Rendre un site WordPress multilingue ne se limite pas à traduire des articles. Il faut aussi traduire les menus, les widgets, les textes du thème et des extensions, les fiches produit, les e-mails de commande, puis donner à chaque langue ses propres adresses pour que Google les indexe. WPML regroupe ce travail dans une extension unique, éditée depuis 2007 par OnTheGoSystems, une société enregistrée à Hong Kong dont l’équipe travaille à distance. Elle se range parmi les extensions WordPress qui transforment le fonctionnement du site plutôt que d’ajouter une simple fonction.
Quel problème WPML règle, et pour qui
Sans extension dédiée, WordPress ne sait pas relier une page à sa traduction : vous dupliquez les contenus à la main, sans sélecteur de langue ni balises hreflang. WPML ajoute cette couche : chaque contenu a une langue, ses traductions lui sont rattachées, et l’extension gère l’affichage, les URL et le référencement de chaque version.
Le public visé va du blog traduit par son auteur au site d’entreprise qui travaille avec une agence de traduction, en passant par les boutiques WooCommerce et les agences web qui livrent des sites multilingues à leurs clients. À la différence d’un traducteur de page web qui traduit à la volée pour le visiteur, WPML crée de vraies pages dans chaque langue, stockées dans la base WordPress et indexables.
Installation et prise en main
WPML ne se télécharge pas depuis le répertoire WordPress.org. Le guide de démarrage passe par OTGS Installer, une petite extension qui récupère le noyau et les modules complémentaires, puis par l’enregistrement d’une clé de site liée à votre compte. L’assistant de configuration prend ensuite le relais, en six étapes :
- la langue source du site, à fixer avec soin car la modifier plus tard est plus compliqué ;
- les langues de traduction, modifiables ensuite dans les réglages ;
- le format d’URL : sous-répertoire (/fr/), domaine distinct par langue ou paramètre ?lang=, ce dernier étant déconseillé par l’éditeur ;
- le moteur de traduction automatique, PTC par défaut, DeepL, Google et Microsoft étant présentés comme des moteurs hérités ;
- le mode de traduction : tout traduire automatiquement, ou choisir les contenus un par un ;
- en mode automatique, un écran de coût qui liste les pages, articles et menus concernés avant tout lancement.
En mode automatique, WPML traduit d’abord l’accueil, puis les pages reliées aux menus, puis le reste ; articles et produits viennent ensuite. La progression se suit dans WPML, menu Traductions. Pour les contenus traduits à la main, deux éditeurs coexistent : l’éditeur avancé, qui affiche texte source et traduction côte à côte et protège le HTML et les liens, et l’éditeur classique, champ par champ. Notez que la version 5 de WPML, qui réorganise le menu d’administration et facture chaque page une seule fois en mode automatique, était encore présentée en bêta lors de notre collecte.
Comment fonctionne la traduction IA
PTC, pour Private Translation Cloud, est le moteur maison de l’éditeur. Lors de la configuration, vous décrivez en une ligne le sujet et le public du site, ce qui sert à caler le ton et le niveau de formalité. Le glossaire, accessible depuis le menu Traductions, fixe la traduction d’un terme ou le garde dans sa forme d’origine (nom de marque, nom de produit) ; il s’importe et s’exporte en CSV. PTC l’applique toujours, DeepL peut l’ignorer selon le contexte, Google et Microsoft ne l’utilisent pas.
Côté budget, les mots consommés se décomptent du quota inclus dans la formule, puis passent soit en paiement à la consommation (500 mots gratuits par mois, prix dégressif selon le volume et le moteur), soit en paquets prépayés qui n’expirent pas. Deux seuils de sécurité, à 100 € puis 4 000 € dans le mois, déclenchent une facturation anticipée en paiement à la consommation. Avant de lancer la traduction de tout un site, lisez donc l’écran de coût de l’assistant.
Cas d’usage par profil
Blog personnel. Si vous traduisez vous-même quelques articles dans l’éditeur WordPress, la formule d’entrée suffit. Elle couvre un site en production et trois de développement, mais pas la traduction des textes du thème ni des menus : vérifiez que votre thème n’affiche pas trop de libellés fixes dans votre langue source.
Boutique WooCommerce. Le module multilingue et multidevise traduit produits simples, variables et groupés, attributs, panier, tunnel de commande et e-mails, envoyés dans la langue de la commande. Les prix par devise sont saisis à la main ou convertis par taux de change, et chaque devise peut avoir ses propres moyens de paiement. Ce module complète les plugins WooCommerce déjà installés sur la boutique.
Site d’entreprise avec traducteurs. La gestion de traduction attribue des contenus à vos traducteurs internes ou les envoie à l’un des 96 services de traduction référencés par WPML, sans quitter l’administration. Les traductions reviennent dans WordPress, prêtes à relire.
Agence web. La licence Multilingual Agency couvre un nombre illimité de sites. WPML 5 ajoute un tableau de bord d’agence pour suivre la consommation de mots par site, fixer des plafonds de dépense et réaffecter des mots d’un site à l’autre. Les développeurs disposent de hooks, de constantes et de shortcodes documentés, et d’un module GraphQL pour les sites headless.
Face à Polylang, TranslatePress et Weglot
Polylang suit la même logique que WPML, avec des traductions stockées dans la base WordPress, et convient à qui cherche une extension plus légère, avec moins de modules. TranslatePress mise sur une traduction directement depuis l’interface publique du site, appréciée pour sa simplicité visuelle. Weglot fonctionne comme un service en ligne qui gère les traductions hors de WordPress, sans réglages techniques. WPML se distingue par l’étendue de sa couverture (chaînes de thème, WooCommerce multidevise, formulaires, constructeurs de pages), son moteur de traduction propre et l’intégration de services de traduction professionnels, au prix d’une configuration plus dense.
Les limites à connaître
- Une licence qui expire laisse WPML fonctionner et les traductions s’afficher, mais coupe les mises à jour et le support, et empêche d’enregistrer un nouveau site.
- Les sites de développement affichent une bannière WPML sur leur partie publique.
- Les traductions faites avec DeepL, Google ou Microsoft ne sont ni garanties ni remboursables, contrairement à celles de PTC, couvertes 60 jours.
- Certaines fonctions WooCommerce dépendent de la version de la boutique : panier et commande en blocs à partir de WooCommerce 8.3, marques natives à partir de 9.2.
Quel plan choisir
Multilingual Blog ne convient qu’à un site unique, sans boutique ni constructeur de pages, traduit dans l’éditeur WordPress. Dès qu’un thème, un menu ou une extension affiche du texte à traduire, ou que vous vendez avec WooCommerce, Multilingual CMS devient le vrai point d’entrée : trois sites en production, toutes les extensions et 22 500 mots de traduction IA rechargés chaque année. Multilingual Agency se justifie à partir de quatre sites en production ou si vous comptez traduire davantage par IA, avec 45 000 mots inclus. Le passage à la formule supérieure se fait à tout moment en payant la différence, et le remboursement intégral sous 30 jours laisse le temps de vérifier la compatibilité avec votre thème. Pour un projet qui démarre de zéro, notre guide pour créer un blog WordPress pose les bases avant d’ajouter les langues.








