Si vous tapez hotjar.com dans votre navigateur, vous atterrissez désormais chez Contentsquare. L’éditeur français, qui avait racheté Hotjar en 2021, a fondu les deux produits dans une seule plateforme d’analyse de l’expérience digitale. Pour une petite équipe habituée aux cartes de chaleur et aux enregistrements de Hotjar, la question est simple : qu’est-ce qui change, combien cela coûte, et faut-il rester ou regarder ailleurs ?
Ce que devient Hotjar, concrètement
La chronologie publiée par Contentsquare situe le rachat de Hotjar en 2021, puis la création en 2024 d’une plateforme commune qui réunit Contentsquare, Heap et Hotjar. Aujourd’hui, il n’est plus possible d’ouvrir un compte Hotjar : les nouveaux utilisateurs s’inscrivent directement sur l’offre gratuite de Contentsquare, et la page Hotjar du site renvoie vers cette inscription.
Pour les clients existants, la bascule se fait par vagues. Le centre d’aide décrit une période de transition de 30 jours pendant laquelle les deux outils collectent des données en parallèle avec le même code de suivi Hotjar. Sans refus explicite du propriétaire du compte avant l’échéance, le compte passe au plan Growth de Contentsquare, Hotjar cesse de collecter et reste consultable en lecture seule pendant 12 mois, puis les données sont supprimées.
- Historique : les heatmaps, enregistrements, funnels et tableaux de bord Hotjar ne sont pas transférés. Exportez ce que vous voulez garder avant la fin des 12 mois.
- Réglages de confidentialité : le masquage d’éléments et l’anonymisation des chiffres définis dans Hotjar s’appliquent automatiquement au projet Contentsquare.
- Comptes gratuits : l’activation de Contentsquare Free demande d’installer un nouveau tag, et tout le texte est masqué par défaut dans les replays.
- Vocabulaire : les « Recordings » de Hotjar s’appellent « Session Replays » chez Contentsquare.
Le problème que l’outil règle, et pour qui
Un outil de mesure d’audience vous dit combien de visiteurs quittent une page. Il ne vous dit pas s’ils ont cherché un bouton invisible, cliqué dix fois sur une image non cliquable ou abandonné un formulaire au troisième champ. Un taux de rebond élevé reste un symptôme ; Contentsquare sert à trouver la cause en montrant ce que les visiteurs font réellement sur la page, puis à estimer ce que la friction coûte en conversions.
L’éditeur s’adresse à deux publics très différents. D’un côté, les petites équipes sans analyste, à qui il promet une installation en moins de 15 minutes et un plan gratuit sans date de fin. De l’autre, les quelque 3 000 entreprises de taille intermédiaire et grands comptes, clientes, qui achètent sur devis une plateforme couvrant web, applications mobiles, conversations de support et même le passage des agents IA sur leur site.
Fonctionnement et prise en main
Tout part d’un tag JavaScript unique, à coller dans le code du site ou à déployer via Google Tag Manager, Shopify ou WordPress. Contrairement à un plan de marquage classique, il n’y a pas d’événements à définir avant de collecter : la capture automatique enregistre clics, défilement et mouvements, ce qui permet de poser une question après coup sur des données déjà collectées. Pour les applications, la documentation technique couvre des SDK Android, iOS, React Native, Flutter, Cordova et Capacitor.
Le décompte repose sur la session, définie comme la visite complète d’un internaute et close après 30 minutes d’inactivité. Le quota est partagé entre tous les projets du compte, au premier arrivé, premier servi. Une fois le tag en place, le parcours type ressemble à ceci :
- Repérer les pages qui décrochent dans les funnels, avec le taux de passage à chaque étape.
- Ouvrir la heatmap de la page en cause, puis passer en zoning pour lire l’engagement ou le revenu attribué à chaque bloc.
- Regarder les replays des sessions concernées, ou leur résumé généré par Sense, l’IA de la plateforme.
- Chiffrer le manque à gagner avec Impact Quantification avant de prioriser la correction.
