
L’essentiel en bref
- L’étude Fractl et Search Engine Land analyse 1 010 848 mots-clés à plus de 10 000 recherches mensuelles, 379 marques et huit secteurs.
- 29 % de la demande de recherche à fort volume recule, mais le volume total reste stable : la demande se déplace, elle ne disparaît pas.
- Être cité dans une réponse IA devient un point de passage avant la visite ou l’achat, en amont de la SERP classique.
Accès rapide (Sommaire) :
Les mentions IA ne sont pas encore des rankings SEO, mais elles s’en rapprochent
Le ranking SEO classe une page dans une liste de résultats.
La mention IA place une marque, un produit ou une source directement dans une réponse générée.
La différence est nette, mais l’enjeu business commence à se rejoindre.
Quand une IA cite trois outils CRM, cinq logiciels SEO ou deux assureurs, elle crée une short-list avant même que l’utilisateur ouvre Google.
C’est le cœur de la Generative Engine Optimization, ou GEO, qui consiste à travailler sa visibilité dans les réponses générées par l’IA.
L’étude publiée par Search Engine Land donne un signal chiffré sur ce basculement.
Sa conclusion n’est pas que Google disparaît, mais elle se redistribue.
La recherche ne s’effondre pas, elle change de point d’entrée
En 2024, Gartner prévoyait une chute de 25 % du volume de recherche traditionnel d’ici 2026, l’étude Fractl mesure un recul de 29 %, soit 4 points au-dessus de cette prévision.
Lu seul, ce chiffre semble alarmant, mais qu’en est-il vraiment ?

- Les mots-clés en baisse pèsent environ 10,29 milliards de recherches mensuelles.
- Les mots-clés en hausse pèsent environ 10,31 milliards de recherches mensuelles.
Le volume total reste donc quasi stable, avec un gain net de 16,8 millions de recherches mensuelles sur l’ensemble du dataset.
Sur le million de mots-clés suivis, 40,7 % reculent, 39,2 % restent stables et 20,1 % progressent.
Parmi les requêtes qui décrochent, la baisse moyenne atteint 41 %, et 112 378 mots-clés ont perdu plus de 40 % de leur volume.
Le problème pour les marques n’est pas la disparition du search.
Le problème est la dégradation de certains portefeuilles de mots-clés historiques.
Une équipe SEO qui suit seulement ses positions Google peut donc rater une partie du mouvement.
Elle peut rester bien positionnée sur des requêtes qui perdent de la demande, tout en étant absente des réponses IA qui captent la découverte.
Cette bascule prolonge ce que montraient déjà les premières mesures de parts de volume entre ChatGPT et Google.
Quels secteurs décrochent, lesquels résistent ?

Le recul n’est pas uniforme selon les secteurs :
- La FinTech encaisse la plus forte baisse, à -37,7 %.
- Le Lifestyle limite la casse, à -15,2 %.
Le clivage suit une logique simple : plus une catégorie est informationnelle, plus l’IA peut répondre sans clic.
Un résumé d’interaction médicamenteuse ou une explication de franchise d’assurance se traitent dans la fenêtre de chat.
Un achat de logiciel ou de canapé renvoie encore vers un site.
Le classement des huit secteurs montre où atterrit la nouvelle demande.
- La HealthTech cumule le pire des deux mondes : -36,5 % de volume perdu, seulement +14,1 % regagné.
- À l’inverse, le SaaS regagne +48,0 % et le Lifestyle +40,0 %, bien plus que ce qu’ils perdent.
La lecture pour une équipe SEO est assez directe : en HealthTech ou en FinTech, anticipez une exposition bien supérieure au recul moyen de 29 %, en SaaS ou en Lifestyle, l’idée d’un effondrement du search mérite d’être relativisée.
Pourquoi les requêtes non brandées sont les plus exposées ?
Les requêtes non brandées sont les plus faciles à absorber par une IA.
Quand l’utilisateur demande « meilleur logiciel de gestion de projet » ou « qu’est-ce qu’une franchise d’assurance », il ne cherche pas encore une marque précise.

L’IA peut alors répondre, comparer et proposer des noms sans renvoyer vers une SERP classique.
Dans le dataset, 90 % du volume suivi est non brandé.
Certains secteurs frôlent la totalité.
HealthTech et Wellness concentrent surtout des requêtes informationnelles, donc des réponses que l’IA traite sans clic.
SaaS et Insurance gardent plus de requêtes où l’utilisateur doit comparer, acheter ou demander un devis.
Pour les équipes SEO, cette distinction compte plus que le débat abstrait entre Google et l’IA.
Un contenu « définition », un guide générique ou un comparatif sans marque forte sera plus fragile qu’une page citée et associée à une entité reconnue.
Les catégories que l’IA absorbe déjà le plus sont sans surprise les plus informationnelles.

