
L’essentiel en bref
- Toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent pouvoir recevoir des factures électroniques au 1er septembre 2026. L’obligation d’émettre tombe au 1er septembre 2027 pour les TPE, PME et indépendants.
- Le portail public de facturation ne fait plus transiter les factures. Passer par une plateforme agréée privée est devenu le seul chemin possible.
- Stripe Invoicing et Zoho Invoice ne sont pas des plateformes agréées. Les utiliser seuls ne vous rendra pas conforme.
Top 10 des logiciels de facturation pour une activité digitale
Si vous êtes freelance, consultant, agence ou e-commerçant, votre premier critère n’est plus le design du modèle de facture. C’est la présence sur le registre officiel, puis l’adéquation avec votre volume et votre stack. Ce classement va du plus adapté aux petites structures digitales vers les besoins les plus outillés, et se termine par les solutions internationales, dont aucune n’est agréée en propre.
1. Dougs facturation gratuite, la conformité sans ligne budgétaire
Le module Dougs facturation gratuite est immatriculé plateforme agréée par la DGFiP depuis le 12 décembre 2025. Il émet et reçoit au format Factur-X et UBL, gère le e-reporting et reste compatible Chorus Pro pour les marchés publics.
Sa particularité tient en une ligne : la facturation reste gratuite et sans limite de volume, y compris si vous ne souscrivez pas à l’offre comptable de Dougs, facturée à partir de 49 € HT par mois. Pour un consultant SEO ou un développeur freelance qui émet quinze factures par mois, le calcul est vite fait.
Les limites sont assumées et il faut les connaître avant de basculer. Pas de relance automatique, pas de tableau de bord analytique, pas de connecteur CRM natif. Si votre facturation dépend d’un pipeline commercial, regardez plutôt les positions 5 et 6 de ce classement.
Dougs
Un logiciel de comptabilité français idéal pour TPE et PME
2. Indy, pour les freelances en BNC
Indy inclut sa plateforme agréée dans tous ses forfaits, formule gratuite comprise. La facturation électronique y est illimitée, avec suivi des paiements, gestion des débours et rapprochement bancaire.
L’outil va plus loin que la facture puisqu’il intègre les déclarations URSSAF et TVA. Un profil libéral ou un auto-entrepreneur y trouve la chaîne complète, ce que Dougs ne couvre pas sans son offre comptable payante.
3. Tiime, le compte pro et la facture au même endroit
Tiime propose une offre gratuite sur la facturation, adossée à sa plateforme agréée, et se distingue sur la gestion multi-TVA. Le compte professionnel intégré démarre autour de 17,99 € HT par mois selon les tarifs publics relevés cet été.
Le bon cas d’usage ? Un solo qui veut arrêter de jongler entre sa néobanque, son tableur et son outil de devis.
Tiime
Solution de gestion d'entreprise intuitive tout-en-un
4. Pennylane, la brique qui parle à votre expert-comptable
Plateforme agréée, plus de 120 intégrations, à partir de 14 € HT par mois en logiciel seul ou inclus dans le forfait du cabinet partenaire. Pennylane est aujourd’hui la référence pour les TPE suivies par un expert-comptable, avec une vraie profondeur sur le pilotage financier.
Deux réserves à garder en tête : Pennylane est un éditeur, pas un cabinet inscrit à l’Ordre, et il ne gère nativement ni SCI ni holding. Si votre agence est portée par une structure patrimoniale, vérifiez ce point avant de signer.
Pennylane
Une plateforme tout-en-un pour la gestion de vos finances
5. Sellsy, quand la facture est le bout du pipeline
Sellsy est immatriculée plateforme agréée et combine gestion commerciale, relances automatisées et facturation dans la même interface. C’est la logique inverse des outils précédents : la facture y est la sortie d’un cycle de vente, pas un document isolé.
Pour une agence de dix à trente personnes avec des devis récurrents et plusieurs commerciaux, cette continuité vaut son abonnement.
6. Axonaut, le tout-en-un des petites structures
Axonaut a été immatriculé plateforme agréée et rassemble devis, factures, CRM, trésorerie et notes de frais. Les tarifs publics relevés en juillet 2026 démarrent à 38,80 € HT par mois sous engagement de trois ans, ce qui suppose de savoir où vous serez dans trois ans.
Axonaut
Outil de gestion d'entreprise français tout-en-un
7. Qonto, la conformité par la banque
Qonto figure au registre des plateformes agréées et propose l’émission comme la réception depuis son interface bancaire. L’intérêt tient au rapprochement automatique entre l’encaissement et la facture, sujet chronique dès qu’une activité digitale mixe abonnements et prestations.
Reste que vous liez votre conformité fiscale à votre banque. Une contrainte à peser si vous envisagez de changer d’établissement.