Sense Chat répond aux questions posées en langage courant, par exemple sur les pages d’entrée les plus fréquentes. Le serveur MCP va plus loin : une fois configuré par l’équipe technique, en sept étapes et moins d’une heure selon l’éditeur, il permet d’interroger les données depuis ChatGPT, Claude, Microsoft Copilot, Cursor ou VS Code, sans ouvrir l’interface.
Cas d’usage selon votre profil
- E-commerçant : suivre l’enchaînement fiche produit, panier, paiement et revoir les sessions qui abandonnent, en appui d’une méthodologie d’amélioration du tunnel de commande.
- Responsable éditorial ou UX : mesurer jusqu’où les visiteurs lisent et quels blocs captent l’attention pour revoir le zoning d’une page et vérifier l’effet du scroll sur les conversions sur vos propres contenus.
- Équipe acquisition : relier canaux, campagnes et sources IA aux conversions (plans Pro et Enterprise) et suivre vos indicateurs e-commerce sans multiplier les outils.
- Équipe produit ou technique : repérer les erreurs JavaScript et les pages lentes, puis rejouer les sessions touchées pour reproduire le bug.
- Ancien utilisateur de Hotjar : retrouver heatmaps, replays et enquêtes, avec en plus funnels et monitoring des erreurs dès le plan gratuit.
Contentsquare face à Microsoft Clarity, Google Analytics et Wingify
Microsoft Clarity propose gratuitement cartes de chaleur et enregistrements de session. Contentsquare se distingue par ce qui vient autour : funnels, quantification de l’impact en revenu, enquêtes reliées aux replays, IA conversationnelle et connexion MCP. Si vous voulez seulement regarder quelques sessions par semaine sur un site vitrine, Clarity peut suffire ; si vous devez justifier une correction en euros auprès d’une direction, l’approche de Contentsquare a plus de poids.
Face à Google Analytics, l’éditeur ne se pose pas en remplaçant : l’un mesure ce qui s’est passé, l’autre montre pourquoi, et beaucoup d’équipes connectent les deux. Face à Wingify, issu du rapprochement d’AB Tasty et de VWO, la logique s’inverse : Wingify part du test A/B et y ajoute l’analyse comportementale, quand Contentsquare part de l’analyse et ajoute des tests sans code sur ses plans Pro et Enterprise. Le choix dépend de votre point de départ : un programme de tests déjà rodé, ou un besoin de comprendre avant de tester.
Les limites à connaître
- Le plan gratuit analyse 100 % des sessions jusqu’à 200 000 par mois, mais ne garde en replay que 5 % d’entre elles, avec un plafond de 10 000, accessibles un mois.
- Sur les plans Free et Growth, la collecte de heatmaps et de funnels s’arrête une fois le quota mensuel atteint, jusqu’à la remise à zéro.
- Un ancien compte Hotjar gratuit gardait ses enregistrements 365 jours, contre 30 jours sur Contentsquare Free.
- API, alertes, SSO SAML et la plupart des intégrations tierces (plus de 115) ne commencent qu’au plan Pro, sur devis.
- La page tarifs française mélange encore libellés anglais et français, et ne précise pas si les prix affichés sont hors taxes.
Comment choisir votre plan
Commencez par comparer votre trafic mensuel aux paliers de sessions : c’est lui qui fixe le prix, pas le nombre de sites, puisque le tarif couvre tout le compte dans une même région.
- Free convient à un site de moins de 200 000 sessions par mois qui veut d’abord voir ce qui bloque, avec un seul projet.
- Growth devient utile dès que vous avez besoin de 13 mois d’historique, de plusieurs sites (3 projets), du zoning et de Sense. Le palier d’entrée couvre 7 000 sessions par mois ; le paiement annuel réduit la facture de 20 %.
- Pro se justifie si vous suivez des parcours multi-appareils, attribuez le revenu par canal ou voulez lancer des tests A/B dans le même outil.
- Enterprise vise les groupes qui ont besoin de projets illimités, d’un export vers leur entrepôt de données et d’engagements de service.
Chaque nouveau compte démarre avec 15 jours d’essai du plan Growth, sans carte bancaire, puis revient au plan gratuit sans action de votre part. Profitez-en pour vérifier deux points : le volume réel de sessions consommées par votre site, et l’utilité des résumés de Sense sur vos propres pages.









