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Des publicités sur ChatGPT, oui mais au CPM ? Ce qu’il faut savoir

ChatGPT va afficher des publicités, c’est confirmé, mais le modèle envisagé risque de surprendre plus d’un annonceur. On ne parlerait pas des bannières au coût par clic, pas des liens sponsorisés comme sur Google, mais d’annonces facturées au CPM, intégrées directement dans les réponses. Pourquoi ce choix ? À qui s’adresse vraiment ce nouveau format ? Et qu’est-ce que cela implique pour les annonceurs ? On fait le point.

Un nouveau format publicitaire intégré dans la conversation des utilisateurs

Jusqu’ici, ChatGPT fonctionnait comme un espace neutre : une question, une réponse, sans interférence commerciale visible. Ce principe est en train d’évoluer.

Dès février, OpenAI prévoit d’afficher des publicités directement au bas des réponses générées, clairement séparées du contenu principal et identifiées comme « sponsorisées ».

Publicité dans ChatGPT

L’idée n’est pas de perturber la réponse, mais d’ajouter une zone commerciale dans un contexte où l’utilisateur est déjà engagé.

C’est un nouveau format publicitaire, adossé à une interface conversationnelle, où l’intention de l’utilisateur est plus précise que via une recherche traditionnelle sur un moteur de recherche.

Pourquoi OpenAI mise sur le CPM plutôt que le clic ?

Modèle CPM pour les publicités Open AI

Le point qui surprend le plus concerne le modèle de facturation : les annonceurs paieront par impression, et non au clic.

Une logique économique assumée

Ce choix garantit à OpenAI un revenu immédiat et prévisible.

Le CPM sécurise la rentabilité dès le départ, que le format soit rentable pour l’annonceur ou non.

Pour les annonceurs, le modèle est donc plus risqué : si aucuns clics ne sont générés, difficile de tracker la rentabilité du placement à court et moyen terme.

Une mesure de performance encore floue

Pour contrer cela, OpenAI évoque déjà une piste : analyser les questions de suivi posées par les utilisateurs après l’exposition à une publicité.

Si un utilisateur demande des précisions sur un produit sponsorisé, cela pourrait devenir un signal d’engagement.

Mais à ce stade, rien n’est standardisé, ni vraiment mesurable.

On est encore loin d’un tableau de bord publicitaire comparable à ceux des plateformes existantes sur les principales plateformes sociales ou sur celles des moteurs de recherche.

À qui s’adresse ce lancement initial ?

Les tests en cours concernent un nombre très limité d’annonceurs, invités à investir au moins un million de dollars chacun, sans outil d’achat en libre-service.

Cela signifie :

  • pas d’accès pour les PME ou les indépendants,
  • pas de gestion autonome des campagnes,
  • pas de ciblage fin tel qu’on le connaît sur les plateformes publicitaires traditionnelles.

Ce lancement ressemble davantage à un test grandeur nature qu’à une vraie offre publicitaire mature.

ChatGPT Go, version gratuite : le vrai déclencheur

L’arrivée des publicités coïncide avec le lancement de ChatGPT Go, une offre à 8 $ par mois financée en partie par la publicité.

Les utilisateurs gratuits verront également des annonces, tandis que les abonnés Plus, Pro et Enterprise en seront exclus, au moins pour l’instant.

On retrouve ici un schéma classique : la publicité devient la contrepartie de l’accès gratuit, tandis que l’abonnement garantit une expérience sans interruption commerciale.

Un choix stratégique qui pose encore des questions

Ce virage est d’autant plus intéressant que le dirigeant d’OpenAI qualifiait encore récemment la publicité de « dernier recours ».

Officiellement, les revenus progressent au même rythme que les coûts d’infrastructure.

Officieusement, peu d’éléments permettent aujourd’hui d’évaluer la rentabilité réelle du modèle.

Ce lancement rapide interroge donc sur plusieurs points :

  • la capacité à maintenir une expérience utilisateur perçue comme neutre,
  • la transparence sur la performance réelle des annonces,
  • l’équilibre entre monétisation et confiance.

Les perspectives crédibles offertes par ce modèle

À court terme, il serait illusoire d’y voir un nouveau levier de performance comparable au search ou au social ads.

En revanche, ce format ouvre une piste intéressante à creuser à l’avenir pour :

  • des marques en quête de visibilité premium (lorsque des critères de ciblage précis seront disponibles),
  • des annonceurs prêts à investir pour travailler leur notoriété auprès d’une audience engagée et qualifiée,

Nous sommes clairement au tout début d’un cycle. Le potentiel est réel, mais les règles ne sont pas encore écrites.

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