Qonto
Plateforme complète pour indépendants : compte pro, facturation, comptabilité, financement, ...
8. Odoo, la voie modulaire
Odoo est agréé et propose son module de facturation en accès gratuit via l’offre One App Free. L’éditeur belge intéresse surtout les structures qui veulent brancher la facture sur un ERP existant, avec du CRM, du stock ou du support derrière.
La contrepartie est classique chez Odoo : le paramétrage demande du temps ou un intégrateur, donc un budget qui n’apparaît pas sur la page tarifs.
9. Zoho Books édition France, à ne pas confondre avec Zoho Invoice
C’est ici que beaucoup de pros du digital vont se faire piéger. Zoho Invoice, très répandu chez les freelances par sa gratuité, n’est ni plateforme agréée ni compatible Factur-X : le PDF qu’il génère ne passera pas.
Zoho Books en édition France s’appuie de son côté sur la plateforme agréée B2B Router et le réseau Peppol. La migration depuis l’édition internationale n’est pas un simple changement de réglage, comptez une opération de paramétrage à part entière.
10. Stripe Invoicing, conforme uniquement avec un connecteur
Stripe le dit lui-même dans son guide consacré à la réforme française : Stripe Billing et Stripe Invoicing ne génèrent ni n’envoient directement de factures électroniques. Ce sont des applications tierces qui convertissent les factures Stripe au bon format et les acheminent via leur point d’accès.
Billit, immatriculée plateforme agréée le 19 décembre 2025, est le partenaire proposé sur le Stripe App Marketplace. D’autres connecteurs existent, à partir d’une dizaine d’euros par mois.
Si vous encaissez vos abonnements SaaS par Stripe, la bonne question n’est pas de quitter Stripe. C’est de trancher qui devient la source de vérité de la facture, sous peine de vous retrouver avec deux séquences de numérotation officielles qui se télescopent.
Ce que le décret du 27 juillet 2026 implique pour votre facturation
Le décret n° 2026-677 et l’arrêté du 27 juillet 2026, publiés au Journal officiel du 28 juillet, ferment le dispositif réglementaire de la réforme. Ils actent officiellement ce que le secteur appliquait déjà : les anciennes PDP deviennent des plateformes agréées, et le portail public de facturation se limite désormais à l’annuaire central et au concentrateur de données.
Traduction pour vous : le PDF envoyé par mail à votre client ne vaudra plus facture en B2B domestique. Votre facture devra sortir d’une plateforme inscrite sur le registre de la DGFiP, au format Factur-X, UBL ou CII, et remonter ses données à l’administration.
Le calendrier reste celui voté en loi de finances. Réception obligatoire pour tout le monde en septembre 2026, émission au même moment pour les grandes entreprises et les ETI, puis septembre 2027 pour les indépendants, TPE et PME.
Un point est passé inaperçu et vous intéresse directement : le décret impose aux plateformes de fournir gratuitement une documentation sur la mobilité entre plateformes. Vous ne signez donc pas pour la vie, ce qui autorise un choix rapide maintenant, quitte à changer ensuite.
Trois erreurs qui vont coûter cher aux agences en septembre
La première tient à un mot. Un éditeur qui se dit « compatible facturation électronique » ne vous rend pas conforme : seule l’immatriculation au registre compte, et la liste publiée sur impots.gouv.fr est la seule qui fait foi. Elle recensait 145 plateformes agréées début août 2026, contre environ 130 en juin, et elle bouge chaque semaine.
La deuxième concerne le e-reporting, systématiquement oublié dans les comparatifs. Vos ventes aux particuliers et vos facturations à l’international n’entrent pas dans le e-invoicing, mais leurs données doivent quand même remonter à l’administration. Pour un e-commerçant B2C ou une agence qui facture des clients européens, ces flux représentent souvent la majorité du chiffre d’affaires.
La troisième est structurelle. Avec 145 acteurs sur un marché qui n’en fera pas vivre autant, une consolidation est attendue, et changer de plateforme en cours de route consomme du temps que vous n’aviez pas prévu. Regardez qui finance l’éditeur autant que sa grille tarifaire.
Notre verdict :
Pour une activité digitale en solo ou à trois, il n’y a aucune raison de payer un abonnement en 2026 : Dougs, Indy et Tiime couvrent l’obligation gratuitement. À partir du moment où votre facturation dépend d’un pipeline commercial ou d’un encaissement par Stripe, la gratuité devient un faux ami et le vrai coût se déplace vers l’intégration.

Principalement passionné par les nouvelles technologies, l’IA, la cybersécurité, je suis un professionnel de nature discrète qui n’aime pas trop les réseaux sociaux (je n’ai pas de comptes publics). Rédacteur indépendant pour LEPTIDIGITAL, j’interviens en priorité sur des sujets d’actualité mais aussi sur des articles de fond. Pour me contacter : [email protected]