Une agence qui vend ses journées au client perd de l’argent à deux endroits : les heures oubliées, jamais saisies, et les projets qui dépassent leur budget sans que personne ne s’en aperçoive avant la facture. Harvest s’attaque à ces deux fuites en reliant chaque minute suivie à un client, à un projet, à un budget puis à une facture.
Quel problème Harvest règle, et pour qui
Harvest est né en 2006 dans une agence de design web new-yorkaise dont les deux fondateurs cherchaient à mieux piloter leur propre activité. Cette origine se voit encore : l’outil parle le langage des sociétés de services, avec des notions de taux facturable, de coût interne, de forfait et de temps non facturable. Les secteurs mis en avant par l’éditeur le confirment : publicité et marketing, architecture, construction, cabinets d’avocats, comptabilité, conseil et informatique, studios de design et développement logiciel.
Harvest appartient aujourd’hui au groupe italien Bending Spoons, qui opère le service depuis Milan. Le produit reste vendu sous son nom, avec son outil compagnon de planification, Harvest Forecast, proposé séparément. Si vous comparez plusieurs approches, notre sélection d’outils de time tracking donne une vue d’ensemble du marché.
Comment Harvest fonctionne au quotidien
Tout part d’une hiérarchie simple, que l’administrateur pose au démarrage : des clients, des projets rattachés à chaque client, puis des tâches dans chaque projet. Un projet peut être facturé au temps passé, au forfait ou rester non facturable, ce qui détermine ensuite la façon dont les heures alimentent budgets et factures.
Côté équipe, la saisie se fait de trois façons : un minuteur lancé au début d’une tâche, une saisie manuelle dans la vue jour ou semaine, ou l’import des événements de Google Agenda ou Outlook. Les extensions de navigateur ajoutent un bouton de minuteur directement dans Asana, Jira, Trello, GitHub ou Basecamp, pour ne pas changer d’onglet. En fin de semaine, chacun soumet sa feuille de temps ; sur le plan Enterprise, un responsable la valide avant qu’elle ne parte en facturation.
Le budget de chaque projet se fixe en heures ou en montant, au global, par tâche ou par personne, avec une remise à zéro mensuelle possible pour les contrats récurrents. Une alerte e-mail prévient quand un seuil est atteint. Enfin, la facture se construit en sélectionnant un client, une période et les projets concernés : Harvest reprend les heures facturables et les dépenses, que vous pouvez encore modifier avant l’envoi.
Dernier ajout notable, la connexion MCP permet à un assistant IA compatible de lancer ou d’arrêter un minuteur, de saisir des heures ou de consulter le budget restant d’un projet en langage naturel, avec les mêmes droits que l’utilisateur connecté.
Cas d’usage par profil
- Agence de communication de 10 à 50 personnes : chaque créatif lance son minuteur depuis la tâche Asana ou Trello, le chef de projet suit la consommation du budget et l’associé repère dans le rapport d’équipe qui dépasse sa capacité.
- Cabinet de conseil ou d’architecture : les taux de facturation et de coût par personne alimentent le rapport de rentabilité par client et par projet, utile pour chiffrer la mission suivante à partir des écarts constatés.
- Freelance : le plan gratuit couvre une personne et deux projets actifs, de quoi suivre ses heures et produire ses factures, à condition de connecter Stripe pour les envoyer. Pour la partie administrative, comparez avec les applications de facturation pour auto-entrepreneur.
- Équipe technique : l’intégration Jira et l’extension GitHub rattachent le temps aux tickets, puis l’API v2 exporte les données vers un outil de pilotage interne.
Harvest face à Toggl Track, Clockify et Hubstaff
Toggl Track se concentre sur la saisie du temps et ses rapports, avec une prise en main réputée très rapide ; Harvest va plus loin sur la chaîne qui mène à la facture et à l’analyse de rentabilité. Clockify attire les équipes nombreuses par la générosité de sa version gratuite, là où le gratuit de Harvest est pensé pour une seule personne. Hubstaff vise davantage le suivi d’activité des équipes à distance, quand Harvest reste centré sur le temps facturable.
Harvest n’est pas pour autant un outil de gestion de projet complet : il ne gère ni tâches à cocher, ni tableaux Kanban, ni diagrammes de Gantt. Il se branche à côté de votre outil principal, que vous pouvez choisir parmi notre comparatif des logiciels de gestion de projet.
Les limites à connaître avant de vous engager
L’interface n’existe qu’en anglais. Vous pouvez nommer clients, projets et tâches en français et traduire les libellés de vos factures, mais un seul modèle de facture s’applique à tout le compte : impossible d’alterner une facture française et une facture anglaise sans mettre les deux langues dans les mêmes champs.
Le second point concerne la facturation. En formule Flex, le prix par siège n’est qu’une base : les projets, clients et tâches actifs et l’activité de facturation de la période précédente s’ajoutent au-delà d’un quota inclus. Ces frais n’apparaissent qu’au deuxième renouvellement payant, ce qui explique les hausses de facture que l’éditeur documente lui-même. La formule Unlimited remplace ces frais par un montant fixe, que la page tarifs ne chiffre pas. Pour vos propres factures clients, vérifiez aussi que votre circuit répond aux obligations françaises, en vous appuyant sur notre guide des logiciels de facturation professionnels.
Quel plan choisir
Démarrez par l’essai de 30 jours, qui donne accès aux fonctions Enterprise hors SSO, puis observez votre volume réel de projets, clients et tâches actifs. Dans les réglages de facturation, un simulateur montre le coût projeté selon ce volume : c’est lui, plus que la page tarifs, qui doit guider votre choix entre Flex et Unlimited.
- Free si vous travaillez seul sur deux projets au plus et acceptez de passer par Stripe pour envoyer vos factures.
- Teams si votre besoin se limite à la saisie, aux rapports d’équipe et à la synchronisation avec QuickBooks Online ou Xero.
- Enterprise dès que vous devez valider les heures avant facturation, mesurer la rentabilité par client ou connecter Slack, réservé à ce plan.
- Enterprise Plus pour une migration accompagnée, des intégrations sur mesure ou une marque blanche.
Si votre effectif reste stable sur l’année, le paiement annuel retire 20 % du prix par siège. En revanche, aucune remise n’est prévue pour les associations, l’enseignement ou les grands volumes.