PS : si cet article vous intéresse, vous devriez consulter les stratégies pour être cité par ChatGPT, Gemini ou Perplexity.
Le clic n’est plus le seul signal de découverte
Le SEO a longtemps résumé la visibilité à une séquence simple : impression, position, clic, session.
Les réponses IA ajoutent une étape moins visible, mais déjà influente.
Une marque peut être découverte sans clic immédiat, puis recherchée plus tard en brand search.
Elle peut aussi être écartée sans jamais apparaître dans les outils analytics classiques.
L’étude indique que 18 % des consommateurs interrogés ont déjà acheté un produit sur recommandation IA, sans vérification par une recherche séparée.
Ce chiffre reste minoritaire, mais il suffit à justifier un suivi.
Et 59 % se disent prêts à visiter le site d’une marque après une mention ou une recommandation par un chatbot.

Dans un tunnel B2B, une mention IA peut jouer le rôle d’une préqualification.
Dans un tunnel e-commerce, elle peut orienter la short-list avant la comparaison des prix.
Dans un tunnel SEO classique, elle déplace la valeur de la position vers la citation.
C’est déjà visible avec les AI Overviews de Google, où la réponse générée modifie la place des liens organiques.
Quels KPI suivre pour mesurer sa visibilité GEO ?
La GEO ne doit pas devenir un tableau de bord décoratif.
Elle répond à une question simple : votre marque apparaît-elle dans les réponses que vos prospects consultent avant de décider ?
- Le premier KPI à suivre est le taux de mention sur un corpus de prompts métier. Ce corpus doit reprendre vos vraies requêtes informationnelles, comparatives et transactionnelles.
- Le deuxième KPI est la qualité de la mention. Une citation neutre, une recommandation explicite et une mention avec erreur produit n’ont pas la même valeur.
- Le troisième KPI est l’environnement concurrentiel. Si l’IA cite trois concurrents et jamais votre marque, vous avez un problème d’entité, de notoriété ou de preuve tierce.
- Le quatrième KPI est la source utilisée par l’IA quand elle affiche des liens. Si les réponses s’appuient surtout sur des médias, des annuaires, Reddit ou YouTube, votre stratégie ne peut pas rester limitée à votre blog.
Ce que les équipes SEO doivent changer maintenant
La première action consiste à auditer les mots-clés en baisse sur douze mois (via Search Console par exemple).
Il faut séparer les pertes liées à une chute de position des pertes liées à une baisse réelle de la demande.
La deuxième action consiste à isoler les requêtes où l’IA peut répondre sans clic.
Les définitions, les guides basiques et les requêtes « comment faire » sont les premiers candidats.
La troisième action consiste à renforcer les signaux d’entité autour de la marque.
Les contenus propriétaires comptent, mais les mentions externes crédibles deviennent plus importantes.
Digital PR, études originales, pages auteurs, comparatifs sérieux et présence sur les plateformes indexées deviennent des leviers SEO et GEO à la fois.
La quatrième action consiste à suivre les prompts comme on suivait autrefois les positions.
Ce suivi doit rester prudent, car les réponses varient selon le modèle, le contexte, le pays, l’historique et la formulation.
Cette démarche s’inscrit dans une logique plus large de visibilité au-delà de Google.
YouTube et Reddit s’imposent d’ailleurs comme des moteurs de recherche à part entière.
Notre verdict :
Les mentions IA ne remplacent pas les rankings SEO, mais elles deviennent un équivalent fonctionnel sur toutes les requêtes où l’utilisateur attend une sélection, une recommandation ou une synthèse.
Le SEO ne disparaît pas, mais son périmètre s’élargit
L’étude montre que 47 % des consommateurs interrogés commencent encore leur recherche d’achat sur un moteur de recherche traditionnel.

Elle indique aussi que 46 % font davantage confiance à la recherche classique qu’à l’IA, contre 20 % qui font plus confiance à l’IA.
Google garde donc un rôle central, mais il n’est plus le seul point d’entrée crédible.
Pour une marque, le bon arbitrage n’est pas SEO contre GEO : il convient d’identifier les requêtes qui doivent encore générer du trafic, puis celles qui doivent surtout générer une présence dans les réponses IA.
Les rankings SEO restent indispensables pour capter l’intention visible.
Les mentions IA deviennent utiles pour capter l’intention avant qu’elle ne devienne une recherche mesurable.
La vraie question pour les équipes marketing n’est donc plus seulement de savoir sur quelles requêtes vous êtes positionnés, mais sur lesquelles vous êtes aussi cités.

Fondateur de LEPTIDIGITAL et SUPASST, je suis également consultant spécialisé en acquisition de leads B2B (SaaS). Passionné par le marketing digital, l’intelligence artificielle et le SEO. Avant de devenir indépendant, j’ai occupé des postes clés en tant que SEO Manager et responsable e-commerce pour plusieurs grandes entreprises (Altice Media, Infopro Digital, Voyage Privé et le Groupe ERAM). Sur le plan perso, je suis un curieux insatiable, également passionné par la photographie, le badminton et les voyages. Pour toute demande de partenariat, privilégiez LinkedIn ou email ([email protected]).