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Une étude qui redéfinit ce qu’est réellement une recherche sur Internet
Pendant plus de vingt ans, le terme recherche en ligne a été presque automatiquement associé aux moteurs de recherche traditionnels comme Google ou Bing.
Mais cette vision devient aujourd’hui trop limitée, les internautes cherchent désormais des informations, des produits ou des réponses dans de nombreux autres environnements :
- les plateformes sociales (Instagram, TikTok, Reddit…)
- les sites e-commerce (Amazon, eBay…)
- les plateformes vidéo comme YouTube
- les interfaces conversationnelles comme ChatGPT ou Gemini
C’est précisément ce constat qui a poussé SparkToro et Datos (filiale de Semrush spécialisée dans les données de navigation) à mener une étude beaucoup plus large que les analyses classiques du marché de la recherche.
Leur objectif : mesurer où les internautes effectuent réellement leurs recherches sur le web aujourd’hui.

Une méthodologie basée sur des millions d’appareils
L’analyse repose sur un panel de millions d’appareils desktop situés :
- aux États-Unis
- dans les 27 pays de l’Union européenne
- au Royaume-Uni
Les chercheurs ont étudié 41 sites majeurs du web susceptibles d’être utilisés pour effectuer des recherches :
- moteurs de recherche
- sites e-commerce
- plateformes sociales
- outils conversationnels
- sites spécialisés (voyage, immobilier, contenus…)
L’objectif n’était pas seulement d’analyser la popularité des plateformes, mais surtout de mesurer le nombre réel de requêtes effectuées sur chacune d’elles.
Car visiter un site et effectuer une recherche sont deux choses très différentes.
Le premier constat clé : Google domine toujours très largement la recherche mondiale

Contrairement à certaines idées très répandues, la domination de Google reste aujourd’hui massive.
Selon l’étude :
- 73,7 % de toutes les recherches desktop sont effectuées sur Google aux États-Unis
- la part serait même proche de 80 % en Europe et au Royaume-Uni
Ces chiffres sont légèrement inférieurs aux estimations traditionnelles qui parlent souvent d’une part de marché supérieure à 90 % (mais cette dernière se base surtout sur les parts de marché des moteurs de recherche).
Mais la différence s’explique par une approche plus large : l’étude inclut des plateformes qui ne sont habituellement pas comptabilisées comme moteurs de recherche.
Malgré cela, Google reste de très loin la plateforme où se déroulent le plus grand nombre de recherches à travers le monde.
Constat 2 : Amazon, YouTube et Bing génèrent plus de recherches que ChatGPT
L’un des enseignements les plus surprenants de l’étude concerne la place réelle des interfaces conversationnelles dans les comportements de recherche.
Malgré l’énorme visibilité médiatique de ChatGPT, plusieurs plateformes génèrent encore davantage de recherches.
Parmi elles :
- Amazon
- YouTube
- Bing
La part totale des recherches effectuées via des interfaces conversationnelles représenterait seulement 3,2 % des requêtes sur les 41 plateformes étudiées.
Ce chiffre ne signifie pas que ces outils sont insignifiants, mais il relativise fortement l’idée selon laquelle ils remplaceraient déjà les moteurs de recherche.
Constat 3 : la recherche ne se limite plus aux moteurs traditionnels

L’un des apports majeurs de cette étude est de montrer que la recherche est désormais un comportement qui se produit dans de nombreux environnements différents.
La répartition observée sur desktop en 2025 est la suivante :
| Type de plateforme | Part des recherches | Exemples |
|---|---|---|
| Moteurs de recherche | ≈ 80 % | Google, Bing, DuckDuckGo |
| E-commerce | ≈ 10 % | Amazon, eBay, Walmart |
| Réseaux sociaux | ≈ 5,5 % | Instagram, Reddit |
| Interfaces conversationnelles | ≈ 3,2 % | ChatGPT, Claude |
| Autres plateformes | reste du trafic | sites spécialisés |
Autrement dit, la recherche reste dominée par les moteurs classiques, mais elle s’étend progressivement vers d’autres types de plateformes.
Constat 4 : toutes les visites ne correspondent pas à des recherches
L’étude met également en lumière un point souvent négligé : beaucoup d’utilisateurs visitent des plateformes sans effectuer de recherche.
Par exemple :
| Plateforme | Utilisateurs qui effectuent une recherche |
|---|---|
| Presque 100 % | |
| Bing | Plus de 70 % |
| Amazon | Plus de 70 % |
| ChatGPT | Environ 50 % |
| eBay | Environ 50 % |
Dans le cas de ChatGPT, cela s’explique notamment par un phénomène intéressant : de nombreux visiteurs consultent simplement des conversations partagées sans formuler leurs propres requêtes.
Cette distinction est importante pour interpréter correctement les données d’usage.
Pourquoi cette évolution change la manière de penser le SEO ?
L’étude défend une idée simple mais fondamentale : la recherche n’est plus un canal unique.
Elle devient un comportement réparti sur de nombreuses plateformes.
Cela signifie que la visibilité d’une marque peut désormais dépendre :
- des moteurs de recherche,
- des marketplaces,
- des réseaux sociaux,
- des plateformes vidéo,
- des interfaces conversationnelles.
C’est pour cette raison que certains experts parlent désormais de Search Everywhere Optimization : une approche qui consiste à optimiser la présence d’une marque sur tous les environnements où les internautes effectuent des recherches.
Des résultats à interpréter avec prudence
Comme toute étude, celle-ci comporte plusieurs limites importantes.
- les données concernent uniquement les appareils desktop
- les recherches effectuées dans les applications mobiles ne sont pas incluses
- « seulement » 41 plateformes ont été analysées
Or, une grande partie des recherches sur les réseaux sociaux ou les applications mobiles se déroule directement dans les apps.
Les résultats doivent donc être vus comme une photographie partielle des usages, même s’il s’agit de l’une des analyses les plus complètes publiées sur ce sujet.
Constat 5 : une transformation progressive plutôt qu’une révolution immédiate

Au final, cette étude invite surtout à nuancer le discours très répandu autour de la disparition des moteurs de recherche.
La réalité semble plus complexe :
- Google reste extrêmement dominant
- les plateformes e-commerce et vidéo jouent un rôle croissant
- les interfaces conversationnelles progressent mais restent minoritaires
Autrement dit, la recherche ne disparaît pas : elle se disperse progressivement dans différents environnements numériques.
Une question reste alors ouverte : les outils conversationnels vont-ils continuer à progresser jusqu’à transformer profondément les usages de recherche… ou resteront-ils un complément aux moteurs traditionnels ?
Et vous, où effectuez-vous le plus souvent vos recherches aujourd’hui : Google, YouTube, les réseaux sociaux ou les interfaces conversationnelles ?

Principalement passionné par les nouvelles technologies, l’IA, la cybersécurité, je suis un professionnel de nature discrète qui n’aime pas trop les réseaux sociaux (je n’ai pas de comptes publics). Rédacteur indépendant pour LEPTIDIGITAL, j’interviens en priorité sur des sujets d’actualité mais aussi sur des articles de fond. Pour me contacter : [email protected]