
Un nouveau détecteur d’images dédié aux images générées par ChatGPT Images
L’outil lancé par OpenAI est accessible directement depuis son site à cette adresse : https://openai.com/fr-FR/research/verify/

Son fonctionnement est très simple :
- On importe une image au format PNG, JPG ou WEBP,
- Le système analyse si elle contient des signaux indiquant qu’elle a été produite via ChatGPT, l’API OpenAI ou Codex.
- Le résultat indique si des métadonnées C2PA, un filigrane SynthID, ou aucun de ces deux signaux n’ont été détectés.
Mais ce nouvel outil a aussi de nombreuses limites :
- Il n’indique pas si une image est fausse, trompeuse ou manipulée.
- Il ne couvre pas les images générées par d’autres plateformes comme Midjourney, Grok imagine, Stable Diffusion ou encore Adobe Firefly.
- Et surtout, l’absence de signal détecté ne signifie pas que l’image soit authentique : en effet, les signaux de provenance peuvent être effacés, notamment lors d’une capture d’écran ou d’un changement de format.
OpenAI est transparent sur ce point : l’outil adopte une approche prudente et ne tire aucune conclusion définitive en cas d’échec de détection.
C’est une limite fondamentale à comprendre avant même d’utiliser l’outil. Un signal détecté signifie qu’une image provient bien d’OpenAI mais l’absence de signal ne prouve rien du tout quant à l’authenticité d’une image.
C2PA et SynthID : deux technologies complémentaires pour tracer l’origine des images

Pour comprendre l’approche à deux niveaux d’OpenAI, il faut analyser ce que chaque technologie apporte… et ses limites.
Les métadonnées C2PA (Coalition for Content Provenance and Authenticity) agissent comme une signature numérique intégrée au fichier image. Elles contiennent des informations structurées sur :
- l’origine du contenu,
- l’outil utilisé pour le créer,
- l’identité du signataire.
Ce standard ouvert, soutenu par des acteurs majeurs comme Adobe, Microsoft, la BBC et désormais OpenAI, permet aux plateformes tierces de reconnaître, préserver et transmettre ces informations.
Mais elles ont un défaut majeur : elles disparaissent au moindre recadrage, capture d’écran, changement de format ou téléversement sur une plateforme non compatible.
C’est là qu’intervient SynthID, développé par Google DeepMind, ce système intègre un tatouage numérique invisible directement dans les pixels de l’image.
Imperceptible à l’œil nu, il résiste aux transformations courantes (redimensionnement, compression, etc.), ce qui en fait un signal bien plus résistant et fiable que les seules métadonnées.
Bien qu’elles aient toutes deux leurs propres limites, les deux technologies se complètent :
- C2PA apporte la richesse informationnelle,
- SynthID apporte la résilience.
Ensemble, elles forment ce qu’OpenAI décrit comme une approche multicouche de la provenance.
| Signal | Mécanisme | Avantage | Limite principale |
|---|---|---|---|
| C2PA | Métadonnées + signature cryptographique | Contexte détaillé, standard ouvert | Facilement supprimé lors de transformations |
| SynthID | Tatouage numérique invisible | Résistant aux modifications | Ne transporte pas d’informations détaillées |
Bienvenue dans l’ère du doute systématique
La question de la véracité et de la provenance des images n’est pas nouvelle : les photomontages existent depuis l’invention de la photographie.
Mais l’intelligence artificielle a révolutionné l’ampleur du problème. Autrefois réservée à des experts et nécessitant des heures de travail avec des outils spécialisés, la création d’images synthétiques est désormais accessible à tous, gratuite et instantanée.
Le volume de contenus générés par IA en circulation va exploser dans les années à venir, ce qui va représenter un réel défi pour les plateformes numériques.
Face à cette évolution rapide des technologies de génération d’images, la traçabilité des images générées par IA est devenue un enjeu majeur :
- Un sujet de politique publique dans plusieurs pays.
- Une obligation opérationnelle pour les plateformes d’information.
- Une exigence réglementaire en Europe, où les systèmes d’IA générative doivent signalement clairement leurs créations artificielles.
Pour les journalistes et les fact-checkers, des outils comme SynthID (développé par Google DeepMind) et le nouvel outil de détection gratuit d’OpenAI offrent une piste de vérification :
- Une image détectée comme synthétique par ce système apporte une preuve vérifiable, mais tous les laboratoires de génération d’images par IA ne le supportent pas encore.
- Une image non signalée ne peut pas être considérée comme authentique par défaut.
Vers un standard universel de détection des images IA : où en est le secteur ?
L’initiative d’OpenAI s’inscrit dans un mouvement global : la C2PA, soutenue par des géants comme Adobe, ARM, BBC, Intel, Microsoft, Sony et Truepic, s’impose progressivement.
Déjà intégrée dans les appareils photo Sony et Leica, Photoshop et certains outils médias, elle pourrait rendre la traçabilité des contenus automatique à condition que chaque acteur préserve les métadonnées.
SynthID, développé par Google DeepMind, était à l’origine dédié aux images (Imagen) avant de s’étendre au texte, audio et vidéo.
Son partenariat avec OpenAI marque une convergence technique majeure entre deux leaders du secteur. Si cela ne garantit pas un standard universel, cela renforce la probabilité que SynthID devienne une référence.
Le défi restant : l’adoption par les plateformes de diffusion (Facebook, Instagram, X, TikTok, YouTube).
Certaines affichent déjà des labels IA, mais l’intégration automatique des signaux C2PA ou SynthID dans leurs systèmes de modération reste inégale.
Sans cette étape, ces outils resteront réservés aux professionnels et invisibles pour le grand public.

Principalement passionné par les nouvelles technologies, l’IA, la cybersécurité, je suis un professionnel de nature discrète qui n’aime pas trop les réseaux sociaux (je n’ai pas de comptes publics). Rédacteur indépendant pour LEPTIDIGITAL, j’interviens en priorité sur des sujets d’actualité mais aussi sur des articles de fond. Pour me contacter : [email protected]