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Un problème grandissant : pourquoi Google Discover est saturé de fausses actualités ?
Depuis plusieurs mois, des contenus totalement inventés se hissent en tête des recommandations Discover.
Ces articles ressemblent à de vraies actualités, utilisent des données plausibles, des visuels propres… mais leurs informations sont fausses.

Dans les exemples les plus marquants, l’un de ses faux articles destinés au public britannique aurait été affiché à près de 3 millions d’utilisateurs.
Un autre article, qui prétendait que les règles d’utilisation des cartes de bus avaient changé, aurait été visible par 1,85 million de personnes.
Si pour l’internaute, le flux Google Discover peut sembler être un fil d’actualités fiables, en réalité, Discover n’est pas un service d’information : il affiche tout type de contenus présents sur le web dès lors qu’ils semblent intéresser l’utilisateur… et c’est précisément cette ouverture et le non fact-checking des actualités qui a permis au spam de se glisser dans la plateforme.
D’où viennent ces faux contenus ? Les tactiques utilisées par les spammeurs
Ces fake news ne sont pas publiées par hasard.
Ils suivent un ensemble de techniques bien établies, pensées pour tromper le système de Discover et maximiser la visibilité :
- Rachat de domaines expirés : les spammeurs achètent des noms de domaine anciens, parfois d’anciens sites d’école, de projets associatifs, d’artisans ou d’événements. Ces domaines ont déjà un historique, ce qui rassure l’algorithme.
- Installation rapide d’un thème très performant au niveau des core web vitals pour que le site s’affiche rapidement sur mobile (Discover n’existe que sur smartphone pour le moment).
- Création de textes générés automatiquement avec l’aide de l’IA, calibrés pour coller à des sujets tendance.
- Utilisation de titres et images accrocheuses.
- Utilisation d’images larges (1 200 px mini) pour maximiser la visibilité dans Discover.
- Manipulation de la popularité initiale de l’article : certains poussent leurs liens dans des groupes Facebook ou achètent du “trafic” à des régies publicitaires spécialisées dans les pop-unders pour simuler de l’intérêt et déclencher ce que les spammeurs appellent la “spark”, l’étincelle qui fait monter l’article dans Discover.
Le résultat ? Un écosystème parallèle composé de milliers de “sites Discoger”, créés uniquement pour capter l’attention et les revenus publicitaires.
Ce que Google reconnaît (enfin) : un correctif est en préparation
Face à l’ampleur du phénomène, Google a officiellement confirmé qu’un correctif était en cours de développement.
L’entreprise reconnaît que ce type précis de contenus manipule les failles de Discover et échappe pour l’instant aux contrôles habituels.
Concrètement, que fera ce correctif ? Google ne détaille pas encore les mesures exactes, mais plusieurs axes sont probables :
- Renforcement des filtres anti-spam pour détecter plus vite les domaines expirés réactivés.
- Exclusion temporaire des domaines fraîchement rachetés.
- Analyse plus stricte des signaux de crédibilité (exactitude des informations, cohérence du site, structure du contenu).
- Priorisation de domaines avec une certaine réputation.
- Mise en place de seuils et conditions d’autorité minimum requis pour être affichés dans le flux Google Discover.
- Contrôle approfondi du comportement utilisateur lors de pics de trafic.
Pour les utilisateurs, ce correctif n’est pas encore disponible.
Leur seule option pour ne plus voir afficher des domaines qu’ils ne considèrent pas comme fiables consiste à :
- signaler un contenu ;
- masquer l’intégralité des contenus associés à un domaine ;
- ou encore masquer une actualité précise.
(En cliquant sur les 3 petits points horizontaux situés à droite de chaque article listé dans Google Discover).
Mais étant donné que trop peu d’internautes prendront le temps de signaler les domaines de SPAM, tout repose encore aujourd’hui principalement sur l’algorithme dédié à Google Discover.
Et pour le moment, Google n’a pas encore fourni de date de déploiement pour son correctif, seulement la confirmation que la solution devrait arriver prochainement.
Pourquoi le problème est aussi grave ? Discover est devenu une source majeure de trafic

Pour les éditeurs légitimes, ce spam n’est pas seulement problématique éthiquement parlant : il menace une part essentielle de leur audience.
Au Royaume-Uni, le groupe Reach a indiqué que Discover était devenu “son premier apporteur de trafic” fin 2024.
À l’échelle mondiale, Chartbeat estimait que plus de 66 % du trafic Google vers les grandes rédactions provenait de Discover.
Lorsque des contenus frauduleux s’y glissent, ils prennent donc directement la place de contenus journalistiques légitimes, ce qui accentue :
- la perte de visibilité des médias professionnels fact-checkés,
- la baisse de leurs revenus publicitaires,
- la propagation massive de fausses informations.
Au delà de ces impacts concrets pour les sites d’information, ce type d’articles pourrait aussi être utilisé par des acteurs malveillants pour diffuser de fausses informations pour nuire à des intérêts privés comme publics spécifiques.
Car toute dérive dans ses recommandations a des impacts directs sur l’information vue par des millions d’utilisateurs.
Comment éviter que son site soit impacté par la prochaine mise à jour de Google Discover ?
En attendant la mise en place du correctif, voici des actions concrètes qui pourraient participer à mieux « sécuriser » sa présence dans Discover, bien qu’aucune visibilité ne soit garantie sur le long terme :
- Renforcer l’autorité du site (pages auteur avec emails de contact, lien vers le profil LinkedIn, page “à propos”, références, transparence, mentions légales, politique de confidentialité, …).
- Assurer un temps de chargement irréprochable sur mobile.
- Vérifier la cohérence thématique : Discover aime les sites spécialisés.
- Créer des titres non putaclics, factuels tout en restant engageants.
- Surveiller les tendances pour publier au bon moment.
Ces optimisations vous positionneront naturellement mieux lorsque Google déploiera son correctif.
Google Discover face au spam : entre promesses et incertitudes, quels scénarios pour l’avenir ?
Si Google a enfin reconnu l’urgence de lutter contre la prolifération de contenus trompeurs sur Discover, les modalités et le calendrier de son correctif restent flous.
Plusieurs questions stratégiques restent en suspend :
- Filtrage et hiérarchisation : Comment l’algorithme distinguera-t-il les contenus légitimes des sites opportunistes, sans fausser la diversité de l’information ?
- Exclusion des domaines expirés réactivés : Faut-il bannir définitivement les sites ayant abusé du système, au risque de pénaliser des acteurs en phase de redressement ?
- Certification et modération : Une réservation de Discover aux éditeurs vérifiés, voire une modération humaine ciblée, serait-elle viable à grande échelle, dans tous les pays où Google Discover est actif ?
- Équilibre entre automatisation et contrôle : Dans un écosystème où le spam évolue en temps réel, quels garde-fous technologiques et éditoriaux déployer pour préserver la crédibilité de la plateforme ?

Fondateur de LEPTIDIGITAL et SUPASST, je suis également consultant spécialisé en acquisition de leads B2B (SaaS). Passionné par le marketing digital, l’intelligence artificielle et le SEO. Avant de devenir indépendant, j’ai occupé des postes clés en tant que SEO Manager et responsable e-commerce pour plusieurs grandes entreprises (Altice Media, Infopro Digital, Voyage Privé et le Groupe ERAM). Sur le plan perso, je suis un curieux insatiable, également passionné par la photographie, le badminton et les voyages. Pour toute demande de partenariat, privilégiez LinkedIn ou email ([email protected]).