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Une étude qui bouscule les idées reçues sur la recherche en ligne
Depuis plusieurs mois, un discours revient régulièrement dans l’écosystème du marketing digital :
La recherche traditionnelle serait en train de décliner au profit des assistants conversationnels.
Pourtant, les données disponibles racontent une histoire plus nuancée. Une analyse menée par le cabinet Graphite indique que l’usage des principaux assistants conversationnels représenterait aujourd’hui 56 % du volume mondial des moteurs de recherche.

Aux États-Unis, cette proportion serait d’environ 34 %.

Autrement dit, les internautes interagissent déjà massivement avec ces interfaces. Mais pour comprendre ce que ces chiffres signifient vraiment, il faut d’abord regarder comment ils ont été calculés.
Comment le volume d’usage a été mesuré ?
L’étude repose sur un indicateur précis : le nombre de sessions mensuelles.
Cette mesure agrège :
- les visites web,
- les sessions dans les applications mobiles,
- l’activité sur plusieurs plateformes conversationnelles.
Les cinq services étudiés sont :
- ChatGPT,
- Gemini,
- Perplexity,
- Grok,
- Claude.
Ces données ont ensuite été comparées avec celles des principaux moteurs de recherche :
- Google,
- Bing,
- Yahoo,
- DuckDuckGo,
- Baidu,
- Yandex.
Résultat : environ 45 milliards de sessions mensuelles seraient désormais générées par les assistants conversationnels à l’échelle mondiale.
Pourquoi la plupart des autres études sous-évaluent largement l’usage réel ?
Si ces chiffres paraissent élevés, c’est en grande partie parce que de nombreuses analyses précédentes reposaient sur une hypothèse très restrictive : comparer uniquement le trafic web. Or cette nouvelle analyse montre que cette approche ignore l’essentiel de l’activité. Voici pourquoi :
Le rôle déterminant des applications mobiles

L’un des enseignements majeurs concerne la répartition des usages.
Dans le monde :
- 83 % de l’activité se déroule dans les applications mobiles,
- 17 % seulement passe par le web.
Aux États-Unis, la tendance est similaire :
- 75 % des sessions ont lieu dans les apps,
- 25 % via navigateur.
Cette réalité explique pourquoi certaines comparaisons entre moteurs de recherche et assistants conversationnels ont pu être faussées : elles se limitaient souvent aux sites web.
Tous les usages ne correspondent pas à de la recherche d’information

Un autre point important concerne la nature des requêtes. Une analyse réalisée à partir d’un échantillon d’environ un million de conversations distingue trois types d’interactions :
- les demandes d’information,
- les demandes d’action (rédaction, code, etc.),
- les échanges d’expression personnelle.
Seules les premières sont réellement comparables aux recherches traditionnelles.
Dans ce cadre, environ 52 % des interactions relèveraient d’une recherche d’information.
Une fois ce filtrage appliqué, l’activité équivalente à la recherche représenterait :
- 28 % du volume mondial de recherche
- 17 % aux États-Unis
Ce chiffre reste très significatif, mais il est bien inférieur au volume total d’utilisation des assistants conversationnels.
La recherche ne disparaît pas : elle s’élargit
L’un des résultats les plus intéressants de l’étude concerne l’évolution globale de la recherche d’information.
Contrairement à certaines affirmations, les moteurs de recherche ne semblent pas perdre massivement d’utilisateurs.
Au contraire :
- le volume total de recherche a augmenté de 26 % dans le monde depuis 2023,
- la progression atteint 16 % aux États-Unis.
En d’autres termes, les assistants conversationnels ne remplacent pas forcément les moteurs de recherche : ils élargissent simplement le nombre de situations dans lesquelles les internautes cherchent de l’information.
Un nouvel équilibre entre plateformes de découverte
Si les moteurs de recherche restent dominants, leur part relative diminue progressivement.
À l’échelle mondiale :
- la part de Google dans les recherches serait passée de 89 % en 2023,
- à environ 71 % fin 2025.
Dans le même temps, ChatGPT représenterait :
- 20 % du trafic de recherche mondial,
- 12 % aux États-Unis.
Cette évolution marque la première redistribution notable du marché de la découverte d’information depuis plus d’une décennie.
Des chiffres à interpréter avec prudence
Comme toute étude basée sur des estimations de trafic, ces résultats comportent plusieurs limites importantes.
Des méthodologies difficiles à vérifier
Les données utilisées proviennent en grande partie d’outils d’analyse de trafic comme SimilarWeb, SERanking ou encore SEMrush. Même si elles semblent cohérentes avec certaines annonces publiques, elles restent des estimations. Par exemple, les sessions mobiles ne peuvent pas toujours être vérifiées indépendamment.
Un risque de biais dans l’interprétation
L’auteur de l’étude dirige une agence spécialisée dans la croissance du trafic et l’optimisation de la visibilité sur les moteurs de recherche, cela ne remet pas en cause les données, mais cela rappelle qu’il est important de conserver une lecture critique.
Vers la fin du monopole de Google ? Les chatbots et les réseaux sociaux redéfinissent la recherche en ligne
L’étude le confirme un point stratégique : les internautes explorent désormais l’information via des canaux multiples (moteurs traditionnels, assistants conversationnels, réseaux sociaux et même plateformes e-commerce).
Cette diversification des sources bouleverse les repères :
- Les moteurs de recherche ne sont plus la seule porte d’entrée.
- Les chatbots deviennent des interfaces clés pour trouver des réponses.
- Les réseaux sociaux et le e-commerce intègrent de plus en plus des fonctionnalités de recherche avancée.
Le résultat ? Il faut être présent partout.
La question n’est plus seulement d’apparaître dans les résultats d’un moteur de recherche, mais d’être présent sur l’ensemble des surfaces où les internautes cherchent des réponses.

Rédactrice web pour LEPTIDIGITAL, je vous aide à décrypter l’actualité du numérique simplement. Pour me contacter : [email protected]