Google Ads : Faut-il (vraiment) enterrer le « phrase match » en 2025 ?

Google pousse de plus en plus les annonceurs à adopter le « broad match » au détriment du « phrase match ». Coûts en hausse, performances en baisse : faut-il abandonner définitivement le ciblage par expression ?

Google Ads : pourquoi le « phrase match » est en train de devenir un mauvais pari ?

Les professionnels du search marketing ont toujours été partagés entre le ciblage « broad match » (requête large) et « phrase match » (expression exacte).

Mais un constat s’impose depuis quelques mois : le ciblage par expression coûte de plus en plus cher, sans pour autant garantir de meilleurs résultats.

Pendant ce temps, Google peaufine sa stratégie pour rendre le « broad match » incontournable, en s’appuyant sur le machine learning et ses outils automatisés.

Une hausse inquiétante des CPC sur le « phrase match »

Graphique sur l’évolution des CPC selon le type de correspondance (2021–2025)
Graphique sur l’évolution des CPC selon le type de correspondance (2021–2025)

Pire encore, cette hausse s’est accélérée depuis 2023, coïncidant avec les campagnes de promotion de Google en faveur du ciblage large.

Cette inflation s’explique par la manière dont Google organise ses enchères :

  • Ad Rank et Score de qualité influencent directement le prix payé pour chaque clic.
  • Le « broad match », combiné aux signaux contextuels (page de destination, historique utilisateur, localisation…), semble être mieux valorisé par l’algorithme.
  • Le « phrase match », quant à lui, entre en compétition pour les mêmes requêtes sans bénéficier des mêmes signaux IA.

Pourquoi Google mise tout sur le « broad match » ?

Depuis plusieurs années, Google ne cache plus son ambition : automatiser au maximum les campagnes, en s’appuyant sur les algorithmes et le Smart Bidding.

Le « broad match » en est la brique centrale.

Il permet de :

  • Captez une plus grande variété de requêtes grâce à des correspondances plus larges.
  • Utiliser des signaux que les autres types de correspondance ne peuvent pas exploiter.
  • Générer un meilleur ROI global dans des campagnes pilotées par objectifs (conversion, valeur…).

En revanche, il nécessite plus de travail d’exclusion (négative sculpting) pour éviter les clics peu pertinents.

Mais avec le bon niveau d’automatisation, les bénéfices prennent le dessus, notamment pour les e-commerçants.

Phrase match : une qualité de trafic en chute libre ?

En théorie, le « phrase match » garantit un meilleur contrôle sur les requêtes.

Mais en pratique, les variantes proches (close variants) ont rendu cette promesse obsolète.

Aujourd’hui, le trafic généré ressemble de plus en plus à celui du « broad », sans les avantages de l’IA.

Dans certains comptes, passer à un ciblage « broad-only » a permis une amélioration du ROAS de 13 %, à volume équivalent :

Graphe illustrant les CPC plus bas sur une campagne e-commerce avec broad match
Graphe illustrant les CPC plus bas sur une campagne e-commerce avec broad match

Cas concrets : quand faut-il (vraiment) passer au broad match ?

Le passage au « broad match » n’est pas toujours une évidence, surtout pour les professionnels du B2B et les lead gen marketers.

Voici une synthèse des cas de figure :

Type d’annonceurRecommandation
E-commercePasser au « broad match » : signaux fréquents, valeur de conversion bien identifiée
Lead gen avec peu de volumeRester partiellement sur « phrase », sauf si EC4L est activé
Lead gen avec données enrichiesTester le « broad match » avec Enhanced Conversions for Leads (EC4L) pour affiner le ciblage
EC4L (Enhanced Conversions for Leads)
EC4L (Enhanced Conversions for Leads)

Le « broad match » prépare aussi l’avenir de la SERP

Avec l’émergence des AI Overviews dans les résultats de recherche, Google va privilégier les campagnes capables de couvrir une large intention de recherche.

Le « broad match » pourrait devenir indispensable pour capter ces nouveaux emplacements.

Cela conforte une tendance lourde : le mot-clé tel qu’on le connaît perd de son importance, au profit de thématiques, d’intentions et de signaux croisés.

Faut-il définitivement abandonner le phrase match ?

La question mérite d’être posée. Si vous constatez :

  • une hausse continue de vos CPCs,
  • une baisse de votre taux de conversion ou ROAS,
  • un trafic de moins en moins qualifié,

… il est probablement temps d’expérimenter une approche « broad-only » sur certains groupes d’annonces. Les résultats pourraient vous surprendre.

Ce qui est sûr, il s’agit d’un tournant pour les pros du SEA

Le choix n’est plus vraiment entre contrôle et automatisation.

Google impose peu à peu son modèle : moins de granularité, plus d’IA.

Cela peut frustrer, mais aussi libérer du temps pour se concentrer sur la stratégie (offre, copy, tunnel, rétention).

Les pros du paid doivent évoluer avec ces règles, ou risquer de se retrouver marginalisés.

Et vous, allez-vous tourner la page du phrase match ?

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