google.com/goto : Google casse le scraping des résultats de recherche

Google a confirmé le 26 août le déploiement quasi complet de liens de redirection encodés google.com/goto à la place des URL de destination dans ses résultats. Pour un outil de suivi de positions, lire une page de résultats ne suffit plus : il faut résoudre chaque lien, un par un. La facture est salée, et elle ne va pas rester chez les éditeurs d’outils. Tout ce que cela implique.
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L’essentiel en bref

  • Les liens des résultats Google renvoient vers une adresse google.com/goto contenant un paramètre encodé, avec une redirection 302 vers la destination au moment du clic.
  • Selon Derek Perkins, dirigeant de l’éditeur de rank tracking Nozzle, résoudre tous les liens d’un suivi sur cinq pages de résultats demande entre 500 et 1 000 requêtes. Les requêtes HEAD sont refusées.
  • Google évoque des mesures techniques contre des formes d’abus, sans nommer ses cibles réelles (bien que les agents IA soient vraisemblablement la cible principale).

Ce qui a changé dans un lien de résultat

Pendant vingt ans, l’ancre d’un résultat organique contenait l’adresse de destination.

Un outil lisant la page pouvait donc l’extraire sans jamais contacter le site visé, et c’est sur cette hypothèse que reposent les rank trackers, les tableaux de bord de part de voix et les scripts maison que font tourner beaucoup d’équipes SEO.

Cette adresse est désormais remplacée par un lien de passage sur google.com, suivi d’un encodage du type base64. La redirection s’opère en 302, ce qui signale aux robots que l’enveloppe n’a pas vocation à remplacer l’URL cible dans un index.

Google a confirmé le changement le 26 aout 2026 auprès de Search Engine Land, en invoquant une longue pratique de mesures techniques contre des formes d’abus en évolution. Aucune cible n’est nommée, ni les rank trackers, ni les entreprises d’IA, mais les deux sont impactées directement.

500 à 1 000 requêtes pour une seule SERP suivie

500 à 1 000 Le nombre de requêtes nécessaires pour résoudre tous les liens d’un suivi de positions sur cinq pages de résultats. (Source : Derek Perkins, Nozzle)

Le problème d’ingénierie tient à l’encodage : les liens ne se décodent pas en local, il faut suivre la redirection pour connaître la destination.

Deux contournements ont été proposés dans la foulée, et les deux ont buté sur le même mur. Google refuse les requêtes HEAD, qui auraient permis de récupérer l’en-tête de redirection sans charger la page. Reste une requête GET stoppée à la redirection, moins coûteuse qu’un chargement complet, mais qui se heurte au rate limiting.

Ce n’est donc plus la bande passante qui limite, c’est le nombre d’appels autorisés. Pour vous, la conséquence est simple : la profondeur de suivi que votre outil vous facture devient un arbitrage technique, plus une évidence.

Pourquoi votre budget outils SEO devrait exploser ?

Le 14 septembre 2025, Google supprimait le paramètre num=100, obligeant les plateformes à lancer dix requêtes là où une seule renvoyait cent résultats auparavant. Semrush confirmait dès le lendemain une multiplication par dix de son coût opérationnel.

Les arbitrages avaient suivi vite : AccuRanker limitait son suivi au top 20, SISTRIX arrêtait la mise à jour de ses résultats desktop, Ahrefs rétablissait le top 100 fin octobre 2025 sans jamais dire comment.

Le num=100 multipliait le nombre de pages à récupérer, le goto multiplie le nombre de requêtes pour interpréter une page déjà récupérée. Les deux coûts s’additionnent, ils ne se remplacent pas.

À votre échelle, trois scénarios se dessinent au renouvellement : une hausse de tarif répercutée, une profondeur de suivi réduite à budget constant, ou des trous dans l’historique.

Si vous pilotez un reporting mensuel sur plusieurs milliers de mots-clés, posez la question à votre éditeur avant qu’il ne l’annonce, et regardez du côté des outils de suivi de positionnement ou des alternatives à Semrush si l’écart devient trop lourd.

Ce que cette annonce implique :

Même si l’hypothèse « Google bloque les IA » n’est pas officielle, il y a de grandes chances pour que cette nouvelle mesure vise à empêcher ses concurrents directs que sont ChatGPT, Perplexity, Claude, … d’utiliser et d’exploiter facilement son index et ses résultats de recherche plus qu’une attaque orientée vers les logiciels de monitoring SEO historiques.

Toujours est-il que ce changement impacte de plein foeut les outils de monitoring de visibilité sur Google et que ces derniers vont devoir s’adapter, au prix d’ajustements qui vont leur coûter très cher (et devrait donc se répercuter sur leurs prix publics).

En parrallèle, sur le plan judiciaire, Google poursuit SerpApi depuis décembre 2025 sur le terrain du DMCA et une juge a rejeté l’ensemble des demandes le 20 juillet 2026 (une plainte amendée a alors été déposée le 10 août, et une audience est fixée au 29 septembre).

Notre verdict :

Avec ce changement anodin et imperceptible pour les utilisateurs, Google entend reprendre la main sur l’accès à ses propres résultats. Et si les données de Search Console allaient bientôt devenir les seules vraiment fiable et exploitable ?

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