AI Mode side by side : pourquoi cette nouvelle interface fait déjà débat
Google AI Mode est une nouvelle façon de rechercher sur Google qui affiche une réponse synthétique directement dans le moteur de recherche, avec des liens vers des sites externes.
Jusqu’ici, cliquer sur une source donnait souvent l’impression de quitter l’expérience IA pour revenir à une navigation web plus classique.
Avec le nouveau mode side by side, Google change cette logique :
- la réponse IA reste affichée à gauche ;
- la page du site source s’ouvre à droite ;
- l’utilisateur peut consulter plusieurs sources sans quitter l’écran principal ;
- la navigation devient plus fluide et plus naturelle.
Lily Ray, spécialiste SEO reconnue, a partagé une démonstration intéressante de cette interface sur LinkedIn :
Son constat principal : contrairement à ce que beaucoup pensent, cette évolution pourrait ne pas être aussi mauvaise pour les éditeurs qu’on l’imagine.
Le point important : Google affirme que le clic compte bien comme une visite
C’est probablement le point le plus sensible.
Selon les échanges relayés par Lily Ray avec Robby Stein, VP of Product chez Google Search, lorsqu’un utilisateur clique sur l’URL affichée dans ce mode :
- cela compte comme un clic pour l’éditeur ;
- cela génère une session mesurable dans GA4 ;
- cela devrait aussi apparaître dans Google Search Console.
Autrement dit, Google ne considère pas cette consultation comme une simple visualisation interne sans valeur pour les outils d’analyse.
Pour les médias et les sites de contenu, c’est un signal important.
Sans cela, l’AI Mode aurait pu devenir une sorte de “boîte noire” qui capte le trafic sans vraiment le redistribuer aux sites sources.
Pourquoi cette expérience pourrait générer plus de clics… mais pas forcément de meilleurs clics ?
Comme l’utilisateur ne “sort” plus vraiment de Google, il devient beaucoup plus simple de cliquer sur plusieurs sources à la suite.
Résultat possible :
- plus de clics ;
- plus d’exploration ;
- plus de pages ouvertes ;
- mais aussi un trafic potentiellement moins engagé.
Pourquoi ?
Parce qu’un clic devient presque “sans effort”. Il ne montre plus forcément une vraie intention de lecture, mais parfois juste une vérification rapide ou une comparaison immédiate.
C’est un peu comme ouvrir plusieurs onglets Amazon sans vouloir acheter tout de suite.
Le volume peut augmenter, mais la qualité de l’engagement peut diminuer.
Le vrai sujet : conversion et attention utilisateur
C’est justement l’inquiétude exprimée par plusieurs professionnels du SEO.
Exemple : si l’utilisateur passe plus vite d’un site à l’autre, que devient la conversion ?
Un trafic plus important ne signifie pas automatiquement :
- plus d’abonnements ;
- plus de leads ;
- plus de ventes ;
- plus de fidélisation.
Pour les éditeurs, ce point est souvent plus important que le simple nombre de sessions.
AMP version IA ? Le parallèle qui commence à inquiéter
Autre sujet évoqué : le risque d’un nouvel effet “black box”.
Certains utilisateurs évoquent une logique proche de Google AMP, où l’expérience reste très contrôlée techniquement par Google.
La question est simple : l’utilisateur consulte-t-il vraiment l’URL de l’éditeur… ou une version affichée dans l’environnement Google ?
La différence semble technique, mais elle change énormément de choses :
- la mesure analytics ;
- le temps réellement passé sur la page ;
- le suivi du comportement utilisateur ;
- la capacité de conversion ;
- le contrôle de l’expérience utilisateur.
Pour le moment, ce point reste encore assez flou.
Pour vous, ce nouveau modèle peut-il vraiment aider les éditeurs ?

Principalement passionné par les nouvelles technologies, l’IA, la cybersécurité, je suis un professionnel de nature discrète qui n’aime pas trop les réseaux sociaux (je n’ai pas de comptes publics). Rédacteur indépendant pour LEPTIDIGITAL, j’interviens en priorité sur des sujets d’actualité mais aussi sur des articles de fond. Pour me contacter : [email protected]
