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Le verdict des données : tous les écrans ne se valent pas pour l’attention des enfants
Une équipe de chercheurs en neurosciences et psychologie de l’enfant, dirigée par Torkel Klingberg (professeur à l’Institut Karolinska, Stockholm), a suivi plus de 8 000 enfants américains pendant quatre ans.
Leurs résultats, publiés en décembre 2025 dans Pediatrics Open Science, montrent que l’usage intensif des réseaux sociaux (Instagram, TikTok, Snapchat, etc.) est associé à une augmentation progressive des signes d’inattention chez les enfants.
En revanche, les jeux vidéo, la télévision ou les vidéos en ligne ne présentent pas le même impact.
Le piège des réseaux sociaux : pourquoi ils perturbent l’attention comme aucun autre écran ?
Les chercheurs avancent une explication assez simple à comprendre.
Les réseaux sociaux exposent les enfants à un flux constant de sollicitations : notifications, messages, vidéos courtes, contenus qui s’enchaînent, sans pause.
L’attention est sans cesse interrompue, puis relancée sur autre chose.
À l’inverse, regarder un programme à la télé ou jouer à un jeu demande souvent de rester concentré plus longtemps sur la même activité, sans interruptions aussi fréquentes.
Des signes discrets, une réalité collective
Les chercheurs insistent sur un point important : les effets observés restent faibles pour un enfant pris isolément.
Un enfant qui utilise les réseaux sociaux ne développe pas automatiquement un trouble de l’attention.
Il ne s’agit pas d’un diagnostic, ni d’une certitude médicale.
Mais lorsque ces petits changements concernent beaucoup d’enfants en même temps, ils deviennent visibles à l’échelle de l’ensemble de la population.
Un point clé : ni la génétique ni le milieu social n’expliquent tout
Les chercheurs ont aussi pris en compte :
- le milieu social des familles,
- le sexe des enfants,
- une prédisposition génétique aux troubles de l’attention.
Même en tenant compte de ces facteurs, le lien entre usage des réseaux sociaux et augmentation de l’inattention reste observable.
Ce que cette recherche ne permet pas encore de dire
Les chercheurs le reconnaissent eux-mêmes.
Ils ne peuvent pas encore déterminer :
- quels types précis de contenus sont les plus concernés,
- si créer du contenu ou simplement le consommer change les effets,
- comment ces usages influencent le sommeil ou les apprentissages scolaires.
Faut-il limiter les réseaux sociaux ? La réponse nuancée des scientifiques
Ces résultats ne disent pas que les réseaux sociaux sont “mauvais” par nature.
Ils montrent surtout que certains usages, lorsqu’ils deviennent très fréquents et fragmentés, peuvent influencer la capacité à rester concentré.
La question centrale devient alors : comment accompagner les enfants vers des usages plus équilibrés, sans diaboliser le numérique, mais sans ignorer ses effets.
Les chercheurs suggèrent donc :
- Encadrer le temps passé sur les plateformes comme TikTok ou Instagram, sans pour autant les bannir.
- Privilégier des activités numériques moins interruptives, comme les jeux vidéo (en sessions limitées) ou les films.
- Discuter avec les enfants de leur ressenti : se sentent-ils distraits, fatigués ou submergés après une longue session sur les réseaux ?

Rédactrice web pour LEPTIDIGITAL, je vous aide à décrypter l’actualité du numérique simplement. Pour me contacter : [email protected]
Je crains que vous n’ayez pas compris le graphique et que vous l’interprétiez mal.
La corrélation de l’inattention avec la télé est 2 fois plus élevé que la corrélation de l’inattention avec les réseaux sociaux.
Si on veut vraiment conclure quelque chose, il faut alors conclure l’exact contraire de ce que semble dire votre article car les réseaux sociaux nuisent bien moins à l’attention que les autres médias.
Bonjour Renaud,
C’est vrai que le graphique mis tel quel sans explications est trompeur. L’étude révèle que l’utilisation des réseaux sociaux est spécifiquement associée à une augmentation progressive des symptômes d’inattention au fil du temps, ce que la simple matrice ne montrait pas. Cette augmentation est spécifique aux réseaux sociaux et ne s’applique pas aux jeux vidéo ni à la télévision. Bien que l’effet annuel soit faible, l’effet cumulé sur 4 ans est significatif. Les enfants dans le quartile supérieur d’utilisation montrent une augmentation marquée des symptômes par rapport aux faibles utilisateurs.
L’étude suggère que ces résultats s’expliquent surtout par la nature des plateformes (notifications constantes, interruptions). Cela pourrait, selon eux, perturber les capacités attentionnelles, contrairement aux jeux vidéo et à la TV qui demandent une attention soutenue.
En tout cas, on vient de supprimer le graphique qui pouvait porter à confusion, merci pour ton commentaire 😉
Vincent