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Un rapport fondé sur des usages observés, pas sur des déclarations
Le rapport State of Search Q4 2025 de Datos repose sur l’analyse de milliards d’événements de navigation anonymisés, issus de panels desktop représentatifs aux États-Unis, en Europe et au Royaume-Uni, sur la période d’octobre à décembre 2025.
Contrairement aux études basées sur des sondages ou des intentions déclarées, ici, chaque chiffre correspond à un comportement réel : une recherche effectuée, un clic (ou son absence), une visite vers une plateforme donnée.
C’est précisément ce qui rend ce rapport intéressant : il permet de confronter le discours ambiant sur la « révolution de la recherche » à ce que font réellement les utilisateurs, au quotidien.
Fin 2025, la recherche traditionnelle reste encore le pilier central de la navigation

Premier constat, souvent à contre-courant des idées reçues : la recherche classique reste extrêmement stable.
En Q4 2025, elle représente toujours environ 10 % de l’ensemble des activités desktop, aussi bien aux États-Unis qu’en Europe.
Google domine toujours très largement ce paysage :
- 93 à 95 % des recherches desktop aux États-Unis,
- 94 à 96 % en Europe et au Royaume-Uni.
Les moteurs de recherche alternatifs (Bing, DuckDuckGo, Yahoo) progressent ou reculent à la marge, sans remise en cause de la hiérarchie globale.
Autrement dit, le point d’entrée principal vers l’information n’a pas changé.
Ce qui évolue n’est pas l’outil, mais l’intensité d’usage
Là où le signal devient plus intéressant, c’est sur le nombre de recherches effectuées par utilisateur.
Aux États-Unis, Google enregistre une baisse proche de 20 % du nombre moyen de recherches par personne entre 2024 et 2025, alors que la baisse reste limitée à 2 – 3 % en Europe.
Ce décrochage n’indique pas un abandon de Google, mais plutôt un changement de comportement :
Moins de requêtes successives pour une même intention, car les réponses sont obtenues plus rapidement.
La stabilisation du “zero-click” change la lecture du marché
Les recherches sans clic restent élevées, mais elles ne progressent plus. En Europe, elles se stabilisent autour de 22,5 % fin 2025, sans accélération notable sur le dernier trimestre.
Ce point est clé : la crainte d’une explosion incontrôlée du zero-click ne se matérialise pas (pour l’instant).
Les usages semblent entrer dans une phase de plateau.

Pour les éditeurs et les marques, cela signifie une chose : la perte de clics n’est plus un phénomène qui s’aggrave mécaniquement, mais un nouvel état d’équilibre à intégrer dans les stratégies de visibilité.
L’intention de recherche reste massivement informationnelle
Malgré les évolutions d’interface, la raison principale pour laquelle les internautes utilisent la recherche n’a pas changé.

En Q4 2025 :
- 55 à 63 % des requêtes aux États-Unis sont informationnelles,
- 52 à 59 % en Europe et au Royaume-Uni.
Les requêtes transactionnelles directes restent marginales, sous la barre des 2 %.
La recherche continue donc d’être avant tout un outil de compréhension, d’exploration et de comparaison, bien plus qu’un simple canal d’achat immédiat.
Les requêtes s’allongent : un signal discret mais structurant
Pour la première fois, Datos analyse l’évolution de la longueur des requêtes.

Le constat est clair : les recherches très courtes reculent lentement au profit de formulations plus explicites. Les requêtes de 6 à 9 mots progressent dans toutes les régions.
Aux États-Unis, les requêtes de 15 mots et plus gagnent aussi du terrain, avec davantage de volatilité qu’en Europe.
Les utilisateurs apprennent à exprimer un besoin complet en une seule requête, plutôt que d’itérer par essais successifs.
Les outils conversationnels progressent, sans pour autant renverser l’écosystème

Les plateformes conversationnelles poursuivent leur croissance, mais leur poids reste limité.
En décembre 2025, elles représentent moins de 1 % de l’ensemble des événements desktop, même si leur part a presque doublé sur un an.
ChatGPT reste largement en tête, particulièrement en Europe, tandis que Gemini progresse de manière continue et s’impose comme le principal challenger.
Les autres acteurs restent plus spécialisés et segmentés.
Ce qui ressort surtout, c’est que ces usages s’ajoutent à la recherche traditionnelle plus qu’ils ne la remplacent.
Le cas particulier du mode conversationnel intégré à Google
Le mode conversationnel de Google (mode IA) reste marginal en volume, mais sa trajectoire est constante.
Il progresse mois après mois, aussi bien aux États-Unis qu’en Europe dasn les pays où il est disponible, malgré un déploiement plus tardif sur ce dernier marché.
Son caractère encore optionnel limite son impact à court terme, mais il constitue un signal faible à surveiller de près, car il s’intègre directement au parcours de recherche existant.
Les destinations post-recherche IA évoluent peu… mais se concentrent

Après une recherche IA, les internautes continuent de se diriger vers les mêmes plateformes dominantes : Google, YouTube, Reddit, Amazon, Wikipédia ou Facebook.
Les variations observées sont minimes d’une année sur l’autre.
Les plateformes conversationnelles gagnent en visibilité dans ces classements, mais sans provoquer de redistribution massive du trafic.
Ce manque de mobilité dans les classements traduit un écosystème arrivé à maturité, où il devient de plus en plus difficile pour de nouveaux acteurs de capter une part significative de l’attention.
Le paradoxe du changement invisible
Contrairement aux idées reçues, il n’y a pas de révolution soudaine, mais une évolution lente et logique des habitudes en ligne.
Trois points importants à retenir :
- Les outils restent les mêmes (Google, réseaux sociaux, chatbots IA etc.), mais ils deviennent plus efficaces sans changer en apparence.
- Les besoins des utilisateurs ne changent pas (trouver des infos, acheter, communiquer), mais la façon de faire est plus rapide et plus précise.
- Les petites améliorations (moins de clics, résultats plus pertinents) transforment petit à petit l’expérience, sans tout bouleverser.
En résumé : Pas encore de grand choc tel qu’annoncé sur tous les réseaux sociaux, mais des progrès constants pour les chatbots IA qu’il convient de surveiller et d’anticiper.

Principalement passionné par les nouvelles technologies, l’IA, la cybersécurité, je suis un professionnel de nature discrète qui n’aime pas trop les réseaux sociaux (je n’ai pas de comptes publics). Rédacteur indépendant pour LEPTIDIGITAL, j’interviens en priorité sur des sujets d’actualité mais aussi sur des articles de fond. Pour me contacter : [email protected]