on veut décliner en plusieurs langues sans mobiliser de développeur.
Comment fonctionne Weglot : proxy inverse ou JavaScript
La présentation technique de l’éditeur décrit deux modes d’intégration, et le choix compte pour votre référencement.
- Le proxy inverse : un visiteur demande la version italienne, la requête passe par les serveurs de Weglot, qui récupèrent la page d’origine, la traduisent via l’API et renvoient le HTML traduit. Vous créez un enregistrement CNAME par langue (sous-domaines) ou pointez votre DNS principal vers Weglot (sous-répertoires). Les intégrations WordPress, Shopify ou Webflow reposent sur ce principe.
- L’extrait JavaScript : quelques lignes collées dans la page suffisent, mais la traduction se fait dans le navigateur, après chargement. Les moteurs de recherche ne voient donc pas les textes traduits. L’éditeur le réserve aux tests, aux contenus privés ou aux applications internes.
Ce point pèse aussi pour la visibilité dans les moteurs de réponse : en mode proxy, le texte traduit figure dans le code source, lisible par les robots qui n’exécutent pas de JavaScript. Weglot précise toutefois qu’un site entièrement rendu côté client (React ou Vue sans Next.js ni Nuxt) renvoie une page vide aux robots, traduite ou non.
Installation et prise en main
Sur WordPress, l’extension WordPress Weglot 2.0 détecte articles, menus, produits WooCommerce, widgets et pop-ups. Sur Shopify, Wix ou Squarespace, une application officielle fait le lien ; sur Webflow, Framer, Bubble ou un site sur mesure, vous passez par la configuration DNS. Le catalogue d’intégrations couvre aussi Drupal, PrestaShop, Magento, HubSpot, Zendesk ou des générateurs comme Lovable et Bolt.new. Si vous hésitez sur votre socle, notre point sur le fonctionnement de Webflow montre pourquoi ce type d’outil sans code passe par un service externe pour le multilingue.
Une fois le site connecté, tout se pilote depuis le tableau de bord Weglot. Le centre d’aide, disponible en français, recense cinq façons de reprendre une traduction automatique :
- la liste des traductions, avec recherche, filtre par URL et tri par date ;
- le Visual Editor, qui permet de corriger directement dans l’aperçu de la page ;
- les règles de glossaire, pour fixer une fois pour toutes la traduction d’un nom de produit ou d’un terme métier ;
- le modèle de langage IA, réglé sur la description du site, son ton et son public ;
- la commande de traductions professionnelles auprès d’agences partenaires, livrées sous 48 à 72 heures.
Chaque correction manuelle est réappliquée aux contenus qui contiennent la même phrase, ce qui évite de corriger dix fois le même bouton. Côté technique, vous pouvez exclure des URL ou des blocs via un sélecteur CSS, utile pour ne pas envoyer de données personnelles à la traduction.
Cas d’usage par profil
Boutique en ligne qui ouvre un marché
Une boutique Shopify qui vend en France et veut tester l’Espagne a besoin de fiches produit, du tunnel de commande et des e-mails de confirmation traduits, plus d’URL indexables en espagnol. C’est le cas d’usage le plus direct : la détection automatique suit les nouveaux produits sans intervention.
Équipe marketing sans traducteur
Pour un site vitrine de PME qui publie des articles chaque semaine, l’intérêt tient à la synchronisation : chaque nouvelle page est traduite et publiée d’office. Le glossaire et le modèle de langage limitent les relectures aux pages qui comptent vraiment, comme les pages de prix ou les formulaires.
Agence web
Une agence gère plusieurs sites clients sous un compte unique, configure le projet, puis transfère l’espace de travail au client en un clic. Le programme partenaire offre trois mois de période d’intégration gratuite et une réduction à vie sur chaque nouveau projet, avec une commission de 10 à 25 % selon le nombre de projets apportés.
Weglot face à WPML, TranslatePress et un traducteur brut
- Face à WPML : WPML ne fonctionne que sur WordPress et stocke les traductions dans la base du site, avec une gestion multidevise pour WooCommerce. Weglot couvre tous les CMS et s’installe plus vite, mais vous restez dépendant de son abonnement pour afficher vos traductions.
- Face à TranslatePress : autre extension WordPress, avec édition visuelle sur la page. Elle convient à un site WordPress unique qui veut garder ses traductions chez lui ; Weglot s’impose dès que le site tourne sur Shopify, Webflow ou Wix.
- Face à DeepL ou Google Traduction : ces traducteurs gratuits traduisent du texte mais n’affichent rien sur votre site. Weglot s’appuie sur eux pour la première traduction et ajoute l’affichage, les URL, le hreflang et l’édition collaborative.
Les limites à connaître avant de souscrire
Le modèle de facturation est le premier point à vérifier. Le quota de mots traduits est un total fixe, cumulé sur toutes les langues : traduire 20 pages de 500 mots en deux langues consomme 20 000 mots. Au-delà, les traductions s’interrompent, sauf si vous avez activé la mise à niveau automatique vers le forfait supérieur.
Deuxième point, la dépendance : vos traductions vivent chez Weglot. Vous pouvez demander une copie de vos traductions par écrit, et l’export CSV ou XLIFF est inclus dès Advanced, mais résilier l’abonnement fait disparaître les versions étrangères du site. Enfin, l’assistance des forfaits publics passe par e-mail, en anglais et en français ; le support dédié est réservé à l’offre Entreprise.
Quel forfait choisir
Commencez par compter les mots de votre site avec l’outil gratuit de l’éditeur, puis multipliez par le nombre de langues visées. Starter suffit pour un petit site traduit dans une seule langue. Business est le premier forfait pertinent pour une PME qui vise trois marchés. Passez à Pro si vous voulez des URL traduites (/fr/a-propos devenant /en/about), plusieurs sites ou une équipe de relecteurs : c’est souvent le palier qui compte pour le référencement international. Advanced et Extended se justifient pour les catalogues de plusieurs centaines de milliers de mots ou un domaine par pays.
Pour situer ce budget, rappelez-vous que la plupart des sites tournent sur une poignée de CMS, comme le montre notre étude des parts de marché des CMS : sur WordPress, une extension à licence annuelle reste une alternative à comparer, alors que sur les autres plateformes, Weglot est souvent la voie la plus courte vers un site multilingue indexable.